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Loi spéciale réclamée à Québec pour mettre fin à la grève au port de Montréal

Des entreprises de la région subissent des contrecoups du conflit de travail qui sévit dans la métropole.

Un cargo au large du port de Montréal.

Les activités au port de Montréal sont fortement ralenties par la grève des débardeurs.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

La Corporation des parcs industriels du Québec (CPIDQ) réclame l’adoption d’une loi spéciale pour mettre fin au conflit de travail qui paralyse le port de Montréal depuis une dizaine de jours. Elle craint que ce nouvel écueil ne porte un coup fatal à certains de ses membres, déjà aux prises avec d’importantes difficultés économiques.

Chaîne d’approvisionnement interrompue, retards des livraisons, annulation de commandes, augmentation des coûts de production : les entreprises de la grande région de Québec commencent déjà à faire les frais de la grève des débardeurs du port de Montréal.

À titre d’exemple, la compagnie Structure d’acier Turgeon, basée à Saint-Narcisse-de-Beaurivage, a dû débourser entre 30 000 $ et 40 000 $ supplémentaires pour s’approvisionner en petites pièces d’acier auprès de fournisseurs canadiens.

En temps normal, l’entreprise importe les pièces nécessaires à l’assemblage de ses structures d'acier d’Algérie, de Tunisie ou d’Italie. En raison de la grève, les conteneurs en provenance de ces pays n’ont pu être acheminés à Montréal.

On doit se tourner vers des matières premières à coût plus élevé qui sont ici, au Canada, en Ontario et au Québec, explique René Turgeon, président de Structure d’acier Turgeon.

Des conteneurs stockés dans le port de Montréal.

Des conteneurs à destination de Montréal ont été réacheminés vers d'autres ports du Canada et des États-Unis.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

On va arrêter de jouer à la mère

Le président du conseil d’administration de la CPIDQ, Pierre Dolbec, fait remarquer que le conflit de travail au port de Montréal survient après la grève au Canadien National (CN), l’automne dernier, et les blocages ferroviaires du début d’année.

Autant d’événements qui ont eu des conséquences sur les entreprises que représente sa corporation. Et c’est sans compter, poursuit le président, les répercussions de la crise sanitaire liée à la COVID-19. C’est la raison pour laquelle il demande au gouvernement fédéral de légiférer pour mettre fin à la grève des débardeurs.

C’est une loi spéciale que ça prend, ça finit là. On va arrêter de jouer à la mère. Avec ces trois affaires-là [grève au CN, blocages ferroviaires et grève au port de Montréal], combinées à la pandémie, je ne comprends même pas comment ça se fait que nos entreprises survivent et fonctionnent encore, lance Pierre Dolbec en entrevue à l’émission C’est encore mieux l’après-midi.

Pierre Dolbec accorde une entrevue dans son bureau.

Le président de la Corporation des parcs industriels du Québec, Pierre Dolbec

Photo : Radio-Canada

Ottawa sous pression

L’homme d’affaires soutient que le conflit de travail a des répercussions au Québec, au Canada et même aux États-Unis, pays vers lequel se dirige une proportion importante des conteneurs transitant par le port de Montréal. Dans ce contexte, la pression exercée sur Ottawa pour adopter une loi spéciale risque de s'accentuer.

Il va falloir qu’ils mettent leurs culottes et là, je ne suis plus tout seul à le demander. Les associations le demandent, le provincial le demande, le gouvernement de l’Ontario le demande et les Américains commencent à mettre de la pression, observe Pierre Dolbec.

Il ajoute que la grève des débardeurs a mis en évidence la dépendance des entreprises de Québec envers le port de Montréal. Le président du conseil d’administration de la CPIDQ y voit une raison supplémentaire d’appuyer le projet de construction d’un terminal de conteneurs au port de Québec.

C’est un projet qui est obligatoire pour Québec [...] On va arrêter de dépendre exclusivement du port de Montréal, s'enthousiasme Pierre Dolbec.

Avec la collaboration de Guylaine Bussière

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