•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Arabie saoudite exclut tout accord avec Israël sans paix avec les Palestiniens

Après un long silence, l’Arabie saoudite s’est exprimée sur l’accord entre les Émirats arabes unis et Israël.

Portrait des dirigeants regroupés tout juste avant la photo officielle du sommet.

Donald Trump en compagnie du roi Selman Ben Abdelaziz d'Arabie saoudite et le cheikh Mohammed Ben Zayed El Nahyan d'Abou Dhabi, lors du sommet américano-arabo-islamique

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Agence France-Presse

L'Arabie saoudite a exclu mercredi de nouer des relations avec Israël avant la conclusion d'un accord de paix israélo-palestinien, refusant ainsi de suivre l'exemple de son voisin, les Émirats arabes unis.

Les Émirats arabes unis sont le premier pays du Golfe à normaliser les liens avec l'État hébreu, en vertu d'un accord annoncé le 13 août et conclu sous l'égide des États-Unis.

Dans une première déclaration officielle concernant cet accord, le chef de la diplomatie saoudienne Fayçal ben Farhane a jugé nécessaire de parvenir à une paix entre les Palestiniens et Israël sur la base des accords et résolutions internationaux avant une normalisation entre Riyad et l'État hébreu.

Une fois que cela sera réalisé, tout sera possible, a dit le prince Fayçal lors d'une conférence de presse à Berlin, réitérant la position saoudienne à ce sujet.

La Jordanie et l'Égypte, qui partagent des frontières avec l'État hébreu, ont été les deux premiers pays arabes à signer un traité de paix avec Israël.

En 2002, l'Arabie saoudite avait pris l'initiative d'un plan de paix arabe qui prévoit le retour d'Israël aux frontières de 1967 et la création d'un État palestinien en échange de la reconnaissance de l'État hébreu par les pays arabes.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères a de nouveau qualifié d'illégale la politique d'annexion unilatérale d'Israël, qui est dommageable à la solution à deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

Allié d'Israël et de l'Arabie saoudite, le président américain Donald Trump, qui a négocié l'accord entre les Émirats et l'État hébreu, a déclaré que les dirigeants des deux pays le signeraient à la Maison-Blanche dans les prochaines semaines.

Les Émirats ont assuré que cet accord prévoyait mettre fin à toute annexion supplémentaire de territoires palestiniens en Cisjordanie. Or, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a pour sa part affirmé que l'annexion était simplement reportée.

Appui du bout des lèvres

Le prince Fayçal s'est voulu prudemment optimiste, soulignant à propos de cet accord que tout effort pour stopper la menace d'annexion serait perçu comme positif.

En Cisjordanie occupée, l'Autorité palestinienne a dénoncé l'accord et écrit à l'Arabie saoudite pour lui demander de faire pression sur les Émirats arabes unis.

D'après les analystes, le royaume saoudien et Israël se livrent depuis des années à une danse tranquille pour bâtir furtivement des relations sur la base d'une animosité partagée contre l'Iran, un rapprochement favorisé par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

De son côté, Benyamin Nétanyahou a fait état de discussions pour permettre aux vols entre Israël et les Émirats arabes unis de traverser l'espace aérien saoudien.

Le risque de perdre une position

Or, la position de l'Arabie saoudite, première économie du monde arabe et gardien des deux lieux les plus saints de l'islam, est plus délicate que celle des Émirats arabes unis.

Un établissement de liens formels avec Israël serait perçu comme une trahison par les Palestiniens et les défenseurs de leur cause, mais il porterait aussi préjudice à l'image du royaume saoudien comme chef de file du monde arabo-musulman.

L'idée que l'Arabie saoudite soit la prochaine à normaliser ses relations avec Israël est exagérée, estime Aziz Alghashian, professeur à l'Université de l'Essex, spécialisé dans les relations du royaume avec Israël.

Le plus gros obstacle face à une telle normalisation n'est pas la crainte d'une réaction dans le pays ou la région, souligne-t-il à l'Agence France-Presse.

Mais l'Arabie saoudite juge nécessaire de ne pas normaliser les relations hors du contexte de l'Initiative de paix arabe, qui appelle au règlement de la question palestinienne, si elle veut toujours être perçue comme leader du monde arabe et musulman, explique-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !