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Crise des opioïdes : un médecin prône la décriminalisation de la consommation de drogues

Une seringue, des pilules et de la poudre.

Les cinq dernières années, la Colombie-Britannique a eu le plus haut taux de mortalité au Canada à cause des morts par surdose dues à l'utilisation de drogues illicites.

Photo : Shutterstock / Chirachai Phitayachamrat

La décriminalisation de la consommation de drogue, l’accès sécuritaire à des opioïdes et le redéploiement de ressources coercitives vers des programmes de santé et de services sociaux sont nécessaires pour faire face à la crise des surdoses mortelles au pays, selon le Dr Mark Tyndall, professeur à l'école de santé publique de l'Université de la Colombie-Britannique.

Ce dernier appelle à un changement radical dans l’approche adoptée vis-à-vis de l’épidémie de surdoses, dans un commentaire du lecteur paru dans le Journal de l’Association médicale canadienne lundi.

Il réagit ainsi à des données publiées par des collègues dans ce même journal qui concluent que du fentanyl et des stimulants non prescrits ont été à l'origine de la plupart des surdoses mortelles en Colombie-Britannique entre 2015 et 2017.

L'idée entourant la décriminalisation de drogues illicites fait du chemin au pays. Le mois dernier, l'Association canadienne des chefs de police (ACCP) appelait à la décriminalisation de la possession simple de drogues illégales. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a appuyé l’idée tout en soulignant qu'il revenait au gouvernement fédéral d'adopter une telle mesure.

Les drogues illicites responsables de la majorité des surdoses

Dans leur article, les chercheurs rappellent qu'au départ la crise des surdoses a été attribuée à l'abus des opioïdes prescrits. Toutefois, ils soulignent que le taux de mortalité lié aux drogues illicites ont plus que quadruplé entre 2014 et 2018, notamment en raison de l'ajout du fentanyl aux drogues illicites sur le marché. Dans les cinq dernières années, la Colombie-Britannique a eu le plus haut taux de mortalité au Canada à cause de l’utilisation de drogues illicites.

Avec des organisations de professionnels de la santé qui produisent des recommandations pour réduire la prescription d'opioïdes et d’autres substances contrôlées, comprendre la contribution relative des substances prescrites et des substances obtenues de manière illicite dans les surdoses est important pour développer des programmes efficaces afin de réduire la mortalité liée aux surdoses, écrivent-ils.

Une approche à revoir

Dans son commentaire, le Dr Tyndall souligne que l’approche prohibitive qui se concentre à réduire l’accès aux produits pharmaceutiques contribue à alimenter la crise puisque les consommateurs de drogues se tournent alors vers le marché illicite, ce qui les met à risque de surdose.

L’utilisation de drogue est largement déterminée par la demande de gens qui cherchent à se soigner eux-mêmes pour gérer des traumatismes, de la douleur physique, émotive, de l’isolement, des maladies mentales ou d’autres problèmes personnels, et ce sont ces personnes qui font des surdoses.

Selon lui, des milliers de Canadiens ont dû choisir entre acheter de la drogue sur le marché noir ou s'abstenir de consommer. Pour plusieurs, l’abstinence n’est pas une option, fait-il valoir.

Il conclut que sans changement important dans la manière dont elle est gérée, la crise des opioïdes ne s'apaisera pas.

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