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Archives

Hockey : Il y a 40 ans, Québec accueillait les frères Stastny

Peter et Anton Stastny souriant devant le logo des Nordiques de Québec.

Une de la Presse, photo tirée du reportage de l'émission Télémag du 23 septembre 1980

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 26 août 1980, la direction des Nordiques de Québec annonce avec fierté l’acquisition de deux des meilleurs joueurs de hockey de l’équipe nationale tchèque : le centre Peter Stastny et son jeune frère, l’ailier gauche Anton. Nos archives témoignent de leur évasion rocambolesque du bloc de l’Est et de leur intégration dans la vieille capitale.

Mardi 26 août, les Nordiques venaient de réussir une opération à la James Bond, enlever à la Tchécoslovaquie deux de ses plus grandes vedettes de hockey.

Claude Sauvé, journaliste

Dans ce reportage du 23 septembre 1980 présenté à Télémag, le journaliste Claude Sauvé revient sur l’arrivée spectaculaire des frères Stastny à Québec.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Télémag, 23 septembre 1980

Cela faisait trois ans que la franchise de Québec tentait de mettre la main sur les frères Stastny. Plusieurs tentatives avaient échoué, mais au dernier jour du tournoi de la Coupe d’Europe en Autriche, le président des Nordiques Marcel Aubut et le directeur du développement des joueurs Gilles Léger réussissent le grand coup.

Ils quittent Innsbruck en voiture en compagnie d’Anton et de Peter Stastny. Un complice aidera l’épouse de Peter, Darina, alors enceinte de huit mois, à se sauver aussi. Ils sont poursuivis par des agents secrets tchécoslovaques et devront jouer de ruse pour gagner l’ambassade canadienne à Vienne.

Dans le reportage, Lou Lefaive, alors président de Hockey Canada, explique qu’il est très difficile à cette époque de recruter des hockeyeurs des pays du bloc de l’Est en raison des agents infiltrés qui espionnent les conversations.

Il y a toujours une ou deux personnes qui font partie du groupe, qui je suis certain ne sont pas là pour leurs connaissances du hockey. C’est assez rare que l’on puisse rencontrer un joueur, un entraîneur ou même un gérant soviétique ou tchèque seul.

Lou Lefaive, président de Hockey Canada

Marié et père de trois enfants, l’aîné des frères Stastny, Marian, lui aussi joueur vedette de l’équipe nationale tchèque, ne peut à ce moment accompagner ses frères. Il craint de mettre sa famille en danger. Il restera un an de plus à Bratislava avant de fuir à son tour. Durant ce temps d’attente, il sera suspendu de l’équipe nationale. Il subira des interrogatoires et sa maison sera surveillée.

Pour Marian Stastny, 28 ans, il n’y avait pas d’autre choix. Une fois ses frères partis, c’était soit la fin d’une carrière de hockeyeur en Tchécoslovaquie ou l’exil.

Marthe Blouin, journaliste

Le 9 novembre 1983, l’émission Contrechamp présente un long reportage sur l’arrivée et l’intégration des familles d’Anton, de Peter et de Marian Stastny à Québec.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Contrechamp, 9 novembre 1983

Les épouses indiquent que leur intégration et leur apprentissage de la langue ont été plutôt difficiles. Les enfants eux se sont adaptés rapidement à leur nouvelle vie nord-américaine, comme en témoigne Eva, la fille aînée de Marian Stastny.

Moi mon père, je l’adore. Comme joueur de hockey, je le trouve très bon pis je prends pour les Nordiques, ça c’est sûr! Pis mon meilleur joueur, c’est Dale Hunter.

Eva Stastny

Un an après son arrivée, Marian Stastny a déjà bâti sa maison. Il a ouvert un restaurant et une école de hockey.

Anton et Peter semblent moins attachés à la ville et se consacrent majoritairement au hockey et à leur famille. Ils sont conscients que leur aventure dans la LNH pourrait un jour se poursuivre dans une autre ville.

Peter Stastny sera l’un des meilleurs joueurs des années 1980 avec plus de 100 points par saison entre les années 1980 et 1986. Après les Nordiques, il se joindra aux Devils du New Jersey (1990 à 1993) et aux Blues de Saint-Louis (1993 à 1995).

Anton Stastny jouera toute sa carrière dans la LNH avec les Nordiques de Québec. Il jouera en fin de carrière pour la LNA en Suisse.

Pour Serge Savard, alors directeur général du Canadien de Montréal questionné dans le reportage de 1983, les Stastny ont beaucoup apporté au hockey nord-américain. Leurs techniques élaborées et la précision de leurs passes en faisaient des joueurs redoutés.

Je pense que les frères Stastny et aussi tous les Européens qui sont venus jouer en Amérique du Nord ont apporté une dimension très différente de la conception qu’on avait du hockey. Ils sont tellement plus forts que nous techniquement.

Serge Savard, directeur général du Canadien en 1983
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