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Convention démocrate : Kamala Harris exhorte les États-Unis à tourner la page Trump

Barack Obama a prononcé, à 75 jours du scrutin, un sévère réquisitoire contre le président Trump.

Kamala Harris parle dans micro sur une tribune.

La colistière de Joe Biden, Kamala Harris, a dénoncé l'absence de leadership de Donald Trump.

Photo : Associated Press / Carolyn Kaster

Associated Press

Officiellement investie mercredi par les démocrates comme colistière de Joe Biden, Kamala Harris a appelé les États-Unis à vaincre Donald Trump lors d'une élection où, selon Barack Obama, la démocratie est en jeu.

Nous méritons beaucoup mieux!, a lancé, déterminée, la sénatrice de Californie, 55 ans, qui pourrait le 3 novembre écrire un nouveau chapitre de l'histoire américaine en devenant la première femme à accéder à la vice-présidence.

Dénonçant le chaos permanent, l'incompétence et la cruauté, cette ancienne procureure générale, fille d'un père jamaïcain et d'une mère indienne, a appelé à la mobilisation pour éviter un nouveau revers, après celui – inattendu – d'Hillary Clinton en 2016.

L'absence de leadership de Donald Trump a coûté des vies au pays, a-t-elle lancé, évoquant la pandémie de COVID-19 qui a fait plus de 170 000 morts aux États-Unis.

Il n'y pas de vaccin contre le racisme, nous devons faire le travail, a-t-elle ajouté dans un discours truffé d'anecdotes personnelles, avant qu'un Joe Biden tout sourire ne vienne la rejoindre sur scène – en respectant la distanciation physique.

La convention démocrate, organisée cette année totalement en ligne en raison de la COVID-19, doit s'achever jeudi avec le discours de Joe Biden, qui, à 77 ans, près d'un demi-siècle après son entrée politique, brigue la présidence de la première puissance mondiale.

Sévère réquisitoire de Barack Obama

Le visage grave, Barack Obama a prononcé, à 75 jours du scrutin, un sévère réquisitoire contre le milliardaire républicain qui lui a succédé à la Maison-Blanche le 20 janvier 2017.

Barack Obama debout devant un pot de fleurs.

L'ancien président démocrate Barack Obama a déploré le fait que Donald Trump ne prenne pas au sérieux la fonction qu'il occupe.

Photo : Associated Press

J'ai espéré, pour le bien de notre pays, que Donald Trump puisse montrer l'envie de prendre son rôle au sérieux, qu'il puisse ressentir le poids de la fonction, a affirmé M. Obama, nettement plus jeune que les deux candidats en lice, mais déjà retraité de la politique.

Mais, il ne l'a jamais fait, a ajouté M. Obama, troisième ex-président à soutenir Joe Biden à la convention après Bill Clinton et Jimmy Carter.

Les conséquences de cet échec sont graves : 170 000 Américains morts, des millions d'emplois perdus, nos pires instincts libérés, a-t-il ajouté depuis Philadelphie, accusant son successeur d'avoir utilisé la présidence comme un show de télé-réalité de plus.

Pendant le discours de Barack Obama, Donald Trump a multiplié les tweets colériques, en lettres majuscules, accusant en particulier son prédécesseur de l'avoir espionné pendant sa campagne.

Quelques heures plus tôt, après la diffusion d'extraits du discours, il avait déjà répliqué avec force.

Quand j'entends cela et que je vois l'horreur qu'il nous a laissée, la stupidité des accords qu'il a conclus..., avait-il réagi. Regardez comme il était mauvais, à quel point il fut un président inefficace.

L'appel de Hillary Clinton

Le locataire de la Maison-Blanche a aussi ironisé sur Hillary la crapule, surnom moqueur dont il affuble Mme Clinton, avant même la diffusion de son discours.

Hillary Clinton assises dans un salon devant une lampe.

Hillary Clinton a invité les citoyens américains à aller voter à l'élection de novembre pour éviter des lendemains décevants.

Photo : Associated Press

L'ex-candidate malheureuse, qui a échoué il y a quatre ans à devenir la première présidente des États-Unis, a elle aussi pris la parole lors de cette étrange convention sans public.

Depuis quatre ans, les gens me disent : "Je n'avais pas réalisé combien il était dangereux" [...] ou pire "J'aurais dû voter", a-t-elle déclaré, appelant à un sursaut pour éviter que les lendemains de l'élection ne soient, une nouvelle fois, ceux de la déception et des regrets.

En face, Donald Trump continue à jouer l'effet de contraste avec celui qu'il surnomme Sleepy Joe en multipliant les déplacements, du Wisconsin à l'Arizona.

L'effacement de M. Biden, la rareté de ses sorties de son domicile et le fait qu'il n'organise pas de conférences de presse sont devenus l'un des principaux arguments des républicains pour tenter d'affaiblir ce grognard de la politique qui caracole en tête des sondages.

Cette dichotomie reflète le point de déchirement actuel de la société américaine.

Celle-ci est tiraillée entre l'appel du camp Trump à reprendre les activités dans un pays qui serait de nouveau en plein essor économique, et de l'autre le camp démocrate qui décrit un exécutif dépassé par la crise sanitaire et dont la précipitation supposée aggraverait le chaos.

En attendant le discours de Biden

Familier des gaffes et suscitant des interrogations sur sa forme physique, M. Biden sera donc attendu au tournant pour son discours.

Plan rapproché de Joe Biden.

Le discours de Joe Biden doit clôturer la convention démocrate jeudi soir.

Photo : Associated Press / Matt Rourke

Juste avant lui s'exprimera Pete Buttigieg, un ex-candidat à la primaire démocrate et étoile montante incarnant la relève.

La convention nationale républicaine, très largement virtuelle et revue à la baisse, se tiendra, elle, la semaine prochaine.

M. Trump prononcera son discours en direct depuis la Maison-Blanche. Ses adversaires lui reprochent de brouiller les lignes entre ce qui relève de sa fonction et ce qui s'inscrit dans sa campagne.

Reste la question, qui revient tous les quatre ans, de l'impact de cette avalanche de discours des deux camps prononcés en quelques jours.

Dans une Amérique scindée en deux où le discours politique atteint parfois un niveau d'agressivité inouï, Barack Obama a lui-même reconnu les limites de l'exercice.

Je suis bien conscient du fait que, dans une époque marquée par autant de divisions, la plupart d'entre vous ont déjà fait leur choix, a-t-il admis.

Avant de s'adresser à ceux qui seraient tentés de s'abstenir, ou qui auraient un doute. Et de faire l'éloge de Joe Biden, louant longuement son empathie.

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