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Enquête ouverte dans le Wisconsin après des tirs de la police sur un homme noir

La victime est représentée par l'avocat qui s'occupe du dossier de George Floyd, dont la mort, lors d'une intervention policière, a provoqué d'importantes contestations.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des membres de l'antiémeute font face à des manifestants dans la nuit.

Le reportage de Philippe Leblanc

Photo : Associated Press / Mike De Sisti

Radio-Canada

L'État américain du Wisconsin a ouvert lundi une enquête criminelle après qu’un agent de la police de la ville de Kenosha a tiré dimanche à plusieurs reprises dans le dos d'un homme noir blessé gravement, provoquant des manifestations.

Les policiers impliqués ont été mis en congé administratif, a indiqué le département de la Justice de l'État, dans un communiqué.

La victime, un père de famille afro-américain du nom de Jacob Blake âgé de 29 ans, a été évacuée par hélicoptère au Froedtert Hospital, à Wauwatosa, près de Milwaukee. L’homme se trouve dans un état grave, a indiqué la police de Kenosha.

La police a précisé que les faits s'étaient produits au moment où elle répondait à un appel obtenu à 17 h 11 pour un incident domestique survenu sur la 40th Street.

Des voisins ont déclaré que Jacob Blake essayait de mettre fin à une dispute entre deux femmes, rapporte le journal Kenosha News.

Une vidéo enregistrée par un téléphone portable, publiée sur les réseaux sociaux et reprise par les médias américains montre un homme se dirigeant vers une voiture suivi par deux policiers ayant dégainé leurs armes, alors qu'il contourne une voiture tout-terrain.

Un policier lui attrape la chemise au moment où il ouvre la portière et qu'il tente de s'installer sur le siège conducteur, avant de recevoir plusieurs balles dans le dos. On entend au moins sept coups de feu dans la vidéo.

La victime était apparemment non armée, selon des témoins de la scène. Certains ont dit qu'il avait reçu une décharge d’un pistolet à impulsion électrique avant d'être blessé par balle, selon le Kenosha News.

Des documents judiciaires consultés par l’Associated Press révèlent que Blake a été accusé le 6 juillet d'agression sexuelle, d'intrusion et de perturber l'ordre public. Un mandat d'arrêt a été délivré le jour suivant, rapporte l’agence de presse.

Un cycliste passe à côté d'un camion en feu.

Un camion municipal a été incendié par les émeutiers la nuit dernière.

Photo : Associated Press / Mike De Sisti

Des émeutes

Les images ont rapidement soulevé l'indignation dans la ville américaine, déclenchant une nuit de manifestations et d'émeutes.

Selon les images des réseaux sociaux, une foule de manifestants a marché dans les rues de Kenosha et lancé des cocktails Molotov. Des véhicules ont été saccagés et incendiés, et des vitres ont été fracassées.

À la tombée de la nuit à Kenosha, un groupe de manifestants a fait face à la police antiémeute, lui lançant des pavés, selon des images publiées par le Milwaukee Journal Sentinel.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule de protestataires. Certains scandaient No justice, no peace (pas de justice, pas de paix). La police a imposé un couvre-feu dans toute la ville jusqu'à 7 h, heure locale.

Ben Crump, un avocat des droits civiques, a affirmé que les trois fils de Jacob Blake se trouvaient dans la voiture, et que la victime tentait de s'interposer dans une dispute entre deux femmes.

Ils ont vu un policier tirer sur leur père. Ils seront traumatisés à vie, a-t-il affirmé sur Twitter.

L'avocat représente la famille de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié à Minneapolis le 25 mai par un policier blanc et dont la mort avait déclenché des manifestations antiracistes à travers les États-Unis et le monde.

Le racisme

Tony Evers a un air sérieux.

Le gouverneur de l'État du Wisconsin, Tony Evers.

Photo : Associated Press / Melina Mara

Ce soir, Jacob Blake a reçu plusieurs balles dans le dos, en plein jour à Kenosha, Wisconsin, a déclaré sur Twitter le gouverneur de l'État, Tony Evers.

Affirmant ne pas connaître encore tous les détails de l'incident, il a déclaré : Ce que nous savons pour sûr est qu'il n'est pas le premier homme noir ni la première personne à avoir été abattu, blessé ou impitoyablement tué par des individus chargés de l'application de la loi dans notre État ou notre pays.

Nous nous tenons aux côtés de tous ceux qui ont réclamé et continuent de réclamer la justice, l'équité et la prise de responsabilité pour la vie des personnes noires dans notre pays, a poursuivi le gouverneur.

Dans les prochains jours, nous demanderons cela aux élus de notre État qui ont failli à reconnaître le racisme dans notre État et dans notre pays depuis bien trop longtemps, a-t-il ajouté.

Cette affaire relance une nouvelle fois un débat toujours très vif aux États-Unis sur les brutalités policières et le racisme, relancé par la mort de George Floyd, un Afro-Américain âgé de 46 ans, après qu'un policier blanc eu appuyé son genou sur son cou pendant près de neuf minutes, l'empêchant de respirer.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Associated Press, Milwaukee Journal Sentinel, et Kenosha News

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