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Les chauves-souris géantes d’Australie sont de véritables nomades

Deux « Pteropus poliocephalus » accrochées à un arbre dans une forêt de Melbourne.

Deux « Pteropus poliocephalus » accrochées à un arbre dans une forêt de Melbourne

Photo : iStock

Radio-Canada

Les plus imposantes chauves-souris d’Australie, qui appartiennent au genre Pteropus et qui sont communément appelées « renards volants », réalisent de longs déplacements pouvant atteindre 6000 kilomètres par an.

Cette distance, de loin la plus importante parmi les mammifères terrestres, est proche de celles parcourues par certaines baleines et certains oiseaux migrateurs.

Les renards volants d’Australie comptent parmi les plus grands mammifères aptes au vol actif, par opposition au vol passif ou plané, puisqu’ils sont capables de battre des ailes.

Une chauve-souris « Pteropus poliocephalus » en vol.

Une chauve-souris « Pteropus poliocephalus » en vol

Photo : iStock

Les travaux du zoologiste Justin Welbergen et de ses collègues de l’université occidentale de Sydney montrent que ces animaux sont très mobiles, contrairement à ce qu’on pensait jusqu’à maintenant.

Repères

  • Quatre espèces du genre Pteropus se trouvent en Australie : le renard volant à tête grise, le petit renard volant, le renard volant à lunettes et le renard volant noir.
  • Herbivores, ces espèces se nourrissent de pollen, de nectar ou de fruits.
  • Elles mesurent de 30 à 50 cm et ont une envergure de 1,5 à 1,7 m. Elles pèsent de 1 à 1,5 kg.

Ces nouvelles connaissances laissent penser que ces espèces de chauves-souris participent à la propagation des semences et du pollen essentiels aux écosystèmes forestiers fragmentés d’Australie.

Cependant, cette grande mobilité pourrait aussi faciliter la transmission de maladies aux humains.

Pour arriver à établir les habitudes migratoires de ces mammifères volants, les chercheurs ont analysé les déplacements de 201 individus à l’aide de satellites dans l’est de l’Australie, pendant une période allant jusqu’à cinq ans.

Des représentants de trois espèces ont été suivis, dont 109 renards volants à tête grise (Pteropus poliocephalus), 80 renards volants noirs (Pteropus alecto) et 12 petits renards volants rouges (Pteropus scapulatus).

Les données recueillies ont permis de dénombrer un total de 755 sites de perchage, dont plus de la moitié n’étaient pas connus.

Un groupe de « Pteropus poliocephalus » suspendu aux branches d'un arbre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un groupe de « Pteropus poliocephalus »

Photo : iStock

L’un de ces sites, le jardin botanique de Hervey Bay, a été visité par des individus des trois espèces. Les animaux ont parcouru des milliers de kilomètres liant ces perchoirs chaque année.

Par exemple, un renard volant à tête grise a franchi au moins 12 337 km et visité 123 perchoirs de 37 zones pendant une période de 1629 jours, rapportent les scientifiques dans un communiqué diffusé par l’université.

Nos conclusions indiquent que les perchoirs des renards volants font partie d’un réseau de relais qui fournissent des abris temporaires à des individus extrêmement mobiles errant de façon nomade dans une grande partie de l’Australie orientale.

Justin Welbergen

Ainsi, plutôt que de suivre une route saisonnière, les renards volants semblent se déplacer au hasard, fort probablement en fonction de l’éclosion d’espèces florales.

Ces animaux aident ainsi à connecter les forêts fragmentées par le feu ou l’activité humaine, affirment les chercheurs.

Cette réalité contraste avec la représentation traditionnelle du perchoir, vu comme le foyer d’une population résidante toujours composée des mêmes individus .

Nous savons depuis longtemps que les renards volants ont la capacité de parcourir de longues distances. Cependant, l’ampleur des déplacements entre les perchoirs que notre étude a montrés indique que le nomadisme est en fait un aspect fondamental de leur biologie, explique Justin Welbergen.

Le chercheur estime que cette connaissance nécessite une réévaluation de la manière dont ces animaux fascinants sont gérés et protégés.

De plus, si cette grande mobilité a des implications importantes sur le rôle des renards volants en tant que diffuseurs de graines et de pollen dans la nature, elle montre aussi que des actions de gestion localisées des espèces peuvent se répercuter sur l’ensemble des aires de répartition.

Ainsi, les efforts de conservation doivent être coordonnés et mis en œuvre dans toute l’Australie pour protéger ces espèces importantes sur le plan écologique, mais menacées, affirment les auteurs de ces travaux publiés dans la revue BMC Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Le saviez-vous?

  • S’ils sont couramment appelés chauves-souris, ces mammifères placentaires se nomment officiellement chiroptères (Chiroptera en latin).
  • Il existe 1400 espèces de chauves-souris.
  • Parmi les mammifères, seuls les rongeurs (Rodentia) comptent plus d'espèces (environ 1700).

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