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L’offre de services sexuels serait deux fois plus forte à Québec qu’à Montréal

Selon un logiciel qui analyse des milliers de données sur Internet, depuis 2016, en pourcentage par rapport à la population, l'offre est deux fois plus élevée à Québec qu’à Montréal.

Selon un logiciel qui analyse des milliers de données sur Internet depuis 2016, en pourcentage par rapport à la population, l'offre est deux fois plus élevée à Québec qu’à Montréal.

Photo : Getty Images / Delmaine Donson

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La firme Vigiteck, qui mesure l’offre de services sexuels sur le web grâce à un logiciel et à l’intelligence artificielle, constate que l’offre est nettement supérieure à Québec qu’à Montréal, par rapport à sa population.

Son président, Paul Laurier, a témoigné devant des élus de l’Assemblée nationale lors de la dernière journée d’audience de la Commission parlementaire spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs, à Québec.

Les résultats obtenus par son logiciel, qui compile des milliers de données à partir d'Internet, dont des images et des offres de services sexuelles, sont sans équivoque.

Depuis 2016, statistiquement, en pourcentage par rapport à la population, ce chiffre est deux fois plus élevé à Québec qu’à Montréal, selon Paul Laurier. Il s’agit de l'offre de services, et non de consommation, précise le spécialiste.

Le logiciel constate aussi qu’entre 20 et 40 % de ces offres concernent des mineurs, selon M. Laurier. C’est des milliers de vies brisées, constate le président.

Un constat qui choque le député de Vachon et ancien policier, Ian Lafrenière, qui préside la Commission.

« Nos jeunes filles, ici, sont exploitées, et pas seulement à Montréal. L’achat de services sexuels, c’est partout au Québec. »

— Une citation de  Ian Lafrenière, député de Vachon

La région de Québec est plus représentée lorsqu'on regarde la population par rapport aux nombres de services sexuels qui sont achetés. Personne ne peut dire qu’elle est à l’abri, déplore le député.

Un homme et une femme derrière un bureau écoutent des intervenants.

Le député de Vachon, Ian Lafrenière, préside la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le cas d’Ottawa est semblable à celui de Québec, constate M. Laurier. Le lobbying et les déplacements de personnes pour quelques jours dans les capitales pourraient être en cause, selon le spécialiste en intelligence artificielle.

Le Sommet du G7 dans Charlevoix, en 2018, a aussi marqué une augmentation dans l’offre de services, selon lui.

La pandémie change la donne

La pandémie a toutefois chamboulé l’offre de services sexuels, avant un certain retour à la normale. La volumétrie a diminué, voire quasi arrêté. Il y a eu nettement une chute de l’offre, constate M. Laurier.

Les contacts physiques se font plus rares pour être remplacés par la diffusion en direct, selon lui.

Des services entièrement livrés sur le web nécessitent souvent l’utilisation de cryptomonnaie, comme le Bitcoin. Cela peut représenter un frein à la sollicitation de services sexuels dans un monde entièrement confiné, avance M. Laurier.

Avec le déconfinement, on commence à voir une volumétrie de plus en plus grandissante, ce qui m’indique un retour à la normale, ajoute-t-il.

Oui, il y a eu une période de black-out pendant environ deux semaines. Mais rapidement, c’est revenu, ajoute Ian Lafrenière.

Les recommandations de la Commission parlementaire spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs seront présentées en décembre. Ça va prendre des changements, conclut déjà M. Lafrenière.

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