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Une rentrée scolaire marquée par un défi logistique

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Une porte de classe ouverte,

La classe de Mme Guylaine, enseignante en 5e année à l'École des Moussaillons à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Fébriles et enthousiastes d’accueillir leurs élèves, les enseignants doivent faire preuve de créativité dans la préparation de la nouvelle année scolaire, en cette période de pandémie. Une rentrée différente, mais en trame de fond toujours les mêmes enjeux, comme la pénurie de main-d’oeuvre.

Moi, l'enseignement à distance, ça m'a plus ou moins plu. J'ai trouvé ça très très difficile le suivi auprès des élèves, témoigne Josée Bédard, qui enseigne les mathématiques de 5e secondaire à l’École secondaire Les Etchemins (ESLE) du secteur Charny, à Lévis.

Même si elle admet que c’est une grosse réorganisation, l’enseignante se réjouit de retrouver ses élèves après plusieurs mois.

Une femme debout devant une classe remplie de bureaux.

Josée Bédard, enseignante en mathématiques à l'École secondaire Les Etchemins à Lévis

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

La direction de son école a réaménagé les horaires permettant le retour en classe des élèves de 4e et de 5e secondaires, mais les rôles s'inversent. Les élèves ne passeront plus d’un local à l’autre comme avant, ce sont les enseignants qui iront à la rencontre des groupes-classes.

Quelques élèves en file devant une école

Des élèves se présentent à l'École secondaire Les Etchemins de Lévis en prévision de la rentrée scolaire.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Josée Bédard s’est procuré une valise à roulettes qui deviendra son bureau mobile. J'ai mis ma brocheuse, j'ai mis des broches, mes trombones, des feuilles brouillons. Ma classe, je ne l'aurai plus. On devient des enseignants itinérants.

Je pense que ça vaut quand même la peine que l'école recommence, qu'on regroupe les jeunes. On ne peut pas les laisser indéfiniment à la maison. Je pense qu'ils ont besoin de socialiser, de revoir des gens.

Josée Bédard, enseignante en mathématiques à École secondaire Les Etchemins
Une femme classe des documents et des dossiers.

Josée Bédard fait le ménage de sa classe en prévision de la rentrée scolaire 2020-2021.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Le défi de la cohérence

C’est aussi la course contre la montre au primaire. Guylaine Desmeules prépare sa 16e rentrée scolaire comme enseignante avec fébrilité et excitation.

L’enseignante de 5e année à l’École des Moussaillons, à Lévis, parle d’une préparation semblable aux autres années. Elle s’attend à faire face à certains défis une fois que les élèves vont être dans l’école et que des ajustements seront nécessaires.

Je m'attends à devoir dire à mes élèves : "Je ne le sais pas". "Est-ce que je peux faire ça, Mme Guylaine?" "Je ne sais pas, je vais y penser ", illustre-t-elle.

Une femme debout devant un tableau dans une salle de classe.

Guylaine Desmeules, enseignante en 5e année à l'École des Moussaillons de Lévis

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Comme enseignant, ce qu'on recherche souvent, c'est la cohérence. Que tout ça ait du sens parce que si ce n’est pas cohérent pour nous, c'est difficile de rendre ça cohérent pour les élèves.

Guylaine Desmeules, enseignante en 5e année à l'École des Moussaillons
Devanture d'une école en briques.

L'École des Moussaillons est située dans le secteur Pintendre, à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Selon elle, il ne faut jamais perdre de vue le bien-être des enfants. Il faut qu'ils viennent vivre des réussites, il faut qu'ils viennent vivre des beaux projets , lance l’enseignante, confiante que les élèves vont s’ajuster au fur et à mesure.

La principale préoccupation de Mme Guylaine pour cette année scolaire particulière : Comment on va faire pour que ce soit le plus spécial possible?

Une femme classe des étiquettes.

Guylaine Desmeules prépare la rentrée scolaire de ses élèves de 5e année.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Il faut que les élèves nous sentent prêts à les accueillir. Qu'ils sentent qu'ils ont un capitaine solide devant eux pour traverser l'année scolaire , renchérit Kim Dumais, enseignante en 6e année à l’École de la Clé-d’Or, à Saint-Antoine-de-Tilly.

Mme Kim en est aussi à sa 16e rentrée scolaire comme enseignante, une rentrée qu’elle qualifie d’exceptionnelle et d’ unique .

Une femme portant des lunette devant un tableau vert dans une salle de classe.

Kim Dumais, enseignante en 6e année à l'École de la Clé-d’Or de Saint-Antoine-de-Tilly

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

C'est plus lourd parce qu'on a plus de choses à penser qui ne font pas partie de notre rentrée d’habitude. Il y a des éléments à ne pas oublier , précise l’enseignante, mais rien pour freiner son enthousiasme.

Devanture de briques d'une école primaire.

École de la Clé-d'Or à Saint-Antoine-de-Tilly.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Pénurie d'enseignants

Pendant que les enseignants se préparent à cette rentrée scolaire différente, de nombreuses préoccupations persistent dans le milieu de l’éducation.

Il y aurait notamment cette année 1000 postes d’enseignants à combler dans l’ensemble du Québec, selon Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE). Il s’agit de postes et de contrats à temps plein et à temps partiel.

Les conditions de travail étaient difficiles avant la pandémie et elles le sont toujours , affirme le président du Syndicat de l’enseignement des Deux-Rives, Martin Hogue.

Même si, pour l'instant, aucun indice ne laisse croire qu’il y aura des classes sans titulaire lors de la rentrée, la grande région de Québec n’est pas à l’abri d'une telle situation.

Depuis cinq ans, il observe qu’il y a plus de contrats à offrir en début d’année que d’enseignants disponibles. Ce qui nous préoccupe, c'est l'épuisement, dit Martin Hogue, assurant qu'il veille au grain.

Martin Hogue, président du Syndicat de l'enseignement des Deux-Rives

Martin Hogue, président du Syndicat de l'enseignement des Deux-Rives

Photo : Radio-Canada

On m'aurait dit ça, il y a 5 ans ou 10 ans, j'aurais eu peine à le croire , affirme celui qui représente quelque 3900 enseignants du Centre de services scolaire des Navigateurs et du Centre de services scolaire des Découvreurs.

Martin Hogue explique que les centres de services scolaires de la région se tournent de plus en plus vers des enseignants non légalement qualifiés pour combler certains contrats, notamment au niveau de l'anglais.

Au primaire, il constate que les conditions de travail difficiles incitent de plus en plus d’enseignants à opter pour une réduction de tâche.

Pour plusieurs, malheureusement, c'est un mécanisme de survie. Ça vient illustrer la lourdeur de la tâche qui fait en sorte qu'on accepte de se priver d'une partie de son revenu, fait valoir Martin Hogue.

Se disant conscientes et préoccupées par leurs conditions de travail, Guylaine Desmeules et Kim Dumais estiment que pour l'instant, il faut se concentrer sur la rentrée des élèves.

Revoir les amis

Ceux de l'École secondaire Les Etchemins remettent les pieds à l’école pour la première fois depuis le mois de mars. Contrairement au primaire, les cours n’ont pas repris pour le secondaire, en mai dernier.

Rencontré à sa sortie de l’école avec sa mère, Félix Gagnon dit avoir hâte de recommencer l’école pour revoir ses amis .

Tommy Lacasse, élève de l'École secondaire Les Etchemins

Tommy Lacasse, élève de l'École secondaire Les Etchemins

Photo : Radio-Canada

Katherine Giguère, élève de l'École secondaire Les Etchemins

Katherine Giguère, élève de l'École secondaire Les Etchemins

Photo : Radio-Canada

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