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À défaut de pouvoir faire un déficit, Montréal reverra « certaines dépenses »

M. Dorais regarde ses feuilles lors d'une conférence de presse.

En tant que président du comité exécutif, Benoit Dorais est le grand responsable du budget de la Ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Même si les consultations prébudgétaires ne sont pas terminées, l'administration Plante exclut d'emblée la possibilité de hausser les taxes au-delà de l'inflation. Elle examinera plutôt différents scénarios afin d'équilibrer ses finances – tout en se croisant les doigts pour recevoir un coup de pouce de Québec ou d'Ottawa.

C'est ce qu'a expliqué jeudi le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Benoit Dorais, en marge d'une conférence de presse concernant un investissement fédéral-provincial dans les infrastructures d'eau.

Conscient du fait que le gouvernement Legault montre peu d'ouverture à sa demande d'élaborer un budget déficitaire pour 2021, M. Dorais a fait preuve de réalisme en ce qui a trait aux solutions de rechange qui se présentent à lui.

Hausser les taxes au-delà de l'inflation? La question figure parmi les options proposées ces jours-ci aux Montréalais. Or, ça m’étonnerait beaucoup que, dans les consultations prébudgétaires, les gens choisissent cette option, a laissé tomber M. Dorais. Au contraire, les gens nous ont indiqué qu’on devrait revoir certaines dépenses, a-t-il affirmé.

Pas mal tout est sur la table, sauf le fait d'augmenter les taxes au-delà de l'inflation.

Benoit Dorais, président du comité exécutif de la Ville de Montréal

En l'absence d'une aide financière suffisante des autres ordres de gouvernement, le président du comité exécutif laisse entendre que la fréquence de la collecte des ordures ménagères pourrait passer d'une fois par semaine à deux fois par mois, comme l'a évoqué mercredi le nouveau plan directeur de gestion des matières résiduelles de l'agglomération de Montréal.

La sécurité publique pourrait également être mise à contribution, a-t-il indiqué.

La Ville pourrait en outre demander des aménagements dans les conventions collectives, a poursuivi M. Dorais. Plusieurs des employés municipaux fonctionnant déjà en télétravail, la Municipalité pourrait en profiter pour se débarrasser de baux onéreux et rapatrier certains services au sein de son propre parc immobilier, a-t-il illustré.

La COVID-19 a fait mal aux finances de la Ville de Montréal, qui a déjà procédé à des compressions de 123 millions de dollars en avril. Au rythme actuel, les pertes dues à la pandémie pourraient s'approcher des 300 millions, a insinué M. Dorais, jeudi.

Laforest souffle le chaud et le froid

Quelques minutes plus tôt, la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest, qui participait à la même conférence que M. Dorais, avait reconnu à demi-mot que son gouvernement n'envisageait pas de modifier la loi pour permettre aux municipalités de faire des déficits.

On n’a pas le droit d’adopter des budgets déficitaires; ça, c’est dans la loi, et puis on ne peut pas adopter des budgets déficitaires, a-t-elle répété. Par contre, il y a des municipalités qui vont peut-être faire des déficits.

Pour venir en aide aux villes en difficulté, son gouvernement s'est plutôt engagé à rembourser certaines dépenses reliées, par exemple, aux camps de jour, ou à compenser la baisse de revenus des sociétés de transport en commun. À elle seule, l'ARTM anticipe un manque à gagner de près de 870 millions de dollars sur trois ans.

Parce qu’on ne veut pas changer la loi complètement, mais en même temps on comprend qu’il y a eu beaucoup de pertes de revenus dans les municipalités, a déclaré la ministre Laforest, qui avait déjà indiqué la veille, lors de l’étude des crédits budgétaires, que son gouvernement ne [voulait] pas que les municipalités fassent de déficit.

Andrée Laforest répond aux questions de la presse.

Andrée Laforest semble peu ouverte à modifier le cadre réglementaire qui permettrait aux villes d'enregistrer des déficits.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Sa collègue Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, était pour sa part beaucoup moins catégorique mercredi, a relevé la mairesse Valérie Plante jeudi en marge d'une annonce sur la réouverture du Biodôme.

On a eu des informations contradictoires [et] on va parler avec elles, a mentionné la première magistrate de Montréal, qui a précisé que les pourparlers se poursuivaient entre son administration et le gouvernement de la CAQ pour obtenir de l'aide directe ou la permission de faire un déficit.

Si on ne nous donne aucun moyen, si on ne nous donne ni argent ni mécanisme pour s’en sortir, il me reste trois options, a expliqué la mairesse : monter les taxes, couper les services, ou les deux. Mais moi, ce n’est pas ce que je veux, et je pense qu’il n’y a aucun Québécois ni aucun Montréalais qui souhaitent en arriver à ça.

Le chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, Lionel Perez, dit pour sa part comprendre dans les réponses de Mme Laforest que Québec ne permettra pas à Montréal de présenter un budget déficitaire en novembre prochain.

Québec, a-t-il tweeté jeudi, prend la décision responsable en interdisant à Montréal de faire un déficit. L’administration Plante-Dorais a prouvé être incapable de gérer les fonds publics, étant la plus dépensière de l’histoire de Montréal. Projet Montréal veut s’accorder un passe-droit en tirant avantage de la pandémie.

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