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Disparition d'une jeune Autochtone au Cap-Breton : l'absence d'alerte Amber est critiquée

L'écusson de la GRC sur l'épaule d'une agente.

La GRC a expliqué que la disparition de l'adolescente ne remplit pas tous les critères pour déclencher une alerte Amber.

Photo : Reuters / Shannon VanRaes

Geneviève Normand

Pendant que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) continue ses recherches aériennes et terrestres pour tenter de retrouver l'adolescente autochtone disparue depuis plus d'une semaine en Nouvelle-Écosse, de plus en plus de voix critiquent la réponse policière.

Le manque à l'appel de la jeune Autochtone a fait l'objet d'une alerte d'urgence jeudi dans la province, mais aucune alerte Amber n'a été lancée.

Pour cette raison, une pétition circule maintenant en ligne, et cette dernière a déjà recueilli plus de 15 000 signatures.

Cette situation démontre que les femmes et filles autochtones ne sont pas valorisées ni importantes, affirme la présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, Lorraine Whitman.

C'est une mineure qui ne peut pas donner son consentement, insiste Mme Whitman. Elle a été en famille d'accueil. Qu'elle ait apporté des vêtements ou qu'elle soit partie de son gré, elle n'a pas donné son consentement. C'est une enfant. Une alerte Amber aurait dû être émise, sans aucun doute.

Lorraine Whitman s'est rendue à l'île du Cap-Breton cette semaine pour appuyer les membres de la communauté micmaque, qui ont organisé bénévolement leurs propres recherches pour retrouver l'adolescente.

Elle juge la situation inacceptable, d'autant que la disparition des femmes et des filles autochtones au Canada a fait l'objet d'une enquête nationale ces dernières années.

Le chef de la Première Nation We'koqma'q se dit lui aussi très préoccupé pour l'adolescente.

Selon lui, Darcy Doyle, l'homme avec qui elle se trouve, est extrêmement dangereux. Rod Googoo souligne que le conseil de bande a interdit au quadragénaire d'entrer au sein de la communauté, le 15 mai dernier.

La réponse policière à cette disparition le rend furieux. Je vais déposer des plaintes, mais pour l'instant, ma priorité, c'est de retrouver cette enfant saine et sauve, signale le chef Googoo.

Je suis très fâché qu'une alerte Amber n'ait pas été déclenchée la journée où elle est disparue. Oui, elle est partie, mais en même temps elle est mineure et elle ne peut pas se défendre. C'est aux adultes de veiller sur elle. Elle est avec un homme de 47 ans.

Rod Googoo, chef de la Première Nation We'koqma'q

L'alerte Amber n'aurait pas été justifiée, dit la GRC

La GRC répond que l'enquête en cours ne permet pas de croire que cette disparition constitue un enlèvement.

La disparition de la jeune fille ne remplit pas tous les critères pour déclencher une alerte Amber, explique la porte-parole de la GRC en Nouvelle-Écosse, la caporale Lisa Croteau.

Pour que les corps policiers déclenchent une alerte Amber, les critères suivants doivent être présents :

  • l’enfant disparu a moins de 18 ans;
  • les policiers ont des motifs de croire que l’enfant disparu a été victime d’un enlèvement;
  • les policiers ont aussi des motifs de croire que la sécurité physique et la vie de cet enfant sont en danger;
  • les policiers possèdent suffisamment d’informations qui permettent de localiser l’enfant, le suspect ou son véhicule.

Si elle ne remplit pas les critères, j'aimerais bien qu'on m'explique lesquels, dit le chef Googoo. Elle a 14 ans! Si on dit qu'elle est partie volontairement, j'aimerais bien savoir quelle en est la preuve.

Peut-être que c'est parce que la couleur de sa peau n'est pas de la bonne couleur? Peut-être que c'est parce qu'elle n'est pas blanche? Est-ce que c'est ça, le critère manquant?, demande-t-il.

Les faits parlent d'eux-mêmes. Montrez-moi la preuve que ceci n'est pas du racisme systémique. Disons que ce n'était pas une enfant autochtone. Dans les mêmes circonstances, disons qu'elle était non autochtone et que son nom de famille était McDonald ou McNeill. Et disons qu'elle était partie avec un homme autochtone de 47 ans avec un passé criminel, ne pensez-vous pas que la réponse aurait été différente?

Rod Googoo, chef de la Première Nation We'koqma'q

La police a poursuivi ses recherches sur le terrain vendredi. Le chef Rod Googoo parle d'une importante présence policière dans le secteur boisé de Canoe Lake, au Cap-Breton.

L'escouade canine a été déployée et des hélicoptères de la GRC et du ministère des Terres et des Forêts survolent également le secteur.

Les recherches se déroulent depuis le 13 août, la journée où l'adolescente a été vue pour la dernière fois.

La GRC a aussi affirmé par communiqué avoir localisé un véhicule tout-terrain et un site de camping, jeudi après-midi, ce qui fait croire aux enquêteurs que le duo se déplace à pied.

Les enquêteurs demandent à quiconque aurait de l’information sur la disparue de communiquer avec la GRC au 902 379-2822 ou avec Échec au crime au 1 800 222-8477.

La jeune fille mesure 1,55 m (5 pi 1 po) et pèse environ 45 kg (100 lb). Elle a un tatouage de rose sur l’avant-bras gauche et peut porter des lunettes.

Darcy Doyle mesure environ 1,82 m (6 pi) et pèse environ 86 kg (190 lb). Il a les cheveux noirs, les yeux bruns, une barbe et une moustache.

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