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Archives

Il y a 20 ans nous quittait Léa Roback, pionnière des droits des travailleuses québécoises

Photographie de Léa Roback habillée tout de noir lors de la grève des midinettes de 1937

Léa Roback, pionnière du syndicalisme et du féminisme, est décédée le 28 août 2000.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À Montréal, le 28 août 2000, décédait à l’âge de 96 ans la militante féministe Léa Roback. Des reportages de Radio-Canada rappellent la vie de cette femme qui, inlassablement pendant des décennies, est montée au créneau défendre les Québécoises.

Une vie de combat

Finalement, en œuvrant toujours à la base, Léa a imprimé l’histoire et a fait des changements historiques importants.

Sophie Bissonnette, réalisatrice, 29 août 2000.

Léa Roback, c’est notre mère et notre grand-mère à toutes.

Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec 29 août 2000.

Le 28 août 2000, les travailleuses et les femmes du Québec voyaient partir Léa Roback, une pionnière de la lutte pour l’obtention de leurs droits.

Léa Roback est née le 3 novembre 1903.

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Montréal ce soir, 29 août 2000

Le 29 août 2000, la journaliste Solveig Miller présente, au Montréal ce soir animé par Pascale Nadeau, une courte biographie de cette femme d'exception.

Léa Roback a marqué la lutte pour les droits des travailleuses et des femmes au Québec depuis les années 1930.

En 1937, elle a organisé une des premières grèves de 5000 travailleuses du vêtement.

Ce conflit de travail, connu sous le nom de grève des midinettes, est l’une des premières et des plus marquantes batailles syndicales pour l’amélioration des conditions de travail des Québécoises.

Elle a également lutté contre le harcèlement sexuel des domestiques et pour l'accès à la contraception et à l’avortement.

Elle a aussi milité pour le droit de vote des femmes.

Elle a œuvré pour la création de logements abordables et décents, notamment dans le quartier ouvrier de Saint-Henri de Montréal.

Une militante remplie de sagesse

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En toute liberté, 24 octobre 1993

Le 24 octobre 1993, à l’aube de ses 90 ans, Léa Roback se raconte à l’animatrice Isabelle Albert dans une longue entrevue présentée à l’émission En toute liberté.

Née à Montréal, Léa Roback se retrouve enfant dans le village de Beauport près de Québec, où sa famille, qui tient un magasin au détail, est la seule de religion juive.

Si elle parle français avec ses amis et est scolarisée en anglais, c’est en yiddish qu’elle s’adresse à ses parents à la maison.

Elle se rappelle que ses parents tenaient beaucoup à ce qu’elle et ses huit frères et sœurs conservent leur culture ancestrale.

Elle se souvient aussi qu’à la maison, les livres primaient sur les beaux meubles.

En 1919, la famille retourne à Montréal et Léa Roback commence à travailler dans une entreprise de nettoyage et de teinturerie.

Les conditions de travail y sont pénibles et les salaires très bas.

C’est le premier contact qu’a Léa Roback avec la précarité endurée par la classe ouvrière.

Elle s’en souviendra et tentera d'y remédier le restant de ses jours.

Léa Roback raconte à Isabelle Albert qu’elle a vécu à Berlin à la fin des années 1920 avec son frère Henri.

Elle a assisté dans la capitale allemande à la montée du nazisme.

Progressivement, la situation en Allemagne devient dangereuse pour elle et elle revient au Canada après un séjour en Union soviétique.

Ce qui frappe dans cette entrevue, c’est la sagesse qu’exprime Léa Roback.

Elle a toujours lutté contre « l’inhumanité de l’homme envers son prochain ». Elle insiste pour que le monde se batte pour ses droits.

Elle professe sa confiance en l’intelligence des gens même quand ceux-ci refusent de prendre les tracts qu’elle distribue.

Si Léa Roback a milité dès la fin des années 1920 au sein du Parti communiste du Québec, elle a rompu avec ce dernier en 1958, dégoûtée par la barbarie du stalinisme.

Elle s’est alors tournée vers le pacifisme. Elle s’est jointe au mouvement contre la guerre du Vietnam et pour le désarmement nucléaire dans les années 1980.

Une militante toute sa vie

C’est une lutte, car il y a encore tant de choses à changer.

Léa Roback, 1995

Le 26 mai 1995 débute la marche Du pain et des roses initiée par la Fédération des femmes du Québec.

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Nouvelles, 26 mai 1995

À 91 ans, comme le rappellent ces images de la journaliste Line Pagé du 26 mai 1995, Léa Roback participe au lancement de l'événement.

Pendant 10 jours, des centaines de personnes se dirigeront vers la ville de Québec pour dénoncer la pauvreté qui afflige encore trop de Québécoises.

Si elle ne peut pas physiquement intégrer la marche en tant que telle, elle fouettera les ardeurs des participantes et participants de l’événement en s’adressant à eux de l’estrade des invité(e)s d'honneur.

Léa Roback martèle que la lutte pour le droit des femmes est à la fois loin d’être terminée et d’être perdue.

Elle partage avec Line Pagé son émerveillement de voir tous ces gens présents, toutes générations confondues.

Elle exhorte les gens à ne pas se décourager, même si les temps sont moroses, car la bataille pour les droits est une bataille de longue haleine.

Sa mémoire est perpétuée notamment par la Fondation Léa-Roback et la maison Parent-Roback qui offre des bourses d’études aux femmes socialement engagées et qui abrite des organismes d’aide aux femmes.

Deux rues dans le quartier Saint-Henri de Montréal et à Beauport portent aussi son nom.

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