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À La Licorne, lever de rideau sur une saison hors-norme

Deux hommes sont assis devant un écran où on projette une image de l'un d'eux. L'homme à gauche regarde l'homme à sa droite, qui semble crier de toutes ses forces.

Les comédiens Yves Jacques et Benoît Maufette, dans la pièce « Je suis mixte ».

Photo : Mathieu Quesnel

Radio-Canada

À mi-chemin entre le bonheur de retrouver la scène et l'adaptation à la réalité du numérique, l'équipe du théâtre montréalais La Licorne a annoncé mardi qu'elle offrira trois spectacles cet automne dans sa grande salle, dont la capacité est passée de 180 places à 50 en raison de la distanciation sociale.

Le théâtre La Licorne annonce habituellement deux saisons, de septembre à mai, mais ne peut pour l’instant dévoiler qu’une demi-programmation pour l’automne : trois spectacles y seront présentés, plutôt que les six prévus.

Malgré les restrictions liées à la pandémie, le directeur artistique et général du théâtre, Philippe Lambert, est bien heureux de pouvoir de nouveau diffuser des arts vivants.

À 50 personnes dans la salle, il y a une réalité économique qui n’est pas viable à long terme. Mais c’est important de faire des gestes pour que la rencontre se fasse, pour que les artistes travaillent et que les spectateurs puissent jouir de cette rencontre-là.

Philippe Lambert

Une réalité économique qui n’est pas viable

Pour plusieurs théâtres et compagnies de théâtre, les annonces gouvernementales se font toujours attendre. La solution du financement public pour les billets invendus serait tout indiquée, selon Philippe Lambert, qui a espoir que le gouvernement québécois adopte cette avenue. J’imagine qu’il y a beaucoup de fils à attacher de leur part, mais on va y arriver, dit-il.

La question du financement des arts vivants est d’autant plus pressante que des artisans et artisanes du milieu du théâtre commencent à être au bout du rouleau, explique Pascale Renaud-Hébert, adjointe à la direction artistique de La Licorne.

On se met en mode action, en mode solution. [...] Mais, malgré la résilience, on va perdre en qualité. Et l’essoufflement va être [à un moment] trop grand, et ce sera pas si long. Depuis le mois de mars, on est sur le respirateur artificiel, en pause.

Pascale Renaud-Hébert

Une annonce gouvernementale serait la bienvenue d’ici le mois d’octobre, car c’est à ce moment que la programmation pour la saison de l’hiver 2021 se mettra en branle.

D’ici là, les projets numériques peuvent permettre de rejoindre le public, mais ces solutions alternatives ne sont que temporaires. À force de toujours vouloir réfléchir en numérique, on perd quelque chose de fondamental, précise Pascale Renaud-Hébert, qui souhaite que les éléments virtuels ne deviennent pas une nouvelle norme.

Philippe Lambert appelle également à la vigilance par rapport aux plateformes numériques.

Le danger, c’est d’investir beaucoup [dans des plateformes virtuelles]. Quand ça va revenir à la normale, est-ce qu’on va être obligés de nourrir ces plateformes, ces captations, mais sans argent?

Philippe Lambert

Une programmation automnale en trois temps

Le théâtre La Licorne accueillera trois spectacles cet automne.

La comédie dramatique Je suis mixte, de Mathieu Quesnel, sera présentée du 8 au 26 septembre.

De ta force de vivre, de Marie-Ève Perron, qui traite du deuil, suivra du 6 au 24 octobre. La dramaturgie catalane sera enfin à l’honneur du 10 novembre au 12 décembre avec Fairfly, de Joan Yago, un spectacle étincelant et fougueux sur un sujet peu abordé : les hauts et les bas de la vie d’une jeune pousse (start-up).

Avec les informations de Catherine Richer

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