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Une femme conteste en cour l'aide médicale à mourir accordée à son époux

Les mains de deux époux âgés portant leurs alliances sont posées l'une sur l'autre.

À la fin du mois de juillet, Katherine, 82 ans, s'est rendue à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse pour empêcher son mari de 83 ans d'aller de l'avant avec une procédure d'aide médicale à mourir.

Photo : Radio-Canada / Mark Crosby

Radio-Canada

Une juge de la Cour d'appel de la Nouvelle-Écosse a mis sa décision en délibéré, mercredi, dans une cause impliquant une femme qui tente d'empêcher son mari de recevoir l'aide médicale à mourir.

La dame a décidé d'en appeler du jugement rendu le 7 août par la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse qui lui avait refusé l'émission d'une injonction interlocutoire – un type d'injonction temporaire – en attendant l'audience sur le fond de la cause.

À la fin du mois de juillet, Katherine, 82 ans, s'est rendue à la Cour suprême de Nouvelle-Écosse pour empêcher son mari âgé de 83 ans de poursuivre la procédure qui mettrait fin à sa vie. Sa demande d'injonction n'a pas encore été examinée sur le fond, mais en s'adressant aux tribunaux, elle a forcé son mari à repousser son projet de mort initialement autorisé par les autorités responsables et prévu pour le 3 août.

Radio-Canada identifie le couple par le prénom de la femme uniquement pour protéger la vie privée de l'homme et sa capacité à accéder à des soins de santé. Sa femme a menacé de poursuivre certains des professionnels médicaux qui ont participé au processus d'approbation d'aide médicale à mourir de son mari.

Un litige fondé sur des différends religieux, selon le mari

Des documents présentés au tribunal indiquent que l'homme est en fin de vie en raison d'une maladie pulmonaire obstructive chronique, mais son épouse depuis 48 ans affirme plutôt que sa volonté de mourir est motivée par de l'anxiété et de la démence.

Je regrette beaucoup le chemin qu'elle et ses amis de l'église ont choisi, a déploré l'homme lors d'un entretien téléphonique cette semaine.

Un homme âgé fais dos à la caméra et face à une fenêtre.

L'homme de Bridgewater qui veut mourir avec l'aide d'un médecin est désigné par X dans les documents du tribunal. Il n'y a pas d'interdiction de publication dans cette affaire, mais un juge de la Cour suprême de Nouvelle-Écosse a choisi de ne pas identifier le couple en raison de la nature personnelle de l'aide médicale à mourir.

Photo : Gracieuseté de X

Il ne va pas à l'église avec elle, ni ne partage ses croyances chrétiennes. Il affirme cependant que leurs différences religieuses n'ont pas été un problème pendant la majeure partie des 62 ans où ils se sont côtoyés.

Katherine a rencontré des journalistes de CBC dans un parc de Bridgewater en Nouvelle-Écosse, où elle et son mari ont vécu ensemble pendant quatre décennies.

Elle a aussi fait état d'un mariage fort et a confié que jusqu'à leur désaccord sur le désir de mourir de Monsieur, leur mariage n'avait fait que se renforcer au fil des ans.

Nous avons été beaucoup plus amoureux que nous ne l'avons jamais été dans notre vie, a-t-elle déclaré. Nous nous aidons mutuellement à nous souvenir de certaines choses, et nous regardons le calendrier pour essayer de nous rappeler ce que nous sommes censés faire aujourd'hui. Nous nous tenions les mains avant de nous endormir le soir.

L'épouse de X, Katherine, devant des herbes hautes.

Selon Katherine, son mari pourrait changer d'avis sur le fait de vouloir mourir.

Photo : Radio-Canada / Mark Crosby

Katherine a révélé qu'elle s'opposait à l'aide médicale à mourir. Pour elle, il est normal de mourir quand on est censé mourir de causes naturelles.

Elle n'est d'ailleurs pas la seule à penser ainsi. Ses frais de justice sont acquittés par une association nommée Euthanasia Prevention Coalition (ou la « Coalition pour la prévention de l'euthanasie », en français).

Katherine ajoute cependant un bémol à son opinion : elle pense que si quelqu'un souffre vraiment, vraiment, elle pourrait être en mesure de concilier une mort médicalement assistée.

[Mon mari] est une personne qui souffre, mais qui souffre mentalement, et ça aurait dû être noté, mais ça ne l'a pas été.

Katherine, épouse de X, demandeur de l'aide médicale à mourir

Lorsque son mari a entamé les démarches pour le processus d'approbation de l'aide médicale à mourir en avril, Katherine l'a soutenu, mais elle a changé d'avis lorsqu'elle a commencé à recevoir des avis médicaux contradictoires sur son état.

Son mari a été évalué en personne par sept professionnels de la santé entre avril et août, qui ont tous reconnu qu'il était atteint d'une maladie pulmonaire obstructive chronique, mais une infirmière praticienne et un pneumologue ont déclaré qu'ils n'étaient pas convaincus que cette maladie causerait un décès raisonnablement prévisible, ce qui est actuellement une exigence de l'aide médicale à mourir.

La même infirmière praticienne a aussi avancé que la démence rendait l'homme incapable de prendre des décisions concernant le processus d'aide à mourir.

Son mari nie ce diagnostic. Je ne suis pas un cas d'asile de fous. Je n'ai tout simplement pas le souffle pour continuer, a-t-il déclaré. Il ajoute qu'il ne voulait pas avoir à prendre des mesures violentes pour mettre fin à sa propre vie, mais il y a réfléchi sérieusement ces dernières semaines, car la bataille judiciaire avec sa femme a retardé ses projets.

Avec les informations de la Presse canadienne et Taryn Grant et Elizabeth Chiu, de CBC

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