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Chasse à l'orignal : des Autochtones ouverts à enregistrer leur gibier

Pour le moment, l'orignal n'a pas à craindre pour sa survie.

L'orignal est en baisse dans la réserve faunique La Vérendrye. (archives)

Photo : iStock

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ainsi que les communautés autochtones souhaitent collaborer afin d'augmenter le cheptel d'orignaux dans la Réserve faunique La Vérendrye.

L'une des options pour mieux connaître l'impact de la chasse serait que les orignaux abattus par des membres des Premières Nations soient enregistrés, comme c'est le cas pour les Blancs. Un nombre qui a toujours été inconnu pour le ministère.

Les membres des Premières Nations réclament depuis plus d'un an que la chasse diminue dans la Réserve faunique La Vérendrye puisque, selon eux, le cheptel était à la baisse. L'inventaire réalisé en février par le ministère leur donne raison.

Les résultats démontrent que la population inventoriée entre janvier et février 2020 est de 2,06 orignaux par km2, soit un cheptel de 2074 orignaux. Il s’agit d’une densité inférieure à 2008, qui était de 3,2 orignaux par km2.

Toutefois, pour faire un recensement encore plus efficace chaque année, le ministère souhaiterait obtenir une autre donnée.

Pour gérer des populations d'orignaux, un des intrants majeurs, c'est de connaître la récolte. Cette récolte on la connaît par l'enregistrement obligatoire, c'est un intrant majeur de connaître le prélèvement, dans le cas de la réserve faunique il y a une partie de ces intrants qu'on ne connaît pas, c'est la chasse de subsistance. C'est un enjeu qui est majeur et qui est partagé par les communautés. C'est un enjeu abordé au sein des tables de travail et ce sera un point primaire sur lequel on va travailler, affirme le biologiste du ministère, André Dumont.

La cheffe de la communauté de Lac-Simon, Adrienne Jérôme, n'y voit pas de problème.

C'est dans nos plans, les meilleures personnes pour savoir ce qui se passe sur le territoire, c'est nous. On a discuté de ça puis on a même pensé à former des gens pour être des protecteurs de territoire, vous, vous appelez ça des gardes-chasses, mais nous ce sera des protecteurs de territoire, si ça vient de nous, les gens vont embarquer.

Adrienne Jérôme assure que ses membres sont prêts à fournir leur part d'efforts, mais elle souhaite que le ministère en fasse autant.

Mme Jérôme regarde la caméra devant le 100, rue Wellington, à Ottawa.

La cheffe du conseil de la Nation anishnabe de Lac-Simon, Adrienne Jérôme

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

C'est juste une petite étude embryonnaire. Il faut aller plus loin, faire d'autres études, aller vers l'habitat, l'alimentation pour comprendre.Nous, ce qu'on demande, c'est d'avoir un plan de gestion, mais qu'on soit impliqués là-dedans. Comme dans l'inventaire, on nous a invités dans l'hélicoptère, mais on n'a pas été consulté pour le rapport, affirme Adrienne Jérôme.

Depuis 20 ans, l'orignal est en déclin, selon nous d'ici 60 ans l'orignal sera rendu comme le caribou, ce sera une espèce menacée, ajoute la cheffe de Lac-Simon, qui a l'impression que le savoir autochtone est souvent mis de côté.

Le président de L'Association chasse et pêche de Val-d'Or, Jacques Cormier, croit d'ailleurs qu'il est important de les écouter.

On sent vraiment qu'il y a une volonté de protection de ces animaux et d'avoir un bon habitat faunique pour les animaux. Il y a toujours eu cette préoccupation fondamentale de la part des Premières Nations et je pense qu'on a des leçons à prendre de ce côté-là. Il faut travailler ensemble. La faune va en bénéficier, c'est en travaillant ensemble que la faune va bénéficier de nos décisions les humains, affirme-t-il.

Il croit également que le ministère devrait faire davantage d'études sur le terrain.

On voit beaucoup d'inventaires aériens, mais est-ce qu'il y a des signes précurseurs qui touchent la santé physique des orignaux que les chasseurs devraient vérifier, je vous avoue qu'on n’a pas grand données à ce niveau. On devrait s'y attarder.

Jacques Cormier, président de l'ACPVD

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs assure vouloir collaborer avec les Premières Nations et les chasseurs tout au long du processus.

Un même but, mais des visions différentes

Le ministère et les membres des Premières Nations auront beaucoup de travail à faire afin de trouver des solutions et surtout de s'entendre sur celles-ci.

Le premier geste à poser quand on veut augmenter des populations d'orignaux, c'est de préserver les femelles adultes, affirme pour sa part le biologiste André Dumont, qui rappelle qu'avec cette stratégie, le nombre d'orignaux au Québec est passé de 55 000 en 1993 à 125 000 aujourd'hui.

Un homme répond aux questions d'une journaliste

André Dumont, biologiste au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (archives)

Photo : Radio-Canada

L'Association de chasseurs et pêcheurs de Val-d'Or abonde aussi en ce sens.

Il faut diminuer la chasse. Tuer des femelles peut-être, il faut que ce soit équilibré, c'est comme nous, il faut avoir un certain équilibre entre hommes et femmes. Il y a beaucoup de femelles et très peu de mâles, il faut avoir un équilibre, c'est ça la loi de la nature, croit pour sa part Adrienne Jérôme.

Pour Jacques Cormier, il y aura toujours des divergences d'opinions, mais il croit que ce sera important de travailler en équipe.

On l'a démontré quand le Québec s'est mis ensemble pour augmenter le cheptel. On voit qu'ils ont augmenté au Québec, on l'a fait, on est capables de le faire, puis on a la science pour pouvoir le faire, il suffit d'avoir une bonne collaboration entre les différents intervenants, le secret il est là.

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