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« J'accepte cette nomination » : Joe Biden, officiellement candidat démocrate contre Trump

Entre espoir et urgence d'agir, le candidat a prononcé un discours engagé pour la clôture de son investiture.

Joe Biden en gros plan

Joe Biden a attendu le dernier quart d'heure de la convention pour livrer son discours d'acceptation de sa nomination comme candidat démocrate.

Photo : Associated Press / Andrew Harnik

Maud Cucchi

Dans le discours le plus important de sa carrière politique, Joe Biden a accepté sa nomination comme candidat démocrate à la présidentielle américaine. Il s'est positionné en rassembleur éclairé en vue du scrutin du 3 novembre.

Une Amérique sans capitaine sensé, pétrifiée de peur et meurtrie en pleine pandémie et un candidat aussi providentiel que chevronné et empathique. Ainsi s'est présenté Joe Biden lors de la clôture de la convention virtuelle, à Milwaukee, au Wisconsin.

L'ancien vice-président qui s'exprimait depuis sa ville de Wilmington, dans le Delaware, a formellement annoncé en fin de soirée qu’il acceptait d’être le candidat démocrate à la présidentielle américaine, avec la sénatrice de la Californie Kamala Harris comme colistière. Une voix puissante pour cette nation. Son histoire est l'histoire américaine, a tenu à souligner Joe Biden pour défendre ce duo complémentaire et aux antipodes de la gouvernance américaine en place.

Le président actuel a trop longtemps plongé l'Amérique dans l'obscurité. Trop de colère, trop de peur, trop de division. Ici et maintenant, je vous donne ma parole : si vous me confiez la présidence, je ferai appel au meilleur d'entre nous, et non au pire. Je serai l'allié de la lumière, pas des ténèbres. Il est temps pour nous – pour nous le peuple – de nous rassembler, a déclaré le candidat démocrate dans un discours d'une trentaine de minutes, soucieux de rallier les électeurs de tous bords.

C'est le travail d'un président. De nous représenter tous, pas seulement notre base ou notre parti. Ce n'est pas un moment partisan. Ce doit être un moment américain, a-t-il proclamé.

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Portrait de Joe Biden

Le Delaware, l’État Biden

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Réformes nécessaires

L'ancien vice-président d'Obama a souligné le caractère exceptionnel de cette période où déferlent quatre crises historiques, toutes en même temps. Une tempête parfaite, et où se juxtaposent pandémie de coronavirus, lutte contre les changements climatiques, crise économique et mouvements de justice raciale.

Serons-nous la génération qui effacera enfin la tache du racisme de notre histoire nationale? Je pense que nous sommes à la hauteur. Je pense que nous sommes prêts, a-t-il lancé, qualifiant le meurtre de George Floyd de point de rupture éventuel.

Je défendrai toujours nos droits de la personne et la dignité.

Joe Biden

Dans ce contexte de tensions multiples, il a affirmé qu'il réformera le système de soins de santé et celui de l'éducation en les rendant plus abordables, et qu'il œuvrera pour une meilleure égalité sociale, s'il est élu.

Gagner pour les travailleurs qui font vivre ce pays, et pas seulement pour les quelques privilégiés au sommet. Gagner pour les communautés qui ont connu l'injustice du "genou sur la nuque". Pour tous les jeunes qui n'ont connu qu'une Amérique où les inégalités se creusent et les chances s'étiolent, a-t-il affirmé.

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Les moments marquants de la convention démocrate

Joe Biden a promis de s'atteler en premier lieu à la gestion de la pandémie. Nous ne pourrons jamais remettre notre économie sur les rails, nous ne pourrons jamais ramener nos enfants à l'école en toute sécurité, nous ne retrouverons jamais nos vies, tant que nous n'aurons pas géré ce virus, a-t-il fait valoir.

Il a évoqué la mise en place de tests rapides aux résultats disponibles sans attente, mais aussi le recours à des fournitures médicales fabriquées aux États-Unis et la réhabilitation du discours scientifique souvent décrédibilisé par Donald Trump.

Les faits chiffrés lui ont servi de levier pour dégainer ses critiques contre ce dernier sans toutefois le nommer expressément : cinq millions d'Américains contaminés à la COVID-19, plus de 170 000 décès liés au virus, plus de 50 millions de demandes de chômage et 10 millions de citoyens qui perdront leur assurance maladie dans l'année, a-t-il énuméré.

Aucune rhétorique n'est nécessaire, il suffit de juger ce président sur les faits.

Joe Biden, candidat démocrate à la présidentielle

Il s'en est pris à Donald Trump sans ménagement en l'accusant de placer ses propres intérêts avant ceux des Américains.

Ce que nous savons de ce président, c'est que s'il a quatre ans de plus, il sera ce qu'il a été ces quatre dernières années, un président qui ne prend aucune responsabilité, refuse de diriger, blâme les autres, se rapproche des dictateurs et attise les flammes de la haine et de la division.

Entre ferveur et cri d'espoir

Un portrait élogieux de Joe Biden présenté comme le sauveur de la démocratie américaine a précédé son discours d'investiture sur un mode entièrement virtuel, laissant peu de place au hasard si ce n'est quelque décalage de connexion entre les interventions filmées.

Donnez la chance à notre pays de guérir, a dit Andrew Yang, un ancien candidat démocrate devenu chroniqueur pour la chaîne CNN, avant de laisser la parole à Julia Louis-Dreyfus.

Elle porte une robe blanche et sourit.

L'actrice Julia Louis-Dreyfus a participé à la convention démocrate.

Photo : Reuters

L'actrice engagée dans des événements de collecte de fonds pour le Parti démocrate a appelé les Américains à voter dans une présentation non dénuée de sarcasme, peu après 21 h. Cet appel au vote est ensuite devenu un cri de ralliement décliné à tour de rôle par les invités dans leurs courtes vidéos.

Si nous votons tous, il n’y a rien que Facebook, Fox News et Poutine puissent faire pour nous arrêter.

Julia Louis-Dreyfus, animatrice et actrice

Le groupe The Chicks ainsi que John Legend et le rappeur Common ont ponctué musicalement la soirée retransmise en ligne sur le site de la convention démocrate.

Sous le thème La promesse de l'Amérique, le programme de clôture des quatre jours de convention a fait alterner interventions d’invités militants, performances musicales, hommages et témoignages familiaux pour mener, à 22 h 45, au discours de Joe Biden, qui a officiellement accepté son investiture, votée mardi, lors de la deuxième soirée de la convention.

La soirée décrite par nos correspondants à Washington :

Cliquez ici pour suivre la couverture en direct sur Androïd (Nouvelle fenêtre)

Nous avons protesté pour la justice, nous nous sommes rassemblés dans nos rues pour exiger le changement. Et maintenant, nous devons transmettre le cadeau que John Lewis a sacrifié pour nous, nous devons nous inscrire et nous devons voter, a déclaré Keisha Lance Bottoms, mairesse d'Atlanta, en présentant un hommage à John Lewis, figure emblématique de la non-violence et des droits civiques aux États-Unis décédé le 17 juillet dernier.

Donald Trump avait d'ailleurs refusé de saluer son cercueil, exposé en haut des marches du Congrès.

Plusieurs ont souligné l'humanité de Joe Biden hors caméra, notamment l'ancien chirurgien général des États-Unis. Le Dr Vivek Murthy a également dénoncé le manque de leadership de Donald Trump pour combattre la pandémie de COVID-19.

Michael Bloomberg avec l'index levé.

Michael Bloomberg, l’ex-maire de New York, considère que Donald Trump a fait du mauvais travail à la tête des États-Unis.

Photo : Reuters

Joe Biden a été appuyé par ses anciens rivaux démocrates à l’investiture Cory Booker, Pete Buttigieg, Amy Klobuchar, Beto O’Rourke, Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Andrew Yang. Ils se sont exprimés tour à tour en visioconférence.

Il a de l'empathie, il est honnête et raisonnable, tout ce dont le pays a besoin, a reconnu son ancien rival Bernie Sanders, avant de laisser la parole à Michael Bloomberg, l’ex-maire de New York, qui s'était retiré des primaires démocrates en mars.

Je ne vous demande pas de voter contre Trump parce c'est un mauvais gars, mais parce qu'il a fait du mauvais boulot, a lancé Michael Bloomberg.

Le soigneux dosage entre les intervenants selon leur sexe, leur âge et leur origine ethnique a visé à sceller l'unité au sein du parti. Pour se rapprocher de ses électeurs et casser son image de politicien de carrière, Joe Biden n'a pas hésité à mettre à l'honneur de vraies gens, conviant également un jeune bègue à s'exprimer, rappelant que le candidat démocrate a dû apprendre à surmonter son bégaiement.

Portrait de Brayden Harrington

Pendant la dernière soirée de la convention démocrate, Brayden Harrington a partagé son admiration pour Joe Biden qui a su surmonter son bégaiement.

Photo : Reuters / POOL

Attaques contre Trump

À quelques heures de son discours fort attendu, le futur candidat a donné le ton de la soirée en critiquant Donald Trump et sa gestion de la pandémie sur Twitter : Donald Trump n’est pas responsable de la COVID-19, mais il l’est pleinement dans l’échec de la réponse nationale.

Le président américain n'a pas attendu le discours d'investiture de Joe Biden en soirée pour dénoncer son rival tout au long de la journée, lors d'un rassemblement en Pennsylvanie et sur son compte Twitter.

Si vous voulez vous représenter la vie sous une présidence Biden, imaginez les ruines fumantes de Minneapolis, l'anarchie violente de Portland et les trottoirs tachés de sang de Chicago dans toutes les villes d'Amérique, a-t-il dit en préambule au discours attendu de Joe Biden.

Sur son compte Twitter, Donald Trump a multiplié les angles d'attaque, économique, patriotique et judiciaire, pour déstabiliser son futur adversaire en multipliant les phrases-chocs.

Destinés à unifier le parti autour de la personne de Joe Biden, les rendez-vous de la convention démocrate ont beaucoup parlé de Donald Trump. Au cours des quatre journées programmées, plusieurs intervenants de renom ont sonné l'alarme contre lui au nom de la démocratie.

En coup d'envoi du rassemblement virtuel, Michelle Obama a dénoncé lundi le manque total d'empathie de l'actuel président américain. Elle a été secondée mercredi par son époux, Barack Obama, qui a déploré le fait que Donald Trump ne prenne pas au sérieux la fonction qu'il occupe.

L'ex-secrétaire d'État Hillary Clinton avait, à son tour, invité les citoyens américains à aller voter à l'élection de novembre pour éviter des lendemains houleux et incertains.

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