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Abandon du trambus : un frein au développement du secteur Maizerets?

Un plan large d'un petit centre commercial, avec un grand stationnement presque vide

Les Galeries de la Canardière

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Un important projet immobilier sera lancé dans la prochaine année sur le site des Galeries de la Canardière, dans le secteur Maizerets. De l’avis même du propriétaire du centre commercial, l’abandon du trambus pourrait cependant avoir un impact sur la suite des choses.

« Le potentiel des Galeries de la Canardière est très important », s’emballe Robert Wiseman au bout du fil.

Le président d’Econo-Malls, propriétaire du centre commercial depuis une dizaine d’années, ne manque pas d’ambition pour le secteur Maizerets.

D’ici l’été 2026, il souhaite bâtir 3 immeubles à logements dans les stationnements du centre commercial à l’angle du boulevard Sainte-Anne et de l’avenue D’Estimauville. Au total, environ 430 unités locatives sont prévues. Cette première phase du projet doit débuter l’été prochain. Le premier bâtiment sera livré en juin 2022.

Les différentes phases du projet immobilier.

Les différentes phases du projet immobilier.

Photo : Radio-Canada / Ville de Québec

L’ajout d’une offre résidentielle s’inscrit dans une toute nouvelle vision pour les Galeries de la Canardière. La vocation du site est appelée à évoluer.

Robert Wiseman, président d'Econo-Malls

Selon le zonage municipal en vigueur, les bâtiments peuvent s’élever à une hauteur de 30 mètres, mais le gabarit des immeubles n’est pas encore déterminé.

Si la réponse du public est bonne, Econo-Malls n’entend pas s’arrêter là. D’ici une quinzaine d'années, la démolition complète du centre commercial est envisagée pour faire place à un nouveau quartier, incluant des commerces de proximité et des parcs. Au total, 2000 unités d’habitation pourraient lever de terre.

Ça, c’est notre vision, précise Robert Wiseman. Est-ce que nous allons la réaliser? Le temps le dira.

L’impact du trambus

Robert Wiseman est catégorique. L’arrivée du trambus et de ses voies dédiées dès 2026 aurait eu un effet accélérant sur le développement immobilier dans le secteur Maizerets.

Carte de la ville de Québec montrant le trajet du trambus.

Le trajet du trambus devait relier les pôles d'échanges Sainte-Foy Ouest et D'Estimauville ainsi que le terminus ExpoCité.

Photo : Ville de Québec

Dans les plans originaux de la Ville de Québec, le trambus devait quitter le pôle d’échanges D’Estimauville en circulant sur le boulevard Sainte-Anne avant de bifurquer vers le sud sur le chemin de la Canardière et le boulevard des Capucins pour rejoindre le centre-ville.

Les véhicules circulaient donc devant les Galeries de la Canardière avant que le parcours ne passe à la trappe pour des raisons budgétaires.

C’est sûr que le trambus devenait un attrait pour le secteur.

Robert Wiseman, président d'Econo-Malls

Selon Robert Wiseman, le développement de l’écoquartier D’Estimauville et l’arrivée prochaine d’une nouvelle usine de la société biopharmaceutique Medicago donnent néanmoins de l’espoir pour la suite des choses.

L’homme d’affaires assure par ailleurs que son projet immobilier intégrera un dégagement approprié avec le boulevard Sainte-Anne pour permettre l’ajout éventuel d’un mode de transport structurant.

Peu importe les changements à venir, on sera prêt, assure-t-il.

L'écoquartier et les Galeries de la Canardière se trouvaient de part et d'autre du pôle d'échange et du trajet de trambus.

L'écoquartier et les Galeries de la Canardière se trouvaient de part et d'autre du pôle d'échange et du trajet de trambus.

Photo : Ville de Québec

« Pas d’inquiétude », affirme Savard

La responsable de l’aménagement du territoire au comité exécutif, Marie-Josée Savard, croit pour sa part que la revitalisation du secteur Maizerets se poursuivra malgré l’abandon du trambus.

Je n’ai pas d’inquiétude ni de soucis à ce niveau-là, dit-elle.

Même si la Ville misait à l’origine sur un mode de transport structurant pour desservir la population dans l’est, Marie-Josée Savard estime que l’ajout de parcours métrobus en voies réservées représente une bonification importante du service actuel.

Selon elle, il faut aussi voir la nouvelle mouture du projet structurant comme une première étape dans la transformation de la mobilité à Québec.

C’est le début de quelque chose, plaide-t-elle. On ne sait jamais ce qui peut se passer dans l’avenir.

Le conseil de quartier aux barricades

On a besoin du trambus maintenant, tonne le président du conseil de quartier de Maizerets, Martial Van Neste.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Régis Labeaume, en 2007, il estime que le district Maizerets-Lairet a souvent été laissé pour compte et qu’il est temps de renverser la vapeur.

Plan épaule de Martial Van Neste. Il est à l'extérieur, près d'une rue, il regarde la caméra et parle devant un micro

Martial Van Neste, président du conseil de quartier de Maizerets

Photo : Radio-Canada

La Ville de Québec a promis un trambus aux résidents, pas question d’accepter de bons vieux autobus, d'après lui.

Ce n’est pas du tout la même chose en termes de confort, de fréquence et de débit, déplore-t-il.

Martial Van Neste croit que l’occasion d’investir de façon importante dans les transports collectifs à Québec ne se représentera pas de sitôt.

Comme d’autres intervenants de la région, il demande au gouvernement Legault de revoir le budget du projet pour en faire un véritable succès.

Pourquoi on nous impose cette camisole de force budgétaire à Québec? Pourquoi on a fait preuve de souplesse avec le REM de Montréal?

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