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COVID-19 : des interventions précoces plus efficaces qu’on ne le croyait, selon une étude

Deux voyageurs en provenance de Chine et portant des masques sont debout sur un escalier mécanique à l'aéroport de Seattle.

Des voyageurs en provenance de Chine arrivent à l'aéroport de Seattle.

Photo : Reuters / David Ryder

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une étude suggère que les efforts de traçage des contacts après l’apparition des premiers cas de COVID-19 aux États-Unis et en Allemagne ont porté fruit en janvier, la transmission communautaire ne prenant racine que des semaines plus tard.

Les résultats de l’étude contredisent ceux de travaux antérieurs selon lesquels le coronavirus avait continué de se transmettre dans la communauté à partir de ces premiers cas.

Le premier patient à recevoir un test positif à la COVID-19 aux États-Unis était un citoyen chinois, arrivé le 15 janvier à Seattle en provenance de Wuhan.

La santé publique a très bien répondu à ce premier cas, explique le Dr Jeffrey Joy, chercheur en génétique évolutive et en bio-informatique à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et l’un des auteurs de l’étude en question.

Malgré ça, l’épidémie a éclaté plus tard et on pensait que c’était lié à ce premier cas. L'une des choses que notre étude montre est que la réponse de la santé publique a été très efficace pour freiner cette incursion initiale du virus dans l'État de Washington, poursuit le Dr Joy. C’est en fait une introduction ultérieure, après l’entrée en vigueur de l’interdiction de voyager, qui a conduit à l'épidémie dans l'État de Washington.

L'individu qui a introduit le virus fondateur est probablement arrivé aux États-Unis [...] pendant la période où environ 40 000 résidents américains ont été rapatriés de Chine, avec un dépistage décrit comme superficiel ou laxiste, note l’article qui n'a pas encore été publié dans une revue scientifique et qui fait l’objet d’une révision par les pairs.

Des infirmiers dans un hôpital.

Des infirmiers dans un hôpital au Texas

Photo : Reuters / Callaghan O'Hare

L’importance d’agir tôt

Un scénario similaire a eu lieu en Europe, d’après les auteurs de l’étude.

Un employé de Webasto, un fournisseur pour l’industrie automobile, était venu de Shanghai pour visiter le siège social de l’entreprise en Allemagne. Au total, 16 personnes ont été infectées.

Encore une fois, il y a eu une très bonne réponse de la part de la santé publique allemande, note le Dr Joy. On pensait initialement que c’était à partir de ces cas que l’épidémie s’était diffusée en Italie, avec le résultat désastreux qu’on connaît aujourd’hui.

Les travaux de Jeffrey Joy et de son équipe montrent qu’en fait, c’est une introduction distincte du virus qui a mené à ça, affirme-t-il.

Notre étude montre vraiment l'importance des interventions précoces et comment cela peut jouer un rôle très important dans la maîtrise d'une épidémie, poursuit le scientifique. Ces interventions ont permis d’acquérir un temps précieux pour se préparer pour la suite.

Dans les deux cas, ce sont des interventions non pharmaceutiques, comme le traçage des contacts et l’isolement des personnes susceptibles d’être infectées, qui ont permis de contenir le virus.

Des femmes masquées dans un abribus.

Des Berlinoises attendent l'autobus, le 9 avril 2020.

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Occasion ratée pour les États-Unis

En réagissant promptement au premier cas, les États-Unis ont vraiment gagné du temps, selon le Dr Joy. Mais ils n’ont pas profité de ce temps, alors ils ont en quelque sorte gaspillé leur opportunité de se préparer et d’empêcher ce qui se passe actuellement.

Ils auraient pu adopter diverses interventions non pharmaceutiques qui auraient pour effet de freiner la propagation du virus, poursuit-il, citant notamment l’isolement des voyageurs qui rentraient au pays.

Pour le Dr Joy, il est important que le public ait une perception juste de la propagation du virus, incluant des détails étayés par les preuves scientifiques les plus solides possibles.

L’étude note que le fait de suggérer à tort que ces premiers cas n’ont pas été contenus efficacement pourrait fausser la perception du public et décourager des interventions hâtives pourtant cruciales.

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