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Erin O’Toole devient le nouveau chef du Parti conservateur du Canada

Erin O'Toole

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada Erin O'Toole devient aussi chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Erin O’Toole devient le nouveau chef du Parti conservateur du Canada (PCC) au troisième tour de scrutin au terme d’un dépouillement laborieux.

Il a remporté 57 % des voix avec 19 271 points, alors que Peter MacKay, qui était considéré comme le favori, a terminé deuxième avec 14 528 points. Il menait pourtant après le premier tour. Il fallait 16 901 points pour gagner la course.

Leslyn Lewis a été éliminée au deuxième tour, où elle a accumulé 10 140 points. Quant à Derek Sloan, il a été écarté dès le premier tour.

Le choix du nouveau chef a été dévoilé peu après 1 h lundi, tandis que les résultats étaient attendus autour de 18 h dimanche.

Quelques milliers de bulletins ont été déchirés par des machines qui les comptabilisaient. Cela a obligé le personnel à réécrire à la main les choix de ces bulletins détériorés.

Aux millions de Canadiens qui sont toujours debout : bonjour, je m'appelle Erin O'Toole et vous allez beaucoup entendre parler de moi dans les prochaines semaines et mois, a annoncé d’emblée celui qui devient le nouveau chef de l'opposition officielle dans son discours de victoire.

Il a promis d'unir le parti, divisé après une course qui a été marquée par la pandémie.

Il s'en est également pris au gouvernement de Justin Trudeau. Nous devons continuer à souligner la corruption et les défaillances des libéraux, mais nous devons aussi montrer aux Canadiens notre vision pour un Canada plus fort, plus prospère et plus uni.

Le monde a besoin de plus de Canada et de moins de Justin Trudeau.

Erin O'Toole, nouveau chef du Parti conservateur du Canada
Andrew Scheer, Erin O'Toole et d'autres personnes sur une scène

Erin O’Toole succède à Andrew Scheer comme chef du Parti conservateur du Canada.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Le député de la circonscription ontarienne de Durham qui a été ministre des Anciens Combattants s'est notamment démarqué au Québec, où il a terminé premier. Il a tendu la main aux électeurs québécois nationalistes.

Quand les journalistes vont parler de cette course, ils vont parler de notre grand succès au Québec. On a bâti une équipe incroyable qui fait honneur aux deux peuples fondateurs, a souligné le nouveau chef qui a prononcé de longs passages en français.

Félicitations à Erin O'Toole pour sa campagne bien menée, a écrit Peter MacKay sur Twitter. Il est maintenant temps pour notre parti et notre mouvement de s'unir et de se concentrer sur le plus important : faire en sorte que notre pays avance à nouveau dans la bonne direction.

Alain Rayes, lieutenant politique du PCC pour le Québec, s'est dit très content du résultat, en entrevue à Tout un matin, en particulier en ce qui a trait à l'importance que prendra la province pour son nouveau chef.

Il a également insisté sur la clarté des opinions personnelles de M. O'Toole, beaucoup moins proche de la droite sociale que ne l'est le chef sortant Andrew Scheer. Les positions personnelles sont totalement différentes. Le passé de M. O’Toole, je pense, est garant de son avenir. Il a clairement dit qu’il allait participer au défilé de la Fierté, a illustré M. Rayes.

C’est un nouveau chef, mais c’est le même parti, a toutefois signalé Pablo Rodriguez, lieutenant du Parti libéral pour le Québec, en entrevue à RDI Matin. Et les conservateurs ont clairement dit qu’ils allaient nous retirer du traité de Paris, qu’ils allaient miser sur l’austérité encore une fois, détruire le programme que l’on veut mettre de l’avant pour retirer les armes d’assaut de type militaire…

M. Rodriguez espère malgré tout certains changements au sein du PCC. Il a dit tendre la main au nouveau leader conservateur, avec qui il souhaite collaborer.

Portrait de dos d'Andrew Scheer et de son épouse Jill Scheer

Andrew Scheer et son épouse Jill Scheer, à Ottawa, le 23 août

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Andrew Scheer se défoule

Avant le dévoilement des résultats, le chef sortant Andrew Scheer a profité de sa tribune pour régler ses comptes.

En plus de s'attaquer au gouvernement libéral et à Justin Trudeau, il a critiqué les médias et les universitaires « de gauche ».

Le mensonge de la gauche est que ce sont les personnes qu'elle prétend vouloir aider qui sont les plus touchées par ses politiques. [La gauche] prétend être motivée par la compassion, mais il n'y a rien de compassionnel dans une intervention gouvernementale de grande envergure, a lancé Andrew Scheer, critiquant du même souffle la politique libérale de Justin Trudeau qui récompense les amis.

Il a rappelé que, sous sa direction, les députés conservateurs ont gagné du terrain à la Chambre des communes, passant de 99 sièges à son arrivée en 2017, à 121 lors de son départ.

Le chef sortant a enjoint aux membres de son parti de ne pas prendre le récit médiatique de gauche comme un fait.

Renseignez-vous auprès d'organisations intelligentes, indépendantes et objectives, leur a-t-il conseillé en défendant des publications conservatrices comme True North ou Post-Millenial.

Des propos qui ont été dénoncés par l'ancien ministre conservateur Michael Fortier, qui était du panel de l'émission spéciale sur ICI Radio-Canada, et dont se sont éloignées les équipes des candidats Erin O'Toole et Peter MacKay.

C’est un discours qui lui appartenait, a aussi noté Alain Rayes. Ce n’est pas le discours du parti. Il n’est plus le chef du parti. Je pense qu’il avait peut-être certaines crottes sur le cœur.

Pablo Rodriguez s'est pour sa part dit surpris des propos de M. Scheer, qu'il a trouvé assez particuliers.

Participation record

Pour faciliter le respect des règles sanitaires liées à la pandémie, tous les bulletins de vote ont été envoyés par courrier. Sur les 269 000 membres du parti, 174 849 ont participé au scrutin, un nombre record pour une course au leadership en politique canadienne.

Le nouveau chef pourrait se retrouver en campagne électorale dès l'automne. Le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau sera soumis à un vote de confiance à la suite de son discours du Trône le 23 septembre.

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