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Une adolescente de 15 ans visée par une fraude de la PCU

Un homme devant son ordinateur.

Le site de l’Agence du revenu du Canada et de la Prestation canadienne d'urgence (PCU)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

À la fin du mois de juin, une jeune de 15 ans de la Rive-Nord reçoit un appel de l’Agence du revenu du Canada (ARC). Elle aurait fait deux demandes pour la Prestation canadienne d’urgence, la PCU. Sa mère n'en croit pas ses oreilles.

Elle n’avait jamais travaillé et j'ai la charge de mes deux enfants, dit sa mère, qui a demandé l’anonymat pour préserver l’identité de sa fille. Ce n’est clairement pas quelqu’un dans le besoin.

Mais voilà, la famille s’engage dans des démarches qui n’en finissent plus pour prouver que la jeune fille est victime d'une fraude. Les parents n’ont pas accès à son dossier… et la principale intéressée n’est pas en mesure de s’identifier, puisqu’elle n’a jamais produit de déclaration de revenus. Ils vont même jusqu’à alerter leur député fédéral.

On était dans un cul-de-sac, dit la mère de l’adolescente. On savait qu’il s’était passé quelque chose, mais on n’avait aucun moyen d’accéder au dossier. J’ai dû passer plusieurs semaines sur ce dossier-là à raison de plusieurs heures par jour.

Rapidité ou sécurité

Il y a eu plus de 1300 déclarations de fraudes liées à la Prestation canadienne d’urgence entre sa création et le 31 juillet, selon le Centre antifraude du Canada. Environ la moitié de ces cas étaient des Québécois. Sur tous les vols d’identité déclarés depuis le début de la PCU, 3 % concernent des jeunes de moins de 19 ans.

Le gouvernement fédéral a favorisé la rapidité plutôt que la sécurité, selon le professeur agrégé à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, David Hétu.

Il a essayé de mettre en place en quelques semaines un programme d’aide qui n’avait jamais existé auparavant, dit-il. Mais récupérer plus tard l’argent volé devient excessivement difficile, puisqu’il va avoir été blanchi ou il va avoir disparu depuis plusieurs mois quand on va lancer les enquêtes.

Depuis l’instauration du programme de PCU, il est possible d’avoir fait sept demandes d’aide de 2000 $. Plus de 8,5 millions de Canadiens y ont recouru. Ces montants peuvent être très intéressants pour les fraudeurs, selon le chercheur.

En additionnant les vols d’identité, les délinquants peuvent amasser des dizaines de milliers de dollars.

S'armer de patience

Selon le Centre antifraude, les cas déclarés représentent la pointe de l’iceberg. Les victimes hésitent souvent avant de se lancer dans des démarches administratives qui peuvent demander beaucoup de temps.

C’est un processus excessivement compliqué, ajoute David Hétu. Pour avoir réparation, le gouvernement va devoir enquêter sur chacun de ces cas de fraude. Il faut s’armer de patience. Le meilleur conseil qu’on peut donner aux gens est de tout documenter pour prouver que l’on est proactif pour nettoyer son nom.

Entre-temps, l’adolescente attend toujours des nouvelles de l'Agence du revenu du Canada et espère que cette mésaventure n’aura pas d’impact sur son dossier de crédit lorsqu’elle atteindra la majorité.

Je ne sens pas qu’on m’a aidée, affirme sa mère. On m’a même bloquée dans mes démarches.

Au moment d’écrire ces lignes, l’ARC n’avait pas répondu aux questions de Radio-Canada.

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