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Constructeur international de scènes : survivre en temps de pandémie

Stageline, basé à L'Assomption, demande au gouvernement Legault de soutenir les travailleurs de l'industrie événementielle.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Le président-directeur général de Stageline, Yvan Miron, devant une scène.

La scène mobile derrière le président-directeur général de Stageline, Yvan Miron, sera bientôt expédiée à Pittsburgh aux États-Unis. En raison de la COVID-19, la ville a décidé « de faire l'acquisition d'une scène pour faire des spectacles à l'extérieur, notamment pour le théâtre et la danse ».

Photo : Radio-Canada

Les scènes de Stageline bougent au rythme des festivals et des événements de foule de la planète, mais aujourd’hui, elles sont remisées. La COVID-19 a eu raison de l’expansion de l’entreprise québécoise, qui parvient malgré tout à garder la tête hors de l’eau grâce à la fabrication et à la Subvention salariale d’urgence. La question est maintenant : pour encore combien de temps?

Vous avez sans aucun doute déjà aperçu l’un de leurs nombreux modèles de scène mobile, que ce soit à Osheaga, au Quartier des spectacles ou au Festival d’été de Québec. Vous auriez pu en voir aux Jeux olympiques de Tokyo, s’ils avaient eu lieu. Tous les artistes français et américains ont joué sur nos scènes, affirme fièrement le fondateur Yvan Miron. On est un joueur dominant, sans hésitation même le plus grand joueur au niveau du développement et de la commercialisation des scènes mobiles.

La PME de L'Assomption dans Lanaudière a conquis une cinquantaine de pays dans les trente dernières années avec ses scènes qui se déploient depuis une seule remorque grâce au pouvoir de l’hydraulique.

Aujourd’hui, les temps sont durs. Au fur et à mesure des mois, les annulations n'arrêtaient pas d'arriver. La pandémie a freiné brutalement les 150 remorques en location qui sillonnent habituellement l'Amérique du Nord. Des 1500 événements prévus, seule une centaine aura bien lieu. Des ciné-parcs, petits rendez-vous musicaux et sportifs, messes extérieures...

Des remorques, ou scènes mobiles, remisées dans la cour arrière de Stageline à L'Assomption

Des remorques, ou scènes mobiles, remisées dans la cour arrière de Stageline, à L'Assomption.

Photo : Radio-Canada

Les opérations de fabrication ont en plus ralenti de moitié. Huit commandes ont été annulées, dont trois majeures de plus d’un million de dollars, et quatre ont été reportées. L'entreprise construit annuellement 60 à 80 scènes, mais une scène de grande taille peut représenter le travail de dix petites.

Au total, des pertes de 70 à 80 % pour 2020.

M. Miron se félicite au moins d’être une entreprise verticale, c’est-à-dire à la fois concepteur, fabricant, locateur et opérateur. Si c'était uniquement la location, on serait complètement arrêté.

La compagnie peut bien supporter la tempête si on ne protège pas nos emplois, mais ce n’est pas notre philosophie.

Yvan Miron, fondateur et président-directeur général, Stageline
Une grande scène de Stageline en montage au Parc Jean-Drapeau à Montréal.

Une grande scène de Stageline en montage au parc Jean-Drapeau, à Montréal.

Photo : Stageline

Maintenir les emplois : le nerf de la guerre

Pendant notre visite, un camion blanc stationné, qui faisait autrefois office de panneau publicitaire devant l’entreprise, apparaît dans le fond de la cour arrière. Il nous rappelle combien la pénurie de main-d'oeuvre battait son plein… il y a quelques mois à peine. Nous pouvons y lire : EXASPÉRÉ DU TRAFIC? NOUS EMBAUCHONS.

Or, parmi les 200 employés, 80 auront bientôt été licenciés et ceux qui restent n’ont plus la même quantité de travail qu’autrefois. On voyage beaucoup d'une ville à l'autre, explique le technicien Alexandre Tellier. Là, de rester ici à travailler une fois de temps en temps, ce n’est pas toujours évident.

On essaie de rester positif, ajoute son collègue David Pouliot. On peut voir qu'il y a quelques festivals qui se sont passés en Europe en respectant la distanciation sociale. On espère que ça s'en vient bientôt aux États-Unis.

Stageline a bénéficié de la Subvention salariale d'urgence de 75 %, mais une nouvelle inquiétude point à l'horizon : l'aide sera réduite progressivement dès septembre et le gouvernement fédéral prévoit d'y mettre fin en décembre. Il y a un risque de pertes d'emplois et de perte d'expertise, déplore Yvan Miron.

Il interpelle le premier ministre québécois, ironiquement en visite dans l'entreprise un mois avant le grand confinement, pour que ce dernier apporte un soutien afin de maintenir le lien d'emploi entre les employeurs et leurs travailleurs.

Ce qu'on demande au gouvernement, c'est de considérer que c'est important de protéger les gens qui travaillent derrière la scène dans notre industrie.

Yvan Miron, fondateur et président-directeur général, Stageline

Le modèle d’affaires de Stageline, qui repose sur la tenue de grands événements publics, ne pourra tenir à long terme sans changements importants dans les mesures sanitaires. Comme dans de nombreux secteurs, un vaccin contre le coronavirus pourrait assurer une reprise des activités. On reste optimiste, assure M. Miron. On reste réaliste et on planifie pour savoir comment on va pouvoir passer à travers.

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