•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’agriculture au menu de la campagne électorale au Nouveau-Brunswick

Des légumes poussant dans un champ.

Les trois chefs ont promis d'être plus à l'écoute des besoins des agriculteurs (archives).

Photo : Radio-Canada

Marie-Ève Brassard

Au quatrième jour de la campagne électorale au Nouveau-Brunswick, trois chefs de partis ont concentré leurs annonces sur des enjeux liés à l'agriculture et au développement des régions rurales. Ils divergent quant aux solutions proposées.

Les verts proposent de créer un ministère des Affaires rurales

De passage à Hartland, le chef du Parti vert, David Coon, a promis de créer un ministère des Affaires rurales si son parti remporte les élections. Il souhaite accorder plus d’importance aux questions sociales, économiques et environnementales en milieu rural. Selon lui, cette réalité échappe à ses homologues du Parti progressiste-conservateur et du Parti libéral.

Quand j'écoute M. Higgs et M. Vickers, ils ne comprennent pas les communautés rurales. Ils ne semblent pas comprendre les agriculteurs. Ils ne comprennent tout simplement pas que les populations rurales subissent le plus gros des conséquences de la crise climatique, a affirmé David Coon, cité dans un communiqué de son parti.

David Coon a fait cette annonce devant le fleuve Saint-Jean, dont le niveau a baissé par endroits au point de révéler le lit du cours d’eau. La sécheresse actuelle illustre, selon lui, l’importance de créer ce ministère.

Un banc de sable émerge au milieu du cours d'eau.

Les eaux du fleuve Saint-Jean ont baissé au point de révéler des hauts-fonds, comme ci-dessus.

Photo : CBC/Shane Fowler

La hauteur de la nappe phréatique est si basse que les familles avec de jeunes enfants rationnent leur eau, évitent de faire la lessive et la vaisselle. Et les agriculteurs avec lesquels j'ai parlé sont très, très inquiets. Les niveaux d'eau sont à leur plus bas depuis plus de 50 ans. Ce n'est pas une simple anomalie statistique. C'est la réalité moderne du changement climatique à laquelle sont confrontés les habitants des régions rurales du Nouveau-Brunswick, a souligné David Coon.

Les libéraux veulent augmenter le budget du ministère de l’Agriculture

Contrairement à ce qu’a affirmé M. Coon, le libéral Kevin Vickers dit très bien comprendre la réalité des agriculteurs, puisqu’il a lui-même grandi aux côtés d’un père qui était producteur laitier. Je veillerai à ce que les agriculteurs ne soient jamais oubliés. Je suis conscient des luttes que vous menez chaque jour. Je les ai vécues et je sais, pour avoir été un jeune homme impliqué auprès des producteurs laitiers de cette province, les nombreuses incertitudes auxquelles vous êtes confrontés au quotidien, a-t-il dit lors d’une conférence de presse jeudi matin à Drummond, dans le nord-ouest de la province.

Kevin Vickers en conférence de presse à l'extérieur devant un champ.

Kevin Vickers a promis de bonifier le budget du ministère de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches de cinq millions de dollars.

Photo : Radio-Canada

Il était de passage dans la région pour annoncer qu’un gouvernement libéral augmenterait immédiatement le budget du ministère de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches de 5 millions de dollars, ce qui ferait passer à 45,1 millions de dollars la somme attribuée à ce ministère.

Concrètement, l’argent serait utilisé pour aider les agriculteurs en difficulté financière. Le plan libéral prévoit que le gouvernement rachètera de ces agriculteurs certaines terres et que des ententes de location seront conclues avec eux pour leur permettre de continuer leur production agricole et même de la bonifier.

M. Vickers a souligné à plusieurs reprises le rôle important que jouent les agriculteurs, en les qualifiant notamment de pierres angulaires du pays. Il a dit vouloir utiliser le système d’éducation pour revaloriser la profession d’agriculteur.

Le chef du Parti libéral en a aussi profité pour décocher une attaque à Blaine Higgs au passage, lui reprochant d’avoir laissé sur la table des centaines de millions de dollars dont les Néo-Brunswickois auraient pu profiter.

M. Vickers a affirmé que le Nouveau-Brunswick était la province canadienne qui avait été la moins généreuse face à ses citoyens pour les aider à traverser la crise occasionnée par la pandémie. Même Terre-Neuve-et-Labrador, dont les finances sont dans un état plus difficile, a investi davantage par habitant que le Nouveau-Brunswick, a-t-il déploré.

Des promesses qui s’inscrivent dans la continuité

De son côté, le chef du Parti progressiste-conservateur (PPCNB) Blaine Higgs a déclaré qu’il poursuivrait la mise en oeuvre de son plan d’action pour la sécurité alimentaire de la province afin de rendre le Nouveau-Brunswick plus autosuffisant.

Blaine Higgs en conférence de presse à l'extérieur devant un bâtiment vitré.

Blaine Higgs a souligné l'importance de la souveraineté alimentaire pour le Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

La pandémie a révélé l’état de dépendance entre la province et les marchés internationaux pour s’approvisionner en nourriture, et un futur gouvernement devrait remédier à cette situation, selon M. Higgs.

« Bien que nous soyons autosuffisants en ce qui concerne la volaille et les produits laitiers, et que nous soyons des leaders mondiaux de la production des pommes de terre, des fruits de mer et des bleuets, nous avons constaté une dépendance excessive à l’égard d’autres types de fruits et légumes frais, ainsi que de certaines viandes. »

— Une citation de  Blaine Higgs, chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick

S’il est élu, le PPCNB désire pallier cette situation de dépendance en trois temps.

Premièrement, en se concentrant sur la production agricole toute l'année grâce à la culture d’aliments en environnement contrôlé et à l’intérieur, notamment dans des serres. Une étude de faisabilité est en cours et devrait être achevée en septembre, a assuré Blaine Higgs.

Deuxièmement, en faisant la promotion des aliments locaux et en s’assurant que les hôpitaux et les écoles de la province s’approvisionnent à des producteurs locaux.

Et troisièmement, en formant davantage de main-d’oeuvre destinée au domaine agroalimentaire, parce que le manque d’employés qualifiés est une grande vulnérabilité de l'approvisionnement alimentaire de la province, a déclaré M. Higgs.

Le chef a notamment fait référence aux difficultés vécues par les agriculteurs au début de la saison, alors que les travailleurs étrangers temporaires étaient interdits d'accès sur le territoire. Cette mesure, d’ailleurs mise en place par le gouvernement de Blaine Higgs pour empêcher la propagation de la COVID-19, a ensuite été annulée, ce qui a permis au milieu agricole de pousser un soupir de soulagement.

Christian Michaud en entrevue à l'extérieur.

Christian Michaud est copropriétaire de la Ferme Michaud.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hugues

Christian Michaud, copropriétaire de la Ferme Michaud située dans les environs de Bouctouche, s’était déplacé pour écouter ce que le leader progressiste-conservateur avait à dire. J’aurais fait la même chose si c’était Kevin Vickers [...] même si ça avait été David Coons, a dit l’entrepreneur pour expliquer sa présence à l'événement.

Lorsqu’il a été interrogé sur la mesure qui aiderait le plus le milieu agricole, il n’a pas fourni de réponse précise, en grande partie parce que les problèmes viennent de plusieurs bords, selon lui.

Ça prend un engagement des gouvernements, pas de différence quelle couleur qu’il est, a réclamé M. Michaud.

Encore une fois, Blaine Higgs n’a pas précisé le coût associé aux promesses mises de l’avant jeudi.

Il a expliqué qu’elles s’inscrivent dans la continuité du plan que son gouvernement avait déjà mis sur pied avant la pandémie. Nous avons mis un budget de l’avant en mars. C’était un plan qui présentait un certain nombre d'initiatives [...] il était clair sur ce que nous allions dépenser en tant que province. Nous avons maintenu ce budget pendant la COVID, a déclaré M. Higgs en ajoutant que les Néo-Brunswickois ont besoin de stabilité avant tout.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !