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COVID-19 : Trump annonce l'autorisation d'un traitement au plasma

Un sac de don de plasma

Le plasma transporte entre autres les cellules sanguines et défend le corps contre les infections.

Photo : Radio-Canada

Le président américain Donald Trump a annoncé l’utilisation en urgence du plasma de personnes guéries de la COVID-19. Toutefois, l’efficacité d’un tel traitement fait encore débat. Ici, Santé Canada a approuvé des essais cliniques nationaux sur la transfusion de plasma de personnes convalescentes.

Toujours aux prises avec une hausse du nombre de cas quotidiens de contamination, les États-Unis mettent les bouchées doubles pour contenir la propagation du virus.

La Food and Drug Administration (FDA), chargée d'autoriser la commercialisation des médicaments sur le territoire, a approuvé une utilisation plus large du sang des patients convalescents comme traitement.

Donald Trump en a fait l’annonce dimanche, aux côtés du commissaire de la FDA, Stephen Hahn, et du secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar.

L'autorisation d'urgence de la FDA pour le plasma de personnes convalescentes est une étape importante dans les efforts du président Trump pour sauver des vies des griffes de la COVID-19.

Alex Azar, secrétaire à la Santé et aux Services sociaux

En conférence de presse, il a ajouté : Si vous donnez du plasma, vous sauvez des vies.

Donald Trump et Alex Azar en train de mettre un masque sur le visage.

Le secrétaire à la Santé, Alex Azar, et le président des États-Unis, Donald Trump

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

De son côté, Stephen Hahn a indiqué que les données des études menées cette année montrent que le plasma des patients qui se sont remis de la COVID-19 peut aider à traiter ceux qui souffrent des effets de ce terrible virus.

Le président américain a vanté les résultats de ce traitement et a rappelé que le taux de mortalité de la COVID-19 était plus bas qu'en Europe.

L'agence américaine autorisait déjà la transfusion de plasma de personnes remises du coronavirus à certaines conditions, pour des malades en situation désespérée notamment.

C’est ainsi que plus de 70 000 Américains ont déjà bénéficié de ce traitement.

Ce dernier consiste à donner, au malade, du plasma riche en anticorps extrait du sang de patients guéris. Ces anticorps doivent aider les receveurs à combattre le virus plus vite et à limiter les dégâts du virus dans l’organisme.

Le plasma transporte, entre autres, les cellules sanguines et défend le corps contre les infections.

Des résultats mitigés

Problème, l’efficacité de ce traitement n’a pas encore été prouvée. Et même si de nombreuses études ont déjà été menées, certaines n’ont pas été révisées par des pairs ou effectuées dans le cadre d'un essai randomisé.

Qu'est-ce qu'un essai randomisé?

Un essai randomisé est une étude expérimentale dans laquelle un traitement est comparé à un autre traitement, à une absence de traitement ou à un placebo.

Au Canada, la Société canadienne du sang participe à des essais cliniques autorisés par Santé Canada depuis avril.

Le Hamilton Health Sciences, un réseau hospitalier ontarien, participe lui aussi à des essais du même genre.

À l’heure actuelle, il n’y a pas suffisamment de données scientifiques prouvant que le plasma de convalescents est un traitement sûr et efficace. C’est pour cette raison que le Canada ne l’a pas encore adopté comme traitement à grande échelle, peut-on lire sur le site de la Société canadienne du sang.

En entrevue à La Presse canadienne, le Dr Philippe Bégin, médecin du CHU Sainte-Justine qui pilote une étude sur l’utilité du plasma sanguin, a confié que dans leur ensemble, toutes les études s’entendent pour dire que la méthode fonctionne.

Toutefois, il apporte des bémols à ces études, rappelant qu’elles comparent parfois des populations qui ne sont pas vraiment comparables. Le Dr Bégin ajoute que les preuves de l'efficacité de ce traitement demeuraient anecdotiques et de mauvaise qualité scientifique.

Stephen Hahn, de la FDA, a d'ailleurs rappelé lors de la conférence de presse de dimanche, que son organisme donnait une autorisation à ce traitement, ce qui n'est pas une approbation.

D’ailleurs, la FDA a reporté d’une semaine l’autorisation de ce traitement justement à cause des inquiétudes des scientifiques qui estiment que les preuves de son efficacité sont encore trop minces.

Donald Trump avait alors accusé l’organisation de ralentir le processus pour nuire à ses chances de réélection à la prochaine présidentielle.

Avec les informations de l'Agence France-Presse et Politico

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