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Pas de tarification des déchets à Montréal avant 2025

La mesure sera toutefois « étudiée » en vue d'une mise en application ultérieure.

Un immense tas d'ordures entassés devant un immeuble.

Le reportage d'Eve Caron

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L'administration Plante n'imposera pas à court terme la « taxe verte » proposée par la commission chargée de se pencher sur le nouveau Plan directeur de gestion des matières résiduelles de l'agglomération montréalaise.

La mesure d'écofiscalité, basée sur le modèle « pollueur-payeur », sera toutefois étudiée en vue d'une mise en application ultérieure, apprend-on en consultant ledit plan, adopté par le comité directeur de la Ville de Montréal mercredi matin.

L'écofiscalité fait partie du plan, a précisé la responsable de la transition écologique Laurence Lavigne Lalonde lors d'un point de presse tenu plus tard dans la journée. Seulement, a-t-elle expliqué, nos objectifs sont pour 2030, [alors que] ce plan-là, c'est pour la première moitié, soit 2020-2025.

« Ce qu'on dit, c'est qu'on va travailler sur l'écofiscalité pendant ce temps-là, mais on ne va pas l'implanter. »

— Une citation de  Laurence Lavigne Lalonde, responsable de la transition écologique au comité directeur de la Ville de Montréal

L'imposition avant 2025 d'une « taxe verte », voulant que chaque ménage montréalais soit tarifé en fonction du poids de ses déchets, avait été suggérée par la Commission permanente sur l'eau, l'environnement, le développement durable et les grands parcs en mai dernier.

Presque toutes les autres recommandations de la Commission ont été incluses dans le nouveau Plan directeur de gestion des matières résiduelles (PDGMR) de l'agglomération.

Des bacs bruns partout sur l'île d'ici 2025

Le nouveau PDGMR confirme par ailleurs la volonté de l'administration Plante d'étendre, au cours des cinq prochaines années, la collecte des matières organiques à tous les immeubles de neuf logements ou plus. À l'heure actuelle, seuls les immeubles de huit logements et moins y ont accès.

L'implantation du service de compostage dans les grands immeubles de Montréal se heurte toutefois à un ennemi insoupçonné : la COVID-19.

La Ville voulait mener cette année des projets pilotes dans quatre arrondissements – Ville-Marie, le sud-ouest, Saint-Laurent et Montréal-Nord –, mais la pandémie a interrompu les opérations de communication et de sensibilisation des locataires et des propriétaires.

Ce travail se fait généralement en partenariat avec les écoquartiers et d'autres types d'organismes, mais présentement, c'est plus difficile à faire, a expliqué Jean-François Parenteau, responsable des services aux citoyens au comité directeur.

Vers une collecte bimensuelle des ordures ménagères

L’extension de la collecte des matières organiques aux immeubles de neuf logements et plus pourrait par ailleurs entraîner une réduction de la fréquence de la collecte des ordures ménagères, prévient l'administration.

C'est le cas depuis 2016 dans l'arrondissement de Saint-Laurent, où les camions ne passent plus que deux fois par mois au lieu d'une fois par semaine. Le maire Alan De Sousa est satisfait du résultat : au fil des ans, dit-il, ses services ont remarqué une baisse significative des ordures ménagères au profit des matières compostables ou recyclables.

Le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, Karel Ménard, encourage de telles initiatives.

La matière organique, les pommes, les oranges, les bananes... c'est peut-être la matière qui cause le plus de problèmes dans un dépotoir, dit-il. C'est de l'eau en majorité, c'est lourd et c'est une matière qui crée des gaz à effet de serre, du méthane, et comme c'est de l'eau, ça crée du lixiviat, le jus de poubelle toxique qui coule dans les nappes phréatiques.

La Ville de Montréal prévoit cesser complètement d'enfouir ses déchets au plus tard en 2030.

Dans son plan présenté mercredi, elle réitère en outre son intention de bannir les plastiques à usage unique, mais le règlement, promis pour 2020, continue de se faire attendre. Mme Lavigne Lalonde aimerait le voir adopté au plus tard l'an prochain.

Avec la collaboration d'Ève Caron et de Benoît Chapdelaine

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