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Les cégeps de Montréal veulent favoriser « au maximum » la présence en classe

Tous les étudiants qui ont des cours pratiques vont devoir se présenter en classe au moins une fois au cours de leur session.

Une femme travaille sur son ordinateur, assise à une table, dans un couloir où il n'y a personne d'autre.

Le Regroupement des cégeps de Montréal assure être prêt à offrir toute la formation aux étudiants pour la session d'automne, malgré les défis posés par la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En dépit des défis posés par la COVID-19, les directions des cégeps de Montréal se disent prêtes pour la rentrée scolaire, à l'automne prochain, et assurent faire tout en leur pouvoir pour permettre aux étudiants de suivre leurs cours en classe.

Difficile pour les représentants du Regroupement des cégeps de Montréal, qui rassemble 12 établissements francophones et anglophones, de déterminer le pourcentage exact d'étudiants qui devront poser le pied en classe cet automne.

On pourrait risquer un pourcentage. De façon générale, peut-être autour de 30 %, a avancé jeudi Nathalie Vallée, directrice générale du Collège Ahuntsic.

Au sein de son établissement, 3500 des 7500 étudiants, soit au-delà des 30 % évalués, devront se présenter à l'école à un moment donné ou un autre dans la semaine, a-t-elle donné à titre d'exemple.

Elle se refuse toutefois à dire que, par conséquent, 70 % des étudiants devront suivre toute leur session à distance. Sur les 55 000 étudiants inscrits dans les cégeps de Montréal, ce chiffre semble exagéré, a-t-elle nuancé.

Il ne faut pas se laisser piéger par une question de pourcentage, s'est empressé de préciser Richard Fillion, directeur général du Collège Dawson. Le 30 % est apparu dans le décor quelque part au mois de juin quand l’ex-ministre de [l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge] nous a lancé ça à travers son plan de rentrée.

Le 30 %, c’est une abstraction, dans la mesure où notre intérêt, notre effort est de permettre au maximum aux étudiants de venir [en classe].

Une citation de :Richard Fillion, directeur général du Collège Dawson 

Concrètement, tous les étudiants qui ont des cours pratiques devront se présenter en classe au moins une fois au cours de leur session.

La superficie et la disposition des locaux propres à chaque établissement peuvent influencer le nombre d'étudiants qui pourront suivre leurs cours en classe. Mais la plus grande variation sera observée entre les programmes qui sont théoriques et ceux qui ont des laboratoires, a précisé Stéphane Godbout, directeur général du Regroupement des cégeps de Montréal.

Les programmes techniques, ça va être essentiellement en présence avec les règles de distanciation sociale, a-t-il poursuivi.

Pour les autres programmes, on parle de classes hybrides, soit de cours qui se feront en majeure partie à distance, tout en permettant aux étudiants d'avoir des contacts avec leurs enseignants.

Pour cet automne, le Regroupement évalue qu'environ 6000 étudiants devront se présenter en classe pour faire leurs examens finaux, selon la nature du cours.

Il y a des évaluations qui peuvent se faire — et qui se sont toujours faites — sans présence en classe, a souligné M. Fillion.

Enjeu d'horaires

Depuis la fin mars, les directions de cégep s'affairent à préparer la session d'automne.

Plusieurs classes ont dû être équipées avec la technologie nécessaire pour permettre à l'enseignant de présenter sa matière à la fois en classe, mais aussi en ligne.

Des exercices ont été menés pour tenter d'identifier les cours qui devront se dérouler en personne, particulièrement dans le cas de programmes qui sont davantage théoriques. Bien que la matière de certains cours se prête mieux à l'enseignement à distance, d'autres nécessitent des échanges en personne.

Les enseignants ont été appelés à identifier des périodes dans le semestre où ils pourront accueillir leurs étudiants dans les classes du collège, mais en nombre réduit pour respecter les consignes de santé publique, a expliqué M. Fillion.

Et avec la technologie, ce sera possible de suivre ce cours aussi en ligne, pour ceux qui ne pourront venir en raison du nombre réduit, et d’avoir accès à la matière, a-t-il ajouté.

Les limites sont celles qui nous sont imposées par la santé publique et on doit pondérer beaucoup de facteurs.

Une citation de :Richard Fillion, directeur général du Collège Dawson

Un autre défi identifié : celui d’accommoder les étudiants qui ont un cours en classe, suivi d'un cours en ligne. Il faut s'organiser pour leur permettre d'avoir accès à un lieu où ils vont pouvoir s’asseoir et suivre leur cours à distance, a expliqué M. Fillion.

Nous sommes très conscients que ce sera une rentrée hors du commun, a ajouté Mme Vallée, se disant consciente de la nécessité d'un contact pour les étudiants de 1re année, fraîchement arrivés du secondaire.

Des journées d’accueil seront organisées afin de préparer l’arrivée des nouveaux étudiants, dans le but de faciliter la transition.

Nous croyons que les étudiantes et les étudiants doivent choisir d'étudier cet automne, a affirmé Mme Vallée. Nous aurons besoin de nos diplômés plus que jamais après cette crise.

Rentrée difficile à l'horizon

Malgré les efforts mis de l'avant pour permettre une rentrée aussi pertinente que sécuritaire, pour reprendre les mots du Regroupement des cégeps de Montréal, la reprise des cours sera complexe.

Il faut faire face à la réalité, a réagi Caroline Quesnel, présidente du syndicat de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec affiliée à la CSN.

Le son de cloche qu’on a de nos membres dans les cégeps, c’est que partout, la rentrée va être difficile, a-t-elle déclaré, en entrevue à RDI.

Certains enseignants n'auront pas la chance de voir leurs propres étudiants pendant des semaines, ce qui représente en soi d'importants défis pédagogiques, a souligné la présidente de la FNEEQ-CSN.

Nos profs sont dévoués, [mais] on est en train de mettre un pansement sur une hémorragie, a résumé Mme Quesnel.

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