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Élection d'Erin O'Toole : « ce sera tout un défi pour les Conservateurs dans l'Est »

Erin O'Toole lors d'un débat pendant la course à la direction du parti.

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole (archives)

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole, aura du pain sur la planche afin de convaincre l'électorat de l'Est-du-Québec de lui faire confiance aux prochaines élections fédérales. C'est du moins ce qu'affirment un analyste et un ancien candidat du parti.

L'analyste politique et ancien professeur du Cégep de Baie-Comeau, Marcel Marsolais, considère que l'élection d'un nouveau chef ne change en rien certaines réalités qui collent à la peau du Parti conservateur du Canada (PCC).

Pour aller chercher cette victoire à la chefferie, Erin O'Toole a fait un appel du pied à la frange qui est à droite de la droite, dans l'Ouest canadien. Oui, il a obtenu le plus grand nombre de votes au Québec, mais il a aussi séduit l'électorat de la candidate Leslyn Lewis, très campée à droite sur les valeurs sociales, explique M. Marsolais.

Certaines positions sociales vont déplaire à l'électorat de l'Est-du-Québec. Maintenant, est-ce que M. O'Toole va garder la même ligne? En sachant qu'il a besoin de l'électorat québécois et ontarien pour gagner, ce sera intéressant de voir comment il va se débrouiller.

Marcel Marsolais, analyste politique et ancien professeur au Cégep de Baie-Comeau
Marcel Marsolais, enseignant en science politique au Cégep de Baie-Comeau.

Marcel Marsolais, analyste politique et ancien enseignant au Cégep de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Du même souffle, M. Marsolais rappelle que les préoccupations environnementales sont, pour une bonne partie des citoyens de l'Est-du-Québec, d'une grande importance.

L'ancien projet de pipeline traversant le Canada d'ouest en est colle à la peau des Conservateurs, qui sont nombreux à encore appuyer l'idée. Sachant que M. O'Toole se dit en faveur de l'exploitation pétrolière canadienne, comment va-t-il séduire les circonscriptions de l'Est? J'ai des doutes, ajoute l'ancien professeur.

Marcel Marsolais considère également qu'il serait plutôt risqué pour le nouveau chef d'utiliser la question de la dette provoquée par la pandémie de COVID-19 pour faire des gains. Bien des gens dans l'Est ont perdu leur emploi pendant une bonne période de temps et ont profité, notamment, de la Prestation canadienne d'urgence. Utiliser la dette comme la "question de l'urne", je ne suis pas convaincu que ça fonctionnera très bien si c'est l'avenue choisie, dit-il.

Cela dit, l'analyste insiste pour dire que bien de l'eau peut couler sous les ponts d'ici la prochaine élection générale au pays. Il y a tellement d'impondérables provoqués par la pandémie que M. O'Toole pourrait trouver un moyen de se démarquer. Mais à un seul siège dans l'Est et des troisièmes positions partout ailleurs lors de l'élection générale de 2019, dire qu'il aura beaucoup de travail à faire est un euphémisme.

Un ancien candidat qui doute

Le préfet de la MRC des Basques au Bas-Saint-Laurent, Bertin Denis, a été candidat du PCC en 2011, dans la circonscription de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques.

Toujours membre de la formation politique, il indique qu'il a gagné son élection en accordant son vote à Erin O'Toole. Toutefois, du même souffle, il admet que l'Est-du-Québec est un terreau bien peu fertile pour le Parti conservateur du Canada.

Le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis.

Bertin Denis, ancien candidat du Parti conservateur du Canada dans Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, lors de l'élection générale de 2011.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Le Parti conservateur actuel a beaucoup de difficulté à rallumer la flamme dans les valeurs fondamentales des Québécois, y compris les citoyens de l'Est-du-Québec. C'est pour ça que le Parti conservateur a de la difficulté à faire des gains, dit-il.

Même si Erin O'Toole a récolté plus de 60 % des voix exprimées au Québec au cours de cette course à la chefferie, Bertin Denis est loin de fanfaronner. Je pense que si vous demandez à la population si elle savait qu'il y avait une course au leadership conservateur, 90 % des gens vous diraient non. Donc, je prends cette donnée avec un gros grain de sel, tranche l'actuel préfet de la MRC des Basques.

À l'exception du comté de Bernard Généreux [Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup], les candidats récoltent entre 12 et 15 % du vote. Oui, il y a une base solide. Mais ça ne permet pas de gagner des sièges.

Bertin Denis, ancien candidat du Parti conservateur du Canada dans Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques

Pour gagner la confiance des citoyens québécois, Bertin Denis croît que le Parti conservateur doit revoir certaines de ses positions au plan social. Est-ce que le parti pourrait s'inspirer de la Coalition avenir Québec? Pas certain. Intrinsèquement, le parti est devenu très conservateur, socialement, avec l'influence de l'Ouest, se désole l'ancien candidat qui dit s'identifier à l'époque progressiste-conservatrice de Brian Mulroney du parti.

M. Denis espère donc que les députés québécois auront un poids suffisant pour qu'Erin O'Toole soit à leur écoute. C'est un gars de l'Ontario. L'humain étant ce qu'il est, il va se fier à son entourage, qui est anglophone, en premier lieu. J'espère seulement que les députés québécois sauront lui faire comprendre ce qui doit être fait pour faire des gains dans l'Est-du-Québec, ou au moins au Québec.

Malgré ses doutes, Bertin Denis est le premier à souhaiter un gouvernement conservateur à la prochaine élection générale. Justin Trudeau est en train de nous endetter pour des générations. Je veux, je souhaite, j'espère un gouvernement conservateur. Mais oui, il y a beaucoup de pain sur la planche avant d'y arriver, conclut-il.

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