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Un Montréalais de 19 ans succombe à la COVID-19

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Portrait de Don Béni Kabangu Nsapu.

Le reportage de Sébastien Desrosiers

Photo : gofundme

Radio-Canada

Le nouveau coronavirus a fait sa plus jeune victime québécoise depuis le début de la pandémie.

Don Béni Kabangu Nsapu, 19 ans, est mort le 16 août de complications dues à la COVID-19, a confirmé à Radio-Canada le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Selon nos informations, la victime habitait la région de Montréal et était originaire du Congo (RDC). Le jeune homme avait reçu l'an dernier le prix de l'élève-athlète masculin de niveau secondaire ayant démontré une persévérance scolaire et sportive.

Son état de santé s'est détérioré après la quarantaine prescrite, a expliqué son père Alain Lukinda Nsapu : Il avait un peu de fièvre, on l’a emmené à l’hôpital, l’hôpital nous a dit que c’était la COVID, on nous a mis en quarantaine, et on a fait les 14 jours. [...] C’est à la fin de la troisième semaine que la chose s’est empirée. On a emmené l’enfant à l’hôpital, 9 jours [après] il est décédé.

Sa disparition a provoqué stupeur et incompréhension au sein de sa communauté. Stéphane Kalonga, son ancien coach de soccer à l’École secondaire de la Pointe-Aux-Trembles de 2017 à 2019, l'a décrit comme un garçon exemplaire, très poli et très courtois.

Le foot, en salle, c'est très demandant au niveau de l'énergie, confirme le coach. Il était prêt, apte, c'était un joueur très en forme. [...] Il avait plein de rêves et tout s'est arrêté comme ça.

Portrait de Lionel Kiangala.

Lionel Kiangala a grandi avec Don Béni Kabangu Nsapu; ils se considéraient « comme des frères », dit-il.

Photo : Radio-Canada / via Facetime

Lionel Kiangala, l'un de ses amis proches, peine toujours à y croire. Le jeune homme a tenu à raconter en visioconférence combien cette tragédie l'a profondément ébranlé. J’étais au courant qu’il était atteint par le corona, témoigne-t-il. Mais quand on m’a dit qu’il était sous respiration artificielle, j’ai réalisé que c’était vraiment sérieux. Je ne pensais pas que ça allait l’emmener dans cet état-là. J'ai commencé à avoir peur et à stresser.

En offrant ses condoléances à la famille endeuillée, François Legault a réitéré l'importance de suivre les recommandations de la santé publique lors d'une conférence de presse, vendredi après-midi. On est en train de procéder à l’autopsie, mais c’est troublant, inquiétant, et ça vient confirmer – malgré [ce que soutiennent] certains groupes complotistes [...] – que les jeunes ne sont pas à l’abri. Donc, portez le masque, c’est sérieux.

Même cri du cœur d'Olivia Sandra Ganyou Fanmoé, une connaissance de la jeune victime, qui rappelle que le respect des mesures sanitaires reste vital pour tous. Il faut vraiment être vigilant, insiste-t-elle. Peu importe ce qu’on pense de la pandémie, il faut avouer que le virus existe quand même et bien se protéger.

Portrait d'Olivia Sandra Ganyou Fanmoé.

Selon Olivia Sandra Ganyou Fanmoé, une connaissance de Béni Kabangu Nsapu, cette tragédie montre qu'il faut continuer à rester vigilant face au virus.

Photo : Radio-Canada

Don Béni Kabangu Nsapu est la première victime de la COVID-19 de moins de 20 ans au Québec – la seconde au Canada.

Le taux d'infection chez les jeunes de moins de 30 ans a pratiquement doublé dans la province depuis le 1er mai, passant de 13,6 % à 22,9 %, alors qu'au Canada, il a grimpé de 16,9 % à 23,8 %.

Un phénomène mondial

Ce que ce décès-là nous montre, c'est que la maladie peut frapper n'importe qui à n'importe quel âge, affirme Cécile Tremblay, médecin microbiologiste au CHUM.

Des cas comme celui-ci sont rarissimes, dit-elle, mais le virus guette bel et bien les jeunes, plus susceptibles de se retrouver dans des fêtes et des rassemblements.

Ce que l'on voit, c'est que dans la deuxième vague – ou bien l'entre-vagues – de la pandémie, partout sur la planète, c'est le même scénario qui se passe : c'est vraiment des personnes plus jeunes qui sont infectées, remarque la Dre Tremblay.

En entrevue à Tout un matin, la Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue, pédiatre, épidémiologiste et médecin responsable de l'unité de prévention et contrôle des infections au CHU Sainte-Justine, se veut rassurante tout en conseillant la prudence.

Le risque de décès chez les plus jeunes est énormément moindre que chez les plus âgés, mais il n’est pas à zéro.

La Dre Caroline Quach

Il n’y a pas beaucoup de cas d’enfants admis à l’hôpital Sainte-Justine à cause de la COVID-19, indique la Dre Quach. Depuis le début de la pandémie, on en a eu 62, et depuis plus d’une semaine, on n’a pas d’hospitalisation, explique-t-elle.

La Dre Quach s’attend à plus de transmission du virus avec la réouverture des écoles et la reprise des contacts et des activités.

Elle rappelle toutefois que les enfants ont besoin d’être éduqués. Ils ont besoin de voir leurs amis. Et le risque de maladie pour eux est très faible.

Le message passera par TikTok

À quelques jours du retour en classe, Ottawa cherche à cibler davantage les jeunes dans sa stratégie de communication autour de la COVID-19. L'Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada ont annoncé vendredi matin une campagne de sensibilisation destinée au jeune public et qui a déjà été expérimentée avec des groupes cibles.

Celle-ci se déclinera dès la semaine prochaine sur les réseaux sociaux comme TikTok et YouTube et fera appel à de jeunes influenceurs. Pour Patty Hajdu, la ministre fédérale de la Santé, il s'agit surtout de sensibiliser une tranche de la population au sein de laquelle les contaminations se multiplient et qui, nonobstant le faible taux de décès, reste un important vecteur de transmission communautaire.

C'est difficile pour les jeunes Canadiens de rester chez eux [...] de renoncer à sortir avec des amis. [...] Il est aussi normal qu'ils résistent aux messages qui leur disent qu'ils sont aussi à risque de contracter la COVID-19, a souligné la ministre, rappelant que les experts ont beaucoup dit que cette maladie est surtout dangereuse pour les personnes âgées et les patients présentant des comorbidités.

Nous sommes peut-être sur une pente descendante, mais c'est un marathon, a affirmé la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada. Considérer de nouvelles idées et améliorer la façon dont nous communiquons, c'est important.

Toutes deux ont adressé leurs condoléances à la famille de Don Béni Kabangu Nsapu, laquelle a organisé une collecte de fonds, en ligne, pour le financement des funérailles.

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Avec les informations de Sébastien Desrosiers

Avec les informations de La Presse canadienne

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