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COVID-19 : un tiers des Américains mentent sur leurs symptômes, selon une étude

Un homme ne porte pas son masque sur son nez.

Les hommes sont plus susceptibles de mentir sur leurs symptômes que les femmes, selon l'étude.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Une nouvelle recherche de l'Université Brock, à St. Catharines, en Ontario, montre que les efforts pour tenter d’enrayer la propagation de la COVID-19 se heurtent à un obstacle intrigant : le mensonge.

Au moins un tiers de la population atteinte de la maladie a menti sur ses symptômes, ainsi que sur la distanciation physique, montre l’étude menée par la doctorante Alison O'Connor et Angela Evans, professeure agrégée au Département de psychologie.

Sur les 451 Américains âgés de 20 à 82 ans étudiés, 34 % des personnes atteintes du virus ont nié avoir des symptômes lorsqu’on le leur a demandé, et 55 % ont dit avoir dissimulé leurs symptômes à un certain degré.

Enfin, un quart de tous les répondants ont déclaré avoir menti sur le fait qu'ils suivaient les protocoles de santé. Les personnes atteintes de la COVID-19 étaient encore plus susceptibles de mentir à ce sujet.

Ces résultats poussent Alison O'Connor à affirmer que les données sur la pandémie que nous voyons ne reflètent qu'une partie de la réalité.

L'une des conséquences est la difficulté potentielle à suivre avec précision la pandémie, commente-t-elle. Cela nous rappelle que ces chiffres et ces données dépendent du fait que les gens disent la vérité.

Dans certains cas, les personnes qui ont dissimulé des symptômes redoutaient la stigmatisation et le jugement social, surtout si elles ne suivaient pas les directives de santé publique. Ces individus se sont également montrés moins critiques sur les autres faisant de même.

Des résultats probablement semblables au Canada

Il est important de ne pas nécessairement blâmer les gens qui dissimulent ces informations, mais de comprendre les obstacles qui les empêchent de dire la vérité.

L'équipe a mené les enquêtes par l'entremise d'Amazon fin avril et début mai. C'est pourquoi les répondants sont Américains, indique Mme O’Connor. L'équipe aimerait faire une enquête analogue au Canada.

Des travaux préliminaires menés par le laboratoire de développement social et cognitif d'Angela Evans montrent que les résultats seraient probablement semblables.

Le mensonge est courant au sein des populations

Alison O’Connor ne peut pas exclure que le climat politique aux États-Unis ait influencé les résultats, mais il n'y a aucun moyen de le savoir avec certitude.

Dans tous les pays, le mensonge est un comportement social courant, avance-t-elle.

Quelques autres points saillants de l’étude :

  • 53 % des participants atteints de COVID-19 ont nié avoir besoin de se mettre en quarantaine à la demande d'autres personnes.
  • Les femmes ont été plus enclines que les hommes à révéler facilement des symptômes.
  • Les adultes plus âgés et ceux qui montrent une plus grande préoccupation envers la communauté, mesurée par leurs scores sur l'échelle d'orientation communautaire, ont été plus honnêtes sur leur statut et leurs comportements liés à la COVID-19.
  • La plupart des participants ont fait des études postsecondaires.

Les résultats montrent que les campagnes de prévention sanitaire doivent se concentrer sur le sentiment d’implication de chacun dans la lutte contre le virus, selon Mme Evans.

Si nous ne sommes pas honnêtes au sujet de nos symptômes et de nos comportements de distanciation sociale, il sera difficile de maintenir la transmission de la COVID-19 à un faible niveau jusqu'à ce que nous trouvions un vaccin, remarque-t-elle.

Notre honnêteté aidera la santé publique dans la recherche des contacts, réduira les risques pour les autres d'interagir avec nous si nous sommes à risque et profitera à son tour à la société dans son ensemble.

La recherche a été publiée le 17 août dans le Journal of Health Psychology.

Avec les informations de CBC

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