•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Rester ou partir, le dilemme des snowbirds devant l'incertitude provoquée par la COVID-19

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des roulottes au camping Le Dauphinais à Hemmingford

Le reportage de Marie-Josée Paquette-Comeau

Photo : Radio-Canada

Les snowbirds pourront-ils s'envoler cet hiver? L'avertissement d’Ottawa d’éviter tout voyage non essentiel et la fermeture jusqu'au 21 septembre de la frontière terrestre avec les États-Unis freinent leur enthousiasme. Devant une offre d’assurance médicale famélique, de nombreux accros au soleil se demandent où ils passeront l’hiver.

Des nombreux snowbirds revenus en catastrophe au printemps à cause de la COVID-19 ont élu domicile au camping Le Dauphinais à Hemmingford. Plusieurs sont déterminés à reprendre la route cet automne, malgré les restrictions.

S'il faut, on va y aller à la rame!

Raymond Latour, snowbird

D’autres snowbirds comme Sophie Dubeault et Réjean Vincent espèrent se rendre à leur résidence, à Acapulco, au Mexique. Selon eux, s’y rendre est essentiel, car il faut quand même aller voir ce qui se passe à notre maison.

Une couple de snowbirds

Sophie Dubeault et Réjean Vincent quitteront le Québec seulement s'ils peuvent souscrire une assurance médicale couvrant la COVID-19 au Mexique.

Photo : Radio-Canada

Certains snowbirds, comme Josée Lussier, mettront le cap vers l’Ouest canadien à la recherche d’un hiver plus clément. Elle estime ne pas avoir le choix puisqu’elle et son conjoint n'ont plus de domicile fixe. Ils vivent tout au long de l'année dans leur véhicule récréatif.

On essaie de trouver quelque chose à Vancouver, mais [...] les terrains de camping sur l'île de Vancouver, c'est complet!

Josée Lussier, snowbird

Partir sans assurance

L'enthousiasme des snowbirds est freiné par leur capacité à souscrire une assurance couvrant la COVID-19. Depuis le 21 mars, le Canada demande d'éviter tout voyage non essentiel. Suivant cet avertissement, la majorité des grandes compagnies d’assurances ont cessé d’offrir les assurances en soins de santé.

Si vous partez malgré la recommandation du gouvernement, vous courez le risque de ne pas être assurés pour vos soins de santé.

Line Duhaime, présidente de l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes

L’ACCAP précise que les compagnies d’assurances peuvent ne pas rembourser les soins de santé à l’étranger, qu’ils soient liés à la COVID-19 ou non. Elle ajoute que même si le pays d’accueil ouvre ses frontières, les compagnies ne paieront pas les soins de santé puisqu’elles s’appuient uniquement sur les recommandations du gouvernement canadien. Ce n'est pas parce que la frontière est ouverte ou que le pays vous accepte que, du point de vue de l'assurance pour les soins de santé, la situation va changer.

Quelques compagnies d'assurance offrent une couverture médicale pour la COVID-19, notamment la Croix Bleue et Medipac Assurance voyage. Les prix varient selon l'état de santé et la durée du voyage.

Une femme devant un véhicule récréatif.

La snowbird Hélène Daneault vend son véhicule récréatif pour s'installer dans une mini-maison qui sera aménagée sur son terrain de camping.

Photo : Radio-Canada

L’ACCAP précise qu’il est important pour les voyageurs d’appeler leur compagnie d’assurance individuelle ou collective avant un départ.

Qu’est-ce qu’un voyage essentiel?

Selon Ottawa, la décision de voyager relève de la seule responsabilité des individus. Il incombe au voyageur de décider ce que l’expression "voyage non essentiel" signifie selon les besoins de sa famille ou de son entreprise, ses connaissances d’un pays, d’un territoire ou d’une région.

Afin de limiter la propagation de la COVID-19, les autorités américaines et mexicaines ont aussi annoncé une restriction quant aux voyages non essentiels à partir du 21 mars 2020, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Ottawa recommande avant de quitter le pays de vérifier auprès des autorités locales de leur destination les restrictions en vigueur. Le gouvernement suggère également aux voyageurs de considérer les escales ou les points de transit qu’ils devront emprunter avant d’atteindre leur destination finale, car de nombreux pays ont mis en place des règles de transit strictes qui pourraient perturber leurs vacances.

D’ailleurs, Ottawa rappelle que des restrictions supplémentaires peuvent être imposées à tout moment. Les compagnies aériennes peuvent également suspendre ou réduire leur nombre de vols sans préavis.

Rester au Canada

Certains snowbirds comme Hélène Daneault ont pris la décision de rester au Québec pour l’hiver. Son conjoint étant immunosupprimé, elle vendra son véhicule récréatif et s’installera dans une mini-maison située sur le camping Le Dauphinais.

Nous, tant qu'il est question de COVID, on ne veut pas voyager!

Hélène Daneault, snowbird

La gérante du camping Le Dauphinais, Manon Lavoie, est bien consciente que plusieurs snowbirds risquent d’être pris au dépourvu si la fermeture de la frontière canado-américaine perdure au-delà du 21 septembre. C'est pourquoi elle accueillera ceux qui voudront aménager leur roulotte pour passer l'hiver à Hemmingford.

Ceux qui n'auront rien, c'est sûr que je vais m'arranger pour les garder. Je ne les mettrai pas dehors!

Manon Lavoie, gérante du camping Le Dauphinais

C’est donc un choix déchirant qui attend ces adeptes du soleil.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !