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Rentrée scolaire : « Le besoin est réel et criant », justifie Trudeau

Une aide fédérale de deux milliards de dollars est octroyée aux provinces et territoires pour sécuriser la rentrée scolaire.

Justin Trudeau debout derrière un lutrin durant une conférence de presse.

Le premier ministre s'est exprimé dans une école du quartier North York, à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Maud Cucchi

Pour accompagner une rentrée hors norme, en pleine épidémie de COVID-19, Ottawa annonce une aide pouvant atteindre jusqu’à deux milliards de dollars dans le cadre du Fonds pour une rentrée scolaire sécuritaire. Cela représente environ 400 $ par enfant scolarisé.

Le Fonds aidera notamment les provinces et les territoires à financer l’adaptation des milieux d’apprentissage, l’amélioration de la ventilation, l’augmentation des mesures pour le lavage des mains et l’hygiène, ainsi que l’achat d’équipement de protection personnelle et de produits de nettoyage.

L'aide sera distribuée proportionnellement aux provinces et territoires selon le nombre d’enfants de 4 à 18 ans qu'on y trouve. Elle s'élève ainsi à 763,34 millions de dollars en Ontario et à 432,15 millions de dollars au Québec, les deux provinces les plus généreusement appuyées financièrement.

On reconnaît à quel point il faut prendre des actions et des mesures supplémentaires pour rassurer les parents et assurer que les enfants aillent à l'école de façon sécuritaire, a défendu le premier ministre.

L'utilisation de ce fonds restera à la discrétion des provinces et territoires, qui décideront eux-mêmes du déploiement des ressources en fonction de leurs besoins sanitaires dans les écoles.

Nous n'avons pas l'intention d’interférer avec les compétences provinciales, a justifié M. Trudeau en point de presse dans une école de Toronto. Il s'agit d'offrir un complément aux plans des premiers ministres provinciaux.

En raison du contexte sanitaire, un premier versement sera fait dès cet automne pour une réponse rapide, et un second, au début de 2021.

La rentrée scolaire est une étape importante à franchir pour relancer notre économie et assurer le retour des parents au travail sans qu’ils s’inquiètent de la santé de leurs enfants.

Le premier ministre Justin Trudeau

Une aide supplémentaire de 112 millions de dollars sera également accordée aux Premières Nations pour soutenir les mesures communautaires qui assureront une rentrée sécuritaire dans les réserves.

Ces montants s'ajoutent à l'aide fédérale de plus de 19 milliards de dollars déjà annoncée dans l’accord sur la relance sécuritaire pour aider les provinces et les territoires à relancer leur économie en période de crise sanitaire.

Répartition des sommes dans les provinces et territoires

Ontario : 763,34 M$
Québec : 432,15 M$
Alberta : 262,84 M$
Colombie-Britannique : 242,36 M$
Manitoba : 85,41 M$
Saskatchewan : 74,90 M$
Nouvelle-Écosse : 47,88 M$
Nouveau-Brunswick : 39,79 M$
Terre-Neuve-et-Labrador : 26,18 M$
Île-du-Prince-Édouard : 10,39 M$
Nunavut : 5,75 M$
Territoires du Nord-Ouest : 4,85 M$
Yukon : 4,16 M$

Une aide bien accueillie

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a salué cette nouvelle aide, qui a pourtant été perçue comme une intervention du fédéral dans une compétence provinciale – l'éducation – par d'autres premiers ministres, a-t-il confié en point de presse.

Nous sommes reconnaissants pour cet argent; nous l'utiliserons très précautionneusement.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

M. Ford compte répartir les montants là où ils seront le plus efficaces, a-t-il expliqué : Pour la ventilation, la mise à disposition de fournitures, des aides supplémentaires à l'apprentissage à distance, le renforcement des mesures de sécurité dans les autobus scolaires, et l'embauche de plus d'enseignants et de 125 infirmières de santé publique.

De son côté, le gouvernement du Québec dit accueillir « favorablement » cette annonce et détaillera ultérieurement de quelle manière ces sommes seront utilisées. Il est primordial que nous ayons la flexibilité pour utiliser cet argent selon nos priorités, a souligné la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel, dans une déclaration transmise à Radio-Canada.

Pour la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), l'annonce fédérale constitue une nouvelle preuve du désengagement du gouvernement du Québec en éducation, dénonce-t-elle par voie de communiqué.

Devant un gouvernement de la CAQ qui fait la sourde oreille envers les besoins réclamés en éducation et en santé, le Canada répond à un désengagement, analyse la CSQ, qui représente près de 125 000 membres dans le secteur de l’éducation.

Cet apport fédéral viendrait compenser un manque de ressources décrié depuis plusieurs années dans les établissements scolaires, dit la CSQ.

Elle dénonce également un contexte où le gouvernement du Québec vient de procéder à une baisse généralisée de la taxe scolaire, privant ainsi le réseau de l’éducation de 800 millions de dollars en revenus supplémentaires potentiels.

Une prorogation qui ne passe toujours pas

Le chef du NPD Jagmeet Singh n'a pas attendu le début de la conférence de presse de Justin Trudeau, mercredi midi, pour lancer la sienne et critiquer la politique libérale, en dépit des aides débloquées.

Portrait de Jagmeet Singh.

Ottawa devrait investir dans les places de services de garde pour permettre aux parents de retourner au travail, a insisté Jagmeet Singh en conférence de presse.

Photo : The Canadian Press / Cole Burston

Ça fait des semaines qu’on demande au premier ministre, au gouvernement fédéral d’intervenir [...], d’aider les provinces financièrement pour que les écoles soient plus sécuritaires, afin que les coûts supplémentaires soient partagés avec le gouvernement fédéral, a-t-il déclaré.

Il a également utilisé l'annonce comme tribune pour dénoncer une fois de plus la prorogation du Parlement. Ces jours-ci, les parents font des choix difficiles en matière de travail, d’école et de garderie. Au lieu de fermer le Parlement, Justin Trudeau devrait aider ces familles, a-t-il écrit sur Twitter.

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