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Un premier Canadien utilise légalement la psilocybine en thérapie

Thomas Hartle assis sur un canapé, les mains croisées et souriant à la caméra.

Thomas Hartle espère que plus de Canadiens auront accès à la psilocybine.

Photo : Radio-Canada / Thomas Hartle

Radio-Canada

Un Saskatchewanais est devenu le premier Canadien à utiliser légalement de la psilocybine dans le cadre d’une thérapie. Cette substance est l’élément psychotrope que l’on retrouve dans les champignons hallucinogènes.

Thomas Hartle est en phase terminale d’un cancer du côlon, dont il souffre depuis 2016.

Il cherchait un moyen de contrôler son anxiété face à la mort au moment où il a découvert une étude sur une thérapie à la psilocybine menée par l’Université Johns Hopkins, aux États-Unis.

L’homme de 52 ans a donc écrit au Bureau des substances contrôlées du Canada, qui lui a donné l’autorisation d’essayer cette thérapie pour calmer son anxiété.

L'expérience n'a pas été aussi bouleversante que je le craignais.

Thomas Hartle

Pour se préparer au traitement, Thomas Hartle a effectué une séance de renforcement de la confiance avec le Dr Bruce Tobin. Il a également discuté avec lui des attentes qu’il avait envers la thérapie.

Le Dr Tobin est le médecin principal de TheraPsil, une coalition de professionnels de la santé qui souhaitent offrir des thérapies à la psilocybine aux personnes en soins palliatifs au Canada.

Thomas Hartle a ensuite pris trois gélules de psilocybine, ce qui représente environ 7 grammes de champignons séchés, répartis tout au long de la journée.

Il s’est mis un bandeau sur les yeux, a mis de la musique et a attendu que le traitement fasse effet.

Une vingtaine de petits champignons qui poussent dans une boîte de culture prévue à cet effet.

Des champignons magiques en croissance dans une salle de culture.

Photo : Associated Press / Peter DeJong

C’était une expérience très synesthésique pour moi. La synesthésie est le croisement d'un sens avec un autre. On peut, par exemple, sentir une couleur ou entendre une odeur. C'était très serein et paisible, raconte Thomas Hartle.

Après le traitement, l’homme a discuté avec le Dr Tobin et un ami proche de divers sujets, dont les angoisses qu’il ressentait.

Il explique que cette discussion après l'ingestion du produit est un élément clef de la thérapie à la psilocybine.

Selon lui, sept heures se sont écoulées entre la première dose et le moment où il a recommencé à se sentir anxieux et dépressif.

Déjà des changements

Depuis ce premier traitement, explique Thomas Hartle, son anxiété ne le touche plus de la même manière.

Lorsque mon cerveau s’encombre de pensées, c’est plus facile pour moi de me calmer. Les choses qui auraient auparavant causé chez moi une certaine détresse émotionnelle ne font plus aussi mal qu’avant, raconte-t-il.

Avant la thérapie, ce qui inquiétait le plus ce père de deux enfants, c'était que son anxiété et sa dépression l'éloignent de sa famille, parce qu’il se refermait sur lui-même. Désormais, il essaie de vivre dans le moment présent avec ses proches.

Thomas Hartle est assis sur une chaise médicale et sourit vers l'objectif.

Outre Thomas Hartle, trois autres patients au Canada ont été autorisés à consommer de la psilocybine par le Bureau des substances contrôlées.

Photo : Radio-Canada / Thomas Hartle

Je sais que je ne peux pas faire de projet à long terme avec ma famille. Cette pensée me rongeait de l’intérieur avant, mais ce n’est plus le cas maintenant. La thérapie a apporté beaucoup plus de positif que je l’aurais espéré. Je suis satisfait du résultat, dit-il.

Thomas Hartle souhaite que son histoire puisse guider d’autres personnes qui souffrent elles aussi de dépression et d’anxiété vers une thérapie à la psilocybine. Un traitement qui pourrait grandement les aider, selon lui.

Avec les informations de Heidi Atter

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