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Un Néo-Zélandais traverse illégalement les eaux de l’Arctique canadien

Le voilier a quitté Nome, en Alaska, le 27 juillet, et se dirige vers le Portugal.

Le voilier Kiwi Roa en mer.

Le yacht d’un Néo-Zélandais a été aperçu il y a quelques jours alors qu'il traversait le passage du Nord-Ouest, malgré l’interdiction en vigueur au Canada depuis le 1er juin. Cette image montre le voilier Kiwi Roa près des côtes du Groenland, en 2019.

Photo : PeterSmith.net.nz

Radio-Canada

Le yacht d’un Néo-Zélandais a été aperçu il y a quelques jours près de Cambridge Bay, dans l’ouest du Nunavut, alors qu’il naviguait à travers le passage du Nord-Ouest, malgré l’interdiction en vigueur au pays.

Un observateur du Programme inuit de surveillance en mer, Bobby Klengenberg, a indiqué le 20 août dans une publication sur Facebook qu’il avait aperçu un yacht, le Kiwi Roa, naviguer près de la collectivité.

Depuis le 1er juin, les bateaux de plaisance ne peuvent pas traverser les eaux côtières arctiques du nord du pays, à quelques exceptions près.

Dans un échange de courriels, Transport Canada a confirmé que le propriétaire du navire, Peter Smith, avait été avisé de quitter les eaux canadiennes et de ne pas accoster.

La Garde côtière canadienne surveillera le déplacement du navire hors de la région et n’hésitera pas à prendre des mesures d’application de la loi, a précisé Transport Canada.

Le Néo-Zélandais pourrait s’exposer à une amende allant jusqu’à 5000 $, selon les autorités.

Des proportions démesurées

Sur son site web, Peter Smith se décrit à la fois comme un capitaine aguerri et un constructeur de bateaux qui réside depuis 26 ans sur le voilier Kiwi Roa. Il s’est notamment rendu en Antarctique, en Afrique du Sud, au Groenland et à Terre-Neuve.

Joint par courriel, il affirme que l’affaire a pris des proportions démesurées.

Je suspecte qu’il y a des motivations politiques de la part du Canada pour avoir plus de contrôle [dans le passage du Nord-Ouest], écrit-il. Les [populations] locales inuit et les plaisanciers ne sont que des pions dans ce jeu.

Il ajoute par ailleurs que la restriction de Transport Canada fait preuve d’ambiguïté puisque les embarcations de plaisance étrangères qui exercent leur droit de passage « inoffensif » sont autorisées à traverser la région, en vertu de la loi sur la mer des Nations unies.

Or, le gouvernement fédéral considère les eaux du passage du Nord-Ouest comme étant intérieures et qu’elles sont par conséquent assujetties à sa législation.

Plusieurs pays, dont les États-Unis, ont d’ailleurs vivement contesté cette revendication territoriale.

Le Canada n’a pas le droit d’appliquer une loi canadienne auprès d’un étranger dans [un] périmètre international , martèle Peter Smith.

Le Néo-Zélandais Peter Smith aux commandes de son voilier, le Kiwi Roa.

Le Néo-Zélandais Peter Smith s'est lancé pour la deuxième fois dans la traversée du passage du Nord-Ouest, après une tentative manquée en 2018.

Photo : PeterSmith.net.nz

Il dit avoir communiqué avec Transport Canada le 14 mai, mais n’avoir reçu un refus de sa part que six jours après son départ de Nome, dans l’ouest de l’Alaska, le 27 juillet.

Il a par la suite cessé de transmettre son emplacement aux autorités.

Après avoir été aperçu près de Cambridge Bay, au Nunavut, le Néo-Zélandais a convenu avec Transport Canada de ne pas s’arrêter dans un lieu habité et de lui fournir des renseignements liés à sa position quotidienne.

Je suis [sur] un yacht, pas sur un fichu navire de croisière, dit-il.

Peter Smith indique qu’il n’a pas l’intention de rebrousser chemin. Son objectif est de terminer son expédition à Lisbonne, au Portugal, d’ici environ huit semaines.

Selon ses estimations, il lui faudra de deux à trois semaines pour quitter le détroit de Lancaster, ce qui lui permettra de gagner les eaux internationales.

Avec les informations de John Last et de Hilary Bird

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