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Rentrée scolaire : les élèves sourds et malentendants face à la barrière du masque

Un implant cochléaire positionné sur la tête d'une jeune fille.

Les implants cochléaires contournent l'oreille en collectant les sons à travers de petits microphones et en les envoyant sous forme d'impulsions électriques à travers un implant connecté au nerf auditif. En d'autres termes, ils simulent une audition normale.

Photo : CBC/Sanjay Maru

Radio-Canada

Avec autant de masques dans la classe cet automne, les parents d'enfants ayant des problèmes d'audition se demandent à quel point il leur sera difficile de comprendre leurs enseignants et leurs pairs.

Le plan de retour à l'école de l'Ontario exigera des masques pour les élèves de la 4e à la 12e année. Pour les élèves de 3e année et moins, le port de masques non médicaux et en tissu sera encouragé, mais pas obligatoire. Au Québec, tous les élèves devront porter un masque à partir de la cinquième année du primaire.

Les personnes sourdes ou malentendantes ont tendance à se fier à la lecture labiale et aux indices faciaux pour comprendre ce que quelqu'un dit. L'obligation de porter le masque crée des inquiétudes pour les élèves qui craignent d'avoir du mal à percevoir les commentaires de leurs amis ou les instructions de leurs enseignants en septembre.

Vani Ashekian, qui entre en 8e année à l'école primaire catholique St. William, à Emeryville, à l’est de Windsor, en Ontario, est l'une des nombreuses personnes qui s'inquiètent de la façon dont elle communiquera avec les autres.

La mère et sa fille sourde.

Vani Ashekian, à droite, est née sourde des deux oreilles et dit que comprendre quelqu'un qui porte un masque peut être difficile. Sa mère, Houry, à gauche, s'inquiète de ce que cela signifiera pour sa fille lorsque la jeune fille de 13 ans retournera à l'école, en septembre.

Photo : CBC/Sanjay Maru

Chaque fois qu'elle se trouve dans une zone achalandée où d'autres personnes parlent fort, la jeune fille de 13 ans témoigne qu'elle doit s’isoler dans un endroit plus calme et demander à plusieurs reprises Pardon? ou Peux-tu répéter? si elle est au milieu d'une conversation.

Certaines personnes [qui sont malentendantes], n'ont pas d'implants cochléaires ou d'appareils auditifs alors elles utilisent la langue des signes, indique-t-elle, admettant qu'elle ne connaît qu’un peu la communication par les signes.

Quand quelqu'un porte un masque, il est plus difficile de le comprendre.

Une citation de :Vani Ashekian, élève sourde

L’adolescente et sa mère, Houry Akeshian, disent qu’elles portent des masques quand elles sont en public. Mais une certaine anxiété commence à apparaître chaque fois que la mère de la jeune fille doit retirer son masque pour que cette dernière puisse mieux comprendre ce qu'elle dit.

Parfois, j'ai peur que les gens me regardent ou qu'ils soient dérangés que je ne porte pas de masque, témoigne la mère.

Je ne veux déranger personne et je veux m'assurer que tout le monde est en sécurité. Je ne veux juste pas la mettre mal à l'aise, elle et les autres, chaque fois que je dois baisser mon masque pour lui parler.

Des solutions à l'épreuve de la salle de classe

Le duo mère-fille a eu du mal à trouver les options disponibles pour remédier à ce problème.

Nous testons et mettons en avant certaines choses, répond la présidente du groupe d’aide aux enfants sourds et malentendants VOICE, Mary Kay McKoy. La parole est altérée, quel que soit le type de masque que vous portez.

Les masques chirurgicaux sont considérés comme les meilleurs pour entendre, selon Mme McKoy, car ils n’affectent pas trop la qualité de la voix.

Mary Kay McKoy fait face à l'objectif.

Mary Kay McKoy, présidente du groupe VOICE pour les enfants sourds et malentendants, estime que tous les masques dégraderont dans une certaine mesure la qualité de la parole - mais certains sont meilleurs que d'autres pour la conserver.

Photo : CBC/Peter Duck

Les masques en tissu sont le deuxième meilleur choix - mais comme la plupart des personnes sourdes et malentendantes comptent sur la lecture sur les lèvres, le groupe envisage des masques avec un centre transparent.

Mais ce dernier type de couvre-visage crée ses propres problèmes.

Quand nos enfants sont à l'école, l'enseignant porte ce qu'on appelle un modulateur de fréquence (FM). Il s’agit d’un micro qu'il attache à son cou qui permet aux ondes vocales d'entrer directement dans les prothèses auditives ou l'implant cochléaire de notre enfant, qui peut ainsi entendre l'enseignant directement sans que le bruit de fond affecte autant la parole, dit-elle.

Clarté du son de la voix

Mais avec certains de ces panneaux en plastique transparent sur les masques de protection [le son] rebondit, précise-t-elle. Donc ce n'est pas vraiment très clair. Nous faisons vraiment beaucoup de recherches en ce moment pour savoir quelles seraient les meilleures options pour les enfants à l'école.

Une autre option que Mme McKoy réclame est l'utilisation de sous-titres codés sur tous les appareils de communication.

Elle ajoute qu'il faudra des mois avant que la solution la plus optimale pour les élèves malentendants puisse être déterminée, car tant que les enfants ne sont pas réellement à l'école, il nous sera très difficile de savoir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

L'éducation est un élément très important, car ce n'est pas aussi simple que de porter simplement ce masque, dit-elle.

Il s'agit de faire en sorte que l'enfant sourd et malentendant soit assis dans la bonne position de la classe afin qu'il puisse entendre au mieux de ses capacités, conclut Mme McKoy.

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