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Utiliser l’intelligence artificielle pour gérer la charge virale des bâtiments

dispositif BrainBox.

L'objectif initial de BrainBox était de gérer les systèmes CVC pour économiser de l'énergie et réduire les coûts d'électricité. Mais depuis la pandémie, ses créateurs lui ont donné un nouvel objectif : de mieux faire circuler l'air afin de réduire la charge virale aérienne à l'intérieur des bâtiments.

Photo : LM Chabot, avec l'autorisation de BrainBox AI

Nicolas Haddad

Une entreprise canadienne a développé un système de climatisation intelligent capable, selon elle, de gérer la charge virale du nouveau coronavirus dans l’air des bâtiments.

Depuis 2019, l’entreprise montréalaise BrainBox AI utilisait l'intelligence artificielle pour prédire la charge thermique d'un bâtiment, ce qui permettait au système de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) de s'auto-optimiser et de fonctionner de façon autonome.

À la base, notre solution première était de maintenir le confort thermique en économisant de l'énergie dans un bâtiment, explique le chef des opérations de BrainBox AI, Sam Ramadori.

Là, on lui a donné un nouvel objectif.

Sam Ramadori, chef des opérations de BrainBox AI

La pandémie a offert une autre avenue à cet outil à base d’intelligence artificielle.

Aujourd’hui, BrainBox AI permet de détecter où se trouvent les gens dans un bâtiment pour favoriser la circulation d'air en augmentant le nombre de changements d'air par heure, ce qui réduit la charge virale aérienne à certains endroits de l’immeuble, explique M. Ramadori.

portrait photo de Sam Ramadori

Sam Ramadori est le chef des opérations de BrainBox AI.

Photo : Avec l'autorisation de BrainBox AI

Cela signifie qu’on dilue l'air, donc s'il accumule une charge virale de COVID, on peut faire circuler l'air plus souvent et apporter de l'air frais, ce qui réduit la quantité de particules virales dans l'air. Puis, le système guide la température vers un point où on peut réduire la durée de vie de ces virus, indique M. Ramadori.

Selon ce dernier, un bâtiment traditionnel a environ deux ou trois changements d’air par heure, tandis qu’un hôpital où sont traités des patients atteints de la COVID-19 doit avoir jusqu’à 30 changements par heure.

Vue de The Atrium.

The Atrium est situé au 595 Bay Street et est géré par Kingsett et Triovest.

Photo : Avec l'autorisation de BrainBox AI

La technologie BrainBox AI a été installée dans de nombreux bâtiments à Toronto, assure Sam Ramadori, et est actuellement testée à l'Atrium, un complexe commercial et de bureaux de 93 000 mètres carrés, adjacent à la place Yonge-Dundas.

Pour Antonio D’Alesio, le gérant du Holiday Inn de Longueuil, cette technologie change déjà la donne pour ses clients.

Le Holiday Inn de Longueuil.

Le Holiday Inn de Longueuil est un des premiers bâtiments à avoir piloté le système de gestion de CVC intelligent de BrainBox AI.

Photo : Avec l'autorisation du Holiday Inn Longueuil

Pour les gens qui ont des inquiétudes, on va pouvoir leur répondre qu'on s'est assuré que la gestion de notre système de ventilation soit faite en conséquence [de la COVID-19], souligne-t-il.

Il explique que, dans l’atrium et les salles de conférence du bâtiment, ils ont arrangé pour qu'il y ait un maximum d'air frais et il y a plus de circulation d'air externe. J'ai trouvé ça le fun.

Une technologie immédiatement accessible à tous, dit BrainBox

Selon les dirigeants de BrainBox AI, la technologie est abordable financièrement pour des organismes de toutes tailles, parce qu'elle permet de contourner le processus onéreux d’une remise à niveau du système de CVC d’un bâtiment.

Dispositif BrainBox AI

BrainBox AI utilise une technologie d’intelligence artificielle qui optimise de façon autonome la consommation d’énergie. Mais la technologie peut aussi combattre la COVID-19, selon ses créateurs.

Photo : Avec l'autorisation de BrainBox AI

Chacune de ces mises à niveau et des modifications apportées à ces systèmes prend des semaines ou des mois à mettre en place, et qui sait si on y arriverait avant la fin de la COVID ou la distribution d’un vaccin?, demande Sam Ramadori.

Nous avons besoin de solutions maintenant.

Sam Ramadori

BrainBox fonctionne en percevant un pourcentage des coûts d'électricité économisés en utilisant sa technologie.

Selon M. Ramadori, cette structure de paiement permettrait à n’importe quel organisme, par exemple un conseil scolaire, de se servir de la technologie dès son installation.

Un expert en domotique a des doutes

Selon un expert en domotique, la science des bâtiments intelligents et interopérables, cette nouvelle application de la technologie a aussi ses limites.

Pour Charles Gouin-Vallerand, du Laboratoire DOMUS à Sherbrooke, il n'y a pas de méfaits à d'essayer d'ajouter de l'air extérieur où il n'y a pas de charge virale pour faire du remplacement de l'air. Ça peut juste être bénéfique, mais c'est quoi la portée réaliste de tout ça ?

Je suis quand même sceptique.

Charles Gouin-Vallerand, professeur en technologies de l’information à l'Université de Sherbrooke et chercheur au Laboratoire DOMUS

Selon le spécialiste en bâtiments intelligents, on voit que c'est le résultat de recherches scientifiques sur la domotique, sur le contrôle, sur l'internet des objets, l'intelligence artificielle, on le voit avec l'apprentissage profond.

Mais selon le scientifique, la revendication que fait BrainBox quant à l’utilisation de sa technologie pour combattre la COVID-19 doit encore être démontré.

Je ne suis pas un virologue évidemment, mais je ne suis pas sûr que ce soit basé sur de la science solide et éprouvée, souligne-t-il, en précisant que ce que l'entreprise avance au niveau du contrôle énergétique c'est réaliste, mais pour ce qui est du contrôle de la charge virale et tout ça, moi je reste quand même sceptique.

Cette technologie canadienne fait un tabac à l’étranger

Depuis son entrée sur le marché canadien en 2019, la technologie de BrainBox AI gère les systèmes CVC de plus de 23 millions de pieds carrés dans 60 bâtiments autour du monde.

Notre première installation à l'extérieur du Canada s'est déroulée en Australie, indique M. Ramadori.

Depuis, on a planté le drapeau aux États-Unis, en Europe, en Asie, dans l’hôtel Waldorf-Astoria à Bangkok, en Thaïlande, et maintenant on vise l'Amérique du Sud, dit-il.

M. Ramadori rappelle que les bâtiments sont les plus gros consommateurs d'énergie de notre planète. Et le chauffage et la ventilation à l'intérieur de ces bâtiments sont de loin le composant le plus important, représentant la moitié de l'énergie dépensée.

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