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Jour du dépassement de la Terre : renversement historique grâce à la COVID-19

Ce samedi, l’humanité aura consommé plus de ressources naturelles que la Terre peut en produire en un an.

Une femme tient une boule représentant la planète dans sa main.

Le Jour du dépassement a pour but d'illustrer la consommation toujours plus rapide d'une population humaine en expansion sur une planète aux ressources limitées.

Photo : afp via getty images / TOBIAS SCHWARZ

Maud Cucchi

Le Jour du dépassement de la Terre a reculé de trois semaines sous l’effet de la COVID-19. Ralentissement industriel, baisse des déplacements, empreinte carbone atténuée...mais ce premier recul en un demi siècle ne doit pas être pris pour acquis. Bien au contraire, avertissent des experts.

Symbole environnemental de l’activité humaine sur la planète, le Jour du dépassement de la Terre marque la journée où l’humanité a épuisé toutes les ressources que les écosystèmes peuvent produire en une année.

C’est le jour à partir duquel on vit au-dessus de nos moyens, explique à RDI la professeure Alice Friser, du département des sciences administratives de l'Université du Québec en Outaouais (UQO).

Pour le dire de façon imagée, il faudrait cette année 1,6 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable.

Le jour fatidique du dépassement est généralement de plus en plus précoce : le 1er décembre en 1975, le 5 novembre en 1985, le 5 octobre en 1995, le 26 août en 2005, le 4 août en 2015, le 2 août en 2017 et le 29 juillet en 2019.

En 2020, la date tombe le 22 août, selon l'ONG à l'origine du calcul, Global Footprint Network, établie en Californie (États-Unis).

Ce renversement historique en 2020 s’explique en grande partie par les mesures de confinement généralisées et une activité économique mise sur pause pendant la pandémie, analyse-t-elle.

La diminution de la récolte de bois et des émissions de CO2 provenant de la combustion des énergies fossiles sont les principaux facteurs à l'origine du changement historique [...] de l'empreinte écologique de l'humanité, conclut l'ONG.

Comment calculer la dette écologique?

Le calcul du Jour du dépassement évolue chaque année, mais son principe reste le même : il s'agit de soustraire les ressources consommées par l'espèce humaine aux ressources renouvelables disponibles sur la planète.

On part de deux éléments, explique Alice Friser. L’empreinte écologique de la population, c’est-à-dire combien il nous faut par pays, par personne [pour se nourrir et vivre], [...] on compare cette notion-là avec celle de biocapacité, c’est-à-dire la capacité de la terre à produire des ressources qui sont renouvelables et à pouvoir absorber les déchets qui en résultent.

Pour déterminer l'impact de la pandémie sur l'empreinte carbone, Global Footprint Network a choisi de segmenter la période allant du 1er janvier au Jour du dépassement de la Terre en trois segments : janvier-mars, pour lequel l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a publié une analyse de l'énergie et des réductions d'émissions; avril-mai, où les confinements les plus restrictifs ont eu lieu; et juin-Jour du dépassement, au cours duquel le relâchement progressif des politiques de confinement était prévu.

Il n'y a pas de quoi se réjouir car ça vient avec des souffrances, ce n'est pas fait exprès, mais par une catastrophe, soulignait jeudi Mathis Wackernagel, président de Global Footprint Network lors d'un événement en ligne.

C'est comme pour l'argent: on peut dépenser plus que ce qu'on gagne, mais pas pour toujours.

Mathis Wackernagel, président de Global Footprint Network.

Accalmie avant reprise économique

Cette année plus que jamais, le Jour du Dépassement de la Terre offre une occasion sans précédent de s'interroger sur le futur que nous entendons créer, écrit Global Footprint Network dans un communiqué.

Les efforts déployés pour répondre à la COVID-19 ont démontré qu'il est possible de modifier les tendances de la consommation des ressources écologiques dans un court laps de temps, analyse l’organisme.

Certaines statistiques démontrent en effet que le transport aérien a été presque complètement arrêté, explique la professeure de l’UQO Alice Friser. Ça a un impact sur les gaz à effet de serre donc sur l’empreinte écologique, rappelle-t-elle.

Elle cite également une baisse importante de l’utilisation du charbon, mais pas seulement. Parce que les entreprises ont dû cesser leurs activités, les besoins en énergie ont été drastiquement réduits.

Mais selon Alice Friser, ces efforts accomplis ne sont que des gains temporaires, avant la reprise économique attendue: Ça ne veut pas dire qu’avec une éventuelle reprise à la rentrée ou en novembre, décembre, les calculs ne changent pas tout à fait, prévient Mme Friser.

Les gouvernements n’ont de cesse que de vouloir reprendre ce qui a été perdu.[…] Quand on voit que certains pays comme la Chine, par exemple, reprennent leurs activités économiques, quand on voit que d’autres pays comme la Russie ont trouvé le moyen de reprendre leurs activités, il est évident qu’au Canada la volonté sera la même.

Avec les informations de Agence France-Presse

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