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La pandémie comme outil d’apprentissage de la philosophie

Statue de l'empereur romain Marc Aurèle.

L'empereur romain Marc Aurèle fait partie des philosophes stoïciens importants dans l'Histoire.

Photo : Radio-Canada

Au-delà de la distanciation sociale, du masque et des détails techniques, la pandémie de COVID-19 est l'occasion parfaite pour donner un sens concret à la philosophie, d'après Matthieu Poulin-Goyer, qui enseigne la matière au Cégep de Sept-Îles.

Comme ses collègues de partout au Québec, il a dû adapter ses cours aux nouvelles réalités imposées par la COVID-19. L'enseignant a choisi de se servir des événements des derniers mois comme outil d'apprentissage.

Il y a quelque chose de profondément philosophique dans cette expérience qu’on a vécue et qu’on vit collectivement, estime-t-il. Être confiné, c'est entrer à l'intérieur de soi-même. L’extériorité nous est limitée pour toutes sortes de raisons et ça nous force à réfléchir, à réévaluer le sens et la valeur de nos activités.

Mathieu Poulin-Goyer

Matthieu Poulin-Goyer est professeur de philosophie au Cégep de Sept-Îles

Photo : collaboration Matthieu Poulin-Goyer

Avec une situation aussi concrète, les étudiants pourront comprendre plus facilement certains principes qui paraissent loin de leur réalité, espère-t-il.

Notre défi comme enseignant est d’aller faire des liens avec le concret. Ce n’est pas toujours facile, admet Matthieu Poulin-Goyer. Avec la pandémie, on a des exemples que les étudiants comprennent en une seconde.

Par exemple, il explique que le stoïcisme recèle des outils intéressants pour traverser sainement la pandémie, même si cette école de philosophie a été fondée à Athènes au début du troisième siècle avant Jésus-Christ.

Les étudiants vont probablement faire des rapprochements, dit-il.

Ils vont très bien comprendre quand on va parler du bonheur et que je vais leur dire qu’avec les stoïciens, il fallait accepter la réalité telle qu’elle est, faire ce qui dépend de soi et demeurer serein à l’égard de ce qui n’en dépend pas.

Matthieu Poulin-Goyer, enseignant de philosophie au Cégep de Sept-Îles

Éduquer son jugement

L'enseignant prévoit aussi parler en classe de droits individuels et collectifs, des anti-masques, des adeptes des théories du complot ainsi que de fausses nouvelles.

La philosophie permet de faire toute une éducation au jugement, explique-t-il. Dès le début, en philo, on voit l’art de l'argumentation et les sophismes, comment identifier la thèse, comment avoir une position critique, comment développer une objection. C’est complètement à propos!

Les trois étudiants du programme dans une classe du cégep de Sept-Îles

Des étudiants dans une classe au Cégep de Sept-Îles

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Matthieu Poulin-Goyer ajoute que le discours officiel peut être critiqué aussi. Et c’est correct de le faire, souligne-t-il.

Malgré son enthousiasme, l'enseignant ne se met pas trop de pression. La philo, des fois ça fonctionne à 17 ans, mais des fois ça va à 30, ou à 50 ans. Je peux comprendre, j’ai eu 17 ans moi aussi il n'y pas si longtemps, dit-il en riant.

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