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Des difficultés d'approvisionnement ralentissent la recherche d'un vaccin au Canada

Le chercheur Darryl Falzarano dans son laboratoire.

Plus de 160 groupes de recherche à travers le monde, dont une équipe du VIDO-InterVac, tentent de développer un vaccin pour protéger la population de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Matthew Garand

Radio-Canada

Le Centre international de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses de l'Université de la Saskatchewan (VIDO-InterVac) admet que ses efforts pour développer un vaccin pour protéger la population de la COVID-19 sont ralentis par manque de capacité à fabriquer l'ingrédient clé nécessaire pour les essais cliniques.

Au début du mois de février, un minuscule tube a été emballé dans un conteneur scellé conçu pour résister à un accident d’avion.

L’échantillon provenait du premier cas canadien de COVID-19 et était destiné aux chercheurs du VIDO-InterVac.

À l’époque, le centre était l’un des rares laboratoires dans le monde à travailler sur un potentiel vaccin pour la COVID-19.

L’équipe fait maintenant partie de plus de 160 groupes de recherche à travers le monde qui tentent de faire la même chose.

Les vaccins mettent généralement environ une décennie avant d’être approuvés.

Le plan du VIDO-InterVac était, si les essais étaient couronnés de succès, d’être prêt à avoir un vaccin fabriqué pour des groupes cibles, tels que les travailleurs de première ligne, d’ici mars 2021.

Malgré de longues journées de travail et des premiers résultats prometteurs, l’équipe affirme qu’un manque de capacité de production ralentit leurs efforts pour un vaccin fabriqué au Canada, un détail important compte tenu des craintes face au nationalisme vaccinal qui pourrait empêcher l’accès à un vaccin qui ne serait pas fabriqué au pays.

Nous ressentons tous l’urgence et l’importance de notre travail, souligne le directeur du VIDO-InterVac Volker Gerdts.

Indépendamment des signes encourageants des premiers résultats de tests, le directeur admet que ses chercheurs sont à la merci de facteurs externes tels que la politique mondiale et la capacité de production.

Par exemple, avant de pouvoir procéder à des essais cliniques sur l’homme, le laboratoire doit mener à bien plus d’études en utilisant des matériaux de meilleure qualité que ce dont il avait besoin pour ses premiers essais sur des animaux. Mais ils attendent que les fabricants, très occupés en ce moment, les fournissent, ce qui retarde le processus.

Volker Gerdts assis dans un laboratoire de recherche. Il sourit à la caméra.

Le Dr Volker Gerdts est directeur du Centre international de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses de l'Université de la Saskatchewan.

Photo : VIDO-InterVac/Université de la Saskatchewan

Volker Gerdts estime que si le gouvernement fédéral avait accordé davantage de fonds à la création d'un site de production tel que le proposait VIDO-InterVac avant la pandémie, un vaccin canadien serait en tête de course pour être un des premiers fabriqués.

Nous avons dit au gouvernement, et je ne veux pas utiliser cela comme un blâme, mais nous avions soulevé la question du manque de préparation du Canada face aux maladies pandémiques depuis un certain temps, dit-il.

Vous devez avoir une capacité de production. Vous devez avoir la capacité de réagir rapidement, ajoute-t-il.

Pas avant juin 2021

En juin, Volker Gerdts a présenté son calendrier idéal pour passer aux essais cliniques humains, puis à la fabrication du vaccin.

Si tout se passait bien, la production devait commencer au début de l'année prochaine afin d’avoir 10 à 20 millions de doses du vaccin d’ici mars ou avril 2021. Il s’attend maintenant à ce que la production commence en juin 2021, au plus tôt.

Certains scientifiques sont déjà préoccupés par le fait que la demande mondiale pour le vaccin dépassera la capacité de production.

VIDO-InterVac est en train de construire une usine, mais elle ne devrait pas être prête avant la fin de 2021. Pour Volker Gerdts il ne fait pas de doute que cela va entraîner des retards pour son équipe.

C’est la triste réalité et c’est décevant parce que nous avions en quelque sorte prédit que cela se produirait, avance-t-il.

Le VIDO-InterVac vu de l'extérieur.

Le VIDO-InterVac abrite l'un des seuls laboratoires de recherche au Canada, notamment avec un laboratoire de confinement de niveau 3.

Photo : Radio-Canada / Matthew Garand

Andrew Casey, de BIOTECanada, qui soutient l’industrie du vaccin, explique que la capacité du Canada à produire un éventuel vaccin pour la COVID-19 dépendra du type de vaccin dont il s’agit et de sa ressemblance avec ceux qui existent déjà pour d’autres maladies.

La facilité de fabrication, ainsi que le temps et le coût pour le faire, joueront aussi un rôle, le cas échéant, à savoir quand le vaccin sera enfin disponible, précise-t-il.

Volker Gerdts tient à souligner qu’il n’est pas préoccupé par le fait que d’autres puissent fabriquer un vaccin avant le VIDO-InterVac, car le monde a besoin de plusieurs vaccins avec des capacités différentes.

Mais perdre son élan, craint-il, pourrait amener le gouvernement à investir dans d’autres vaccins qui progressent plus rapidement et qui, potentiellement, proviendraient d’entreprises internationales à l’extérieur du Canada.

Malgré tout, Volker Gerdts assure que son équipe va continuer à faire avancer ses recherches avec autant d’urgence qu’elle le fait depuis le début de la pandémie.

Volker Gerdts s’attend à ce que dès le début de l’année prochaine, certains vaccins commencent à sortir, mais il pense qu’ils pourraient ne pas être aussi efficaces que les gens le souhaitent.

Ensuite, il y aura une deuxième série de vaccins qui seront meilleurs que les premiers. Le nôtre en fera partie, promet-il.

Avec les informations d’Alicia Bridges

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