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Valérie Plante veut une loi spéciale pour accélérer le prolongement de la ligne bleue

Mme Plante en point de presse.

Les Montréalais ont déjà trop attendu la réalisation du prolongement vers l'est de la ligne bleue du métro de Montréal, croit Valérie Plante.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Après l'échec du projet de loi 61, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, demande au gouvernement Legault de présenter à la rentrée parlementaire une loi spéciale qui permettrait de faciliter les expropriations nécessaires au prolongement de la ligne bleue du métro vers Anjou.

Sur Twitter, Mme Plante écrit qu'il est plus que temps que le projet de la ligne bleue soit réalisé. Ça fait depuis 1988 que la population de l’est l’attend. Suite à l’échec du projet de loi 61, on s’attend à ce qu’il y en ait un sur la table pour la rentrée parlementaire.

Selon elle, l'adoption d'une telle loi est devenue nécessaire pour accélérer le processus d’expropriation et planifier le plus rapidement possible le développement aux abords des stations.

Le prolongement de la ligne bleue est un projet important pour la relance économique et le redéveloppement de l'Est de Montréal, a ajouté la mairesse lors d'une brève mêlée de presse, lundi en après-midi, aux abords de l'édifice Lucien-Saulnier.

Ainsi, l'adoption d'une loi spéciale – inspirée de celle qui a permis à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) d'amorcer rapidement les travaux de construction du Réseau express métropolitain (REM) – devrait être la priorité de tous les parlementaires à Québec cet automne.

Cet appel fait suite à l'abandon du projet de loi 61, qui aurait permis au gouvernement Legault d'accélérer plusieurs projets d'infrastructure en contournant certaines obligations réglementaires.

La dernière session parlementaire s'était conclue à Québec sans que la pièce législative n'ait pu être adoptée, les partis d'opposition n'ayant pas donné leur accord à son étude accélérée.

Frustré, l'ancien président du Conseil du Trésor Christian Dubé – muté depuis à la Santé et aux Services sociaux – avait déclaré que le manque de collaboration du Parti libéral, de Québec solidaire et du Parti québécois aurait pour effet de retarder le prolongement de la ligne bleue.

Depuis, la ministre Sonia LeBel, qui l'a remplacé au Trésor, a promis d'abandonner le projet de loi 61 pour présenter, à l'automne, une autre pièce législative élaborée dans le même esprit.

Une cause devant le tribunal

À l'instar de plusieurs autres maires du Québec, Valérie Plante avait appelé l'adoption du projet de loi 61 de tous ses vœux, le printemps dernier.

Elle revient aujourd'hui à la charge sur fond de contestation judiciaire entre la Société de transport de Montréal (STM), chargée de l'expropriation des terrains requis pour prolonger la ligne bleue, et les propriétaires des Galeries d'Anjou : le groupe Cadillac Fairview et Ivanhoé Cambridge, le bras immobilier de la CDPQ.

Ces derniers s'opposent notamment à l’expropriation d'une partie du stationnement des Galeries d'Anjou et de certains bâtiments construits sur celui-ci. Le litige est devant la Cour supérieure. Les parties seront entendues le mois prochain.

Une carte du projet.

Le prolongement de la ligne bleue prévoit la construction de cinq stations à l'est de Saint-Michel jusqu'à Anjou. Les coûts de ce tracé de 5,8 kilomètres sont estimés à 4,5 milliards de dollars, dont au moins 300 millions uniquement pour les expropriations.

Photo : Radio-Canada

Porte-parole de l'opposition officielle en matière de Transports, le libéral Pierre Arcand a demandé lundi sur Twitter à son homologue caquiste, le ministre François Bonnardel, de trouver un terrain d’entente pour le terminus de la ligne bleue et éviter d’innombrables batailles judiciaires.

À moins, dit-il, que sa solution implique une loi autoritaire et des coûts astronomiques.

Sur les quelque 500 dossiers d’expropriation pour la ligne bleue, le gouvernement estime que la moitié pourrait faire l’objet de contestations, ce qui – de l'aveu même de la STM – pourrait avoir pour effet de retarder les travaux, qui devraient en théorie commencer l'an prochain en vue d'une mise en service quelque part en 2026.

Un projet concurrent

Cadillac Fairview a par ailleurs présenté lundi un vaste projet résidentiel et commercial de 2,5 milliards de dollars qui pourrait être construit en lieu et place du stationnement incitatif de 1200 places que la STM souhaite aménager près du futur terminus d'Anjou.

Une maquette du projet.

Cadillac Fairview propose de ne créer rien de moins que « le nouveau centre-ville de l'Est de Montréal ».

Photo : Cadillac Fairview

Le projet du groupe immobilier prévoit un développement multi-usage incluant des complexes résidentiels, une résidence pour aînés, un campus de bureau, un hôtel, des espaces verts et une grande place ceinturée de rues d’ambiance axées sur la vie et la sécurité des résidents et des usagers, précise le communiqué.

La planification de la STM, estime Cadillac Fairview, doit être revue pour tenir compte d’éléments qui pourraient empêcher un développement futur ou qui auraient un impact défavorable majeur sur [les] Galeries d’Anjou et la communauté de l’arrondissement d’Anjou.

Il faut éviter la construction d’une station de métro autonome qui ne tiendrait pas compte des principes de développement durable et qui serait ceinturée d’un terminus d’autobus à ciel ouvert, d’un immense stationnement incitatif et de nouvelles rues à circulation lourde au cœur d’un secteur résidentiel et commercial bien établi et déjà fort achalandé.

Cadillac Fairview

Ce projet est beaucoup plus intéressant que ce que propose la STM, a fait valoir lundi après-midi le maire indépendant de l'arrondissement d'Anjou, Luis Miranda, en entrevue à l'émission Le 15-18, sur ICI Première.

Selon lui, la STM, Cadillac Fairview et Ivanhoé Cambridge auraient tout intérêt à négocier de gré à gré plutôt que d'alimenter un litige devant les tribunaux aussi long que coûteux – d'autant plus que le stationnement incitatif prévu actuellement est contraire aux politiques de Valérie Plante, souligne M. Miranda.

On met des pistes cyclables partout, on enlève l'automobile, mais on veut en amener à Anjou!, s'est-il étonné, au micro d'Annie Desrochers.

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