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L’appel aux champs a porté fruit en Abitibi-Témiscamingue

Une jeune femme sourit, penchée dans un champ.

Sarah-Eve Coutu-Godbout est allée travailler au champ cet été.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

L’appel lancé par le premier ministre François Legault en avril pour inciter les Québécois à aller travailler dans les champs a porté fruit.

À la ferme maraîchère Les Jardins Tomates & Camomille de Rouyn-Noranda, qui produit de nombreux fruits et légumes pour les gens de la région, le recrutement a été beaucoup plus facile cette année.

On avait postulé pour avoir un travailleur mexicain parce que ces décisions se prennent pratiquement toujours un an d’avance, puis cet hiver on voyait bien que les démarches avaient pris du retard en raison de la pandémie entre autres, donc c’était incertain si on allait le recevoir, affirme la copropriétaire, Kamylle Béchard-Plourde, qui a finalement décidé d’embaucher six travailleurs et travailleuses de la région.

On pensait avoir beaucoup de difficultés à recruter puis finalement je pense que l’appel du premier ministre Legault a vraiment eu un impact positif. On a eu beaucoup de candidatures, beaucoup plus que d’habitude et même beaucoup de bénévolat aussi, ajoute Kamylle Béchard-Plourde.

Une serre remplie de plants de tomates.

Les Jardins Tomates & Camomille ont pu embaucher six travailleurs cet été.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Parmi ses employés, il y a Sarah-Ève Coutu Godbout, une jeune femme de Rouyn-Noranda bien connue pour ses performances de hockeyeuse. Elle jouera d’ailleurs au niveau professionnel l’an prochain à Toronto.

Celle qui vient de compléter des études universitaires en entrepreneuriat a senti le besoin de faire sa part.

J’ai vu le message de notre premier ministre puis c’est certain que je voulais aider ma communauté et pas juste être sur la PCU. Je savais que je pouvais aider autour de moi et surtout localement, affirme la jeune femme.

Elle croit d’ailleurs que les jeunes s’intéressent de plus en plus à ce secteur d’activités.

J’ai de mes amis qui me disent “ça l’air vraiment le fun ce que tu fais“, alors je dirais qu’il y a de l’intérêt pour les jeunes de notre âge de faire ça pour l’été, ajoute Sarah-Ève Coutu-Godbout.

Cet engouement a permis de combler tous les besoins de main-d’oeuvre dans la région, selon l’Union des producteurs agricoles

La copropriétaire de la ferme GéliJean à Nédelec, Nancy Gélinas, a aussi été en mesure de pourvoir tous ses postes cet été.

La majorité sont toutefois des étudiants, alors elle cherche ardemment de nouveaux employés pour les mois de septembre et octobre.

En maraicher, on est comme dans le pic des récoltes, ça fait beaucoup de travail et ça tombe toujours un peu mal, c’est pour ça qu’on veut se tourner vers la main-d’oeuvre étrangère pour avoir quelqu’un au moins qui reste jusqu'à la fin de la saison l’an prochain.

Cette année, la campagne de recrutement J’y vais sur-le-champ permettait aux travailleurs d’obtenir 100 $ de plus par semaine.

Un champ de courgettes.

Les travailleurs étrangers étant limités par la pandémie, des Québécois sont allés au champ.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

68 personnes de l’Abitibi-Témiscamingue ont profité de l’incitatif pour ceux qui travaillaient au minimum 25 heures par semaine dans les champs.

Je pense que ça donne un pouvoir de recrutement un petit peu plus grand de dire vous allez venir “vous arracher le coeur ici au salaire minimum“ versus de leur dire “vous avez aussi accès à un bonus de 100 $ de plus par semaine“, c’est certain que c’est quelque chose qui était vraiment apprécié, affirme Kamylle Béchard-Plourde.

On faisait des blagues, nos confrères qui ont d’autres fermes, en disant que nos employés vont être payés presque plus que nous, c’est un petit peu la réalité, mais on était très content, ajoute en riant Kamylle Béchard-Plourde, qui souhaite que cette mesure et d’autres qui ont été mises en place pour la pandémie puissent se poursuivre pour les prochaines années.

Je pense que ce serait un geste vraiment concret pour encourager l’économie locale, la souveraineté alimentaire, aussi de se dire que le dollar qu’on investit ici dans un travailleur local bien il reste ici, il ne repart pas nécessairement au Mexique.

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