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Le Québec pourrait bientôt utiliser la salive pour détecter la COVID-19

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Tube pour salive dans lequel on crache.

Le reportage de Normand Grondin

Photo : iStock

La santé publique pourrait avant longtemps utiliser la salive pour dépister la COVID-19.

Peu coûteux, ce test semblable à celui récemment autorisé d'urgence par la Food and Drug Administration (FDA), aux États-Unis, est en cours de validation au Québec, a déclaré mercredi matin le Dr Horacio Arruda, qui confirme ainsi une information d’abord publiée par La Presse.

Selon nos voisins du sud, ce test de dépistage par la salive, récoltée dans un contenant stérilisé, est beaucoup plus facile à effectuer et moins cher que le test actuel par prélèvement nasal à l'aide d'un écouvillon.

C’est actuellement en évaluation, a souligné le Dr Arruda à l’émission matinale Première heure. Il faut qu’on fasse aussi nos analyses par rapport [au test utilisé présentement], mais c’est clair que [nous sommes intéressés par] un test fiable, qui fait un prélèvement beaucoup plus facile et qui est moins dur aussi, particulièrement pour les enfants.

Moins coûteux et plus rapide

Un test moins compliqué avec des échantillons plus rapidement prélevés pourrait se traduire par davantage de personnes testées plus rapidement, estime le directeur national de la santé publique.

La semaine dernière, de nombreux résidents de Québec ont convergé vers une clinique de dépistage après qu’une éclosion de COVID-19 parmi les employés du Costco Lebourgneuf eut été rendue publique. Rapidement, le temps d’attente a été estimé à 4 heures.

Oui, ça permettrait de tester davantage [de personnes], mais encore faut-il que la population vienne au rendez-vous qu’on leur demande. C’est plus simple, c’est moins long. Tout ça sera regardé dans nos laboratoires de la santé publique, confie le Dr Arruda.

Il faut vérifier leur qualité et en fonction de l’analyse qui sera faite, et on verra si on l’utilise ou pas.

Le Dr Horacio Arruda, directeur national de la santé publique
Le Dr Arruda en conférence de presse.

Le Dr Horacio Arruda en conférence de presse le 10 août lors du dévoilement du plan de retour à l'école pour 2020-2021

Photo : Ivanoh Demers

En laboratoire cet automne?

La Dre Judith Fafard, microbiologiste-infectiologue et médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), fait présentement des analyses avec son équipe pour développer ce test ici.

On prévoit terminer nos analyses d'ici la mi-septembre. On verra ensuite si on peut l'implanter dans un de nos laboratoires, explique-t-elle.

Pour la Dre Fafard, le test permet surtout de gagner du temps dans le processus d'analyse du test. Ça augmente notre agilité pour faire des prélèvements, donc oui, ça peut réduire les files d'attente.

Elle croit cependant que c'est surtout en laboratoire que les gains seraient observés. Il y a une étape de réactions de l'échantillon de moins, donc on n'a pas besoin d'attendre le temps de réaction avant de procéder à l'analyse. Ça représente une heure de temps de laboratoire environ.

Plan rapproché de Judith Fafard, à l'extérieur, dans un parc, l'été, le jour.

Dre Judith Fafard, microbiologiste-infectiologue et médecin-conseil à INSPQ

Photo : Radio-Canada

La microbiologiste-infectiologue précise que pour des personnes en santé, ce test avec la salive est beaucoup plus confortable. L'équipe doit cependant évaluer si le test pourrait être utilisé avec des enfants, ou avec des personnes âgées, par exemple.

Parfois, on remarque que cracher pour un résident en CHSLD, c'est plus difficile. S'il la personne a des problèmes cognitifs, ou si elle ne produit pas autant de salive à cause d'un médicament, ce n'est peut-être pas la bonne population, indique-t-elle.

À temps pour la deuxième vague?

Même si le test pouvait être homologué à temps pour la possible deuxième vague de l’épidémie tant redoutée, le directeur national de la santé publique demande aux Québécois de redoubler de vigilance pour maintenir la liberté conditionnelle acquise ces dernières semaines.

Le principal danger avec ce virus-là, qui est un malin, qui vient nous frapper dans le dos, c’est de relâcher les choses. Je l’ai dit quand on a déconfiné, que nous sommes en libération conditionnelle. Si on veut revenir un peu à la normale, mais qui n’est plus du tout comme l’avant-COVID, ça, c’est clair, il faut maintenir ces mesures-là, insiste le scientifique.

La chose la plus importante, c’est que si on veut garder notre liberté et ne pas revenir [comme avant], c’est vraiment de respecter le 2 mètres, l’hygiène des mains, utiliser le masque et éviter les rassemblements de plus de 10 personnes. C’est souvent une personne qui [ignore] ses symptômes qui contamine les autres, précise-t-il.

Les CHSLD

Le Dr Arruda a aussi répété que le gouvernement a beaucoup appris de la première vague, notamment en matière de gestion de crise à l’intérieur des CHSLD.

Je ne dis pas qu’il n’y aura pas d’autres cas dans les CHSLD, mais quand il y en aura, il faudra être en mesure de les contrôler très rapidement et d’empêcher que ça flambe comme ç'a flambé antérieurement. Il y a des dépistages qui sont faits sur les travailleurs de façon régulièrement. On a mis en place toutes les mesures possibles.

Le plus récent bilan de la COVID-19 au Québec fait état de 61 316 cas depuis le début de la pandémie. De ce nombre, 5729 personnes sont mortes des suites de la maladie.

Avec des informations de Normand Grondin

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