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Du glyphosate dans son urine

Roger St-Pierre, de Maltempec, dans la Péninsule acadienne, est préoccupé de la présence de glyphosate dans son organisme.

Roger St-Pierre, de Maltempec, dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

François Vigneault

Un citoyen de la Péninsule acadienne, Roger St-Pierre, s'inquiète de la présence de glyphosate dans son organisme.

Un test d'urine analysé par le Centre de toxicologie du Québec révèle la présence de ce contaminant. Le glyphosate est un herbicide controversé utilisé notamment en agriculture et en foresterie.

Quand j'ai regardé mon petit-fils manger des céréales, je me suis dit, regarde je suis après l'empoisonner. Il faut que j'arrête ça, dit l'homme de Maltempec.

C'est un reportage diffusé à Radio-Canada en 2019 qui a fait réfléchir Roger St-Pierre. Des données obtenues et analysées par Radio-Canada montraient que plus du tiers des aliments testés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments, entre 2015 et 2018, contenaient des traces de glyphosate. Mais seulement un demi de 1 % des aliments en contenaient au-delà des limites permises.

J'ai voulu savoir si j'en avais dans mon corps. Si j'en ai dans mon corps, mon petit-fils en a lui aussi, lance-t-il.

Des aliments courants, comme des céréales Cheerios, du houmous, des biscuits Oreo, contiennent des résidus de glyphosate.

Ces aliments contiennent des résidus de glyphosate en deçà des limites permises.

Photo : Radio-Canada

Le glyphosate est aussi utilisé par Énergie Nouveau-Brunswick pour éliminer la végétation près des lignes électriques. Il est considéré comme un cancérogène probable, selon une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Quand on voit le taux de cancer monter en flèche, il faut se poser des questions. Ça vient d'où là, ça vient des poules, ça vient des arbres, ça vient de quoi? D'après moi, c'est la nourriture, indique Roger St-Pierre.

Pour en avoir le cœur net, il a donc fait analyser un échantillon d'urine. Avec des concentrations de 3,8 microgrammes par litre, les résultats l'ont renversé.

Ça m'a tellement surpris que les deux bras m'ont tombé, lance-t-il. Surpris parce qu'il s'est tourné depuis un certain temps vers l'alimentation biologique.

L'échantillon d'urine a été analysé par le Centre de toxicologie du Québec et montre un taux de 3,8 microgrammes de glyphosate par litre.

L'échantillon d'urine a été analysé par le Centre de toxicologie du Québec.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Parce qu'il y a des choses que je peux acheter puis il y a des choses que je ne peux pas acheter. Comme les céréales le matin, c'est bio, mon café le matin, c'est bio, le vin que je bois, c'est bio.

Sans compter qu'il surveille sa santé de près en marchant cinq kilomètres par jour.

Est-ce élevé ou non?

Éric Gaudreau est chimiste responsable de la division des contaminants environnementaux pour le Centre de toxicologie du Québec. Il mentionne qu'il est difficile de conclure si un résultat de 3,8 microgrammes par litre est élevé ou non étant donné qu'il n'existe pas actuellement d'élément de référence au pays. Impossible donc de comparer pour l'instant le résultat à des valeurs normales qu'on retrouve dans la population.

On a mesuré une valeur, mais on ne peut pas évaluer la toxicité de cette molécule juste par les taux qu'on retrouve dans l'urine, précise Éric Gaudreau. Il ajoute que les valeurs normales vont être déterminées par des études de biosurveillance comme celle de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé qui est actuellement en cours.

Santé Canada a déjà déterminé que les produits contenant du glyphosate, s'ils sont utilisés selon le mode d'emploi, ne posent aucun danger pour la santé humaine et l'environnement. En janvier 2019, Santé Canada a maintenu l'homologation du glyphosate pour les 15 prochaines années.

Roger St-Pierre, lui, n'est pas rassuré et invite les gens à faire tester leur urine pour savoir si elle contient du glyphosate.

Vraiment, j'encourage les gens parce que les gens auront une preuve, une preuve pour dire qu'on fait arrêter ça pis on peut poursuivre quelqu'un qui nous empoisonne.

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