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La résilience de Marianne Perron, directrice de la programmation de l’OSM

Portrait d'une femme aux cheveux gris regardant la caméra avec un fond lumineux.

Marianne Perron a connu une année haute en couleur en mettant sur pied la programmation de saison 2020-2021 de l'Orchestre symphonique de Montréal.

Photo : Orchestre symphonique de Montréal

Radio-Canada

L’année 2020 promettait d’être bien différente pour Marianne Perron, directrice de la programmation de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM). En l’absence à la fois du chef de l’orchestre et de la direction musicale, c’est plus que jamais sur ses épaules que retombait toute la cohérence de la saison 2020-2021. Puis la COVID-19 a ravagé ses plans. Elle s’est confiée à la chroniqueuse culturelle Katerine Verebely sur les hauts et les bas qu’elle a vécus ces derniers mois.

Réaliser la vision artistique de la direction musicale, le tout en phase avec celle de l’institution : tel est le rôle de Marianne Perron, directrice de la programmation de l’OSM.

Dans un contexte où il n’y a pas de directeur musical, j’apporte la vision artistique de l’orchestre, je la concrétise, je l’élabore à travers une programmation.

Marianne Perron

La saison 2020-2021 devait donc être une année charnière pour Marianne Perron, qui voyait devant elle se dessiner un immense terrain de jeu.

Des musiciens de l'OSM en prestation devant une salle vide, vus de l'arrière de la scène.

Pandémie oblige, les artistes ont dû enregistrer leur concert devant une salle vide, tout en respectant les règles sanitaires.

Photo : Radio-Canada / Nabi-Alexandre Chartier

L’OSM, c’est un orchestre, c’est un orgue, c’est un chœur, dans une salle formidable. Il y a une mer de possibilités avec un orchestre comme ça, en plus, avec des musiciens exceptionnels qui sont en mesure de jouer un grand spectre de répertoire.

Or, la pandémie de COVID-19 en aura décidé autrement.

Un deuil à faire

Après avoir mis tout son cœur et ses tripes à ficeler l’offre de la saison 2020-2021 de l’OSM, Marianne Perron a vu quelque 70 concerts devant être annulés, sans compter plusieurs concerts prévus à l’automne 2020.

À un moment donné, je me suis demandé pourquoi j’étais aussi déprimée, car je vais bien. Il a fallu que j’accepte ce fait, de me dire : Hey, on a annulé plein de choses, des événements et des concerts qu’on attendait.

Marianne Perron

Pour digérer la nouvelle, Marianne Perron et son équipe se sont accordé une pause de 24 heures. Ce répit était essentiel, selon la directrice de la programmation, car il a permis à tout le monde de se retrousser les manches et de regarder la suite avec réalisme et optimisme.

Si on n’a pas d’optimisme, on ne sera pas créatifs pour aller de l’avant. Ça a été l’attitude qui nous a guidés depuis le mois de mars.

Vers plus de numérique à l’OSM

Le succès ne s’est pas fait attendre. Rapidement, des concerts enregistrés à Montréal comme en Europe ont été mis en ligne, et ce, au plus grand bonheur des internautes.

Je pense que la situation actuelle a été une opportunité pour développer le numérique, dit Marianne Perron. Ça nous a permis de garder contact avec nos différents publics, et ça, c’est important.

Marianne Perron

Le numérique occupera d’ailleurs une place plus importante au cours de la prochaine année pour l’OSM. Marianne Perron a fait savoir qu’elle travaille à l’heure actuelle avec une équipe de concepteurs et conceptrices, dont la réalisatrice Brigitte Poupart, afin d’adapter l’expérience pour qu’elle soit aussi stimulante en salle que pour les internautes.

Photo : Antoine Saito

Le numérique ne peut pas remplacer le concert en salle, mais le numérique a également une valeur. Et c’est dans ce sens-là qu’on s’est dit que quand on va lancer la saison, notamment parce qu’il y a seulement 250 personnes pour le moment qui pourront assister au concert, ce serait quand même bien de pouvoir rejoindre beaucoup plus de monde à travers le numérique.

Une saison apaisante

Mercredi dernier, la directrice a fièrement dévoilé ses plans pour l’année. Au programme : des sessions apaisantes , un mot qui n’aurait probablement pas fait le poids à cet endroit avant le chaos causé par la pandémie.

Quand on décide d’aller de l’avant – par exemple, dans notre cas, avec une programmation –, de proposer des concerts, de proposer à des gens de vivre à nouveau ce moment où on se rencontre dans une salle, ce sont des émotions, des idées fortes à travers cette musique. C’est comme un retour à une forme de normalité. Et ça, ça fait du bien; ça apaise.

Marianne Perron

La Maison symphonique, qui peut accueillir en temps normal quelque 2100 spectateurs et spectatrices, sera restreinte à un public de 250 personnes afin de répondre aux normes sanitaires en vigueur. Marianne Perron espère que l’expérience sera tout aussi intime et chaleureuse que si la salle était remplie.

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