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Tortures en Irak: une soldate est accusée

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2004 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'armée américaine a inculpé la soldate Lynndie England d'agressions contre des prisonniers irakiens, de conspiration pour les maltraiter et d'acte indécent.

L'armée américaine a inculpé la soldate Lynndie England d'agressions contre des prisonniers irakiens, de conspiration pour les maltraiter et d'acte indécent. La soldate England est cette jeune femme qui figure sur plusieurs photos montrant des prisonniers irakiens maltraités.

La jeune femme de 21 ans a été rapatriée aux États-Unis. Une enquête sera menée avant que ces inculpations ne soient formellement déposées devant une cour martiale. Aucun avocat n'a encore été nommé pour représenter la soldate, qui pourra également engager un avocat civil.

Selon sa famille, la jeune femme est enceinte de quatre mois et porte l'enfant du soldat Charles Graner, avec qui elle a été accusée d'avoir conspiré en vue de maltraiter des prisonniers. England et Garner étaient tous deux membres de la 372e compagnie de police militaire, basée à Cumberland, dans le Maryland.

Jusqu'à maintenant, six soldats ont été accusés d'avoir commis des sévices contre des prisonniers irakiens et sept autres ont été réprimandés relativement à ces événements.

Consignes dans un document secret

Dans un rapport secret, dont l'agence France Presse a obtenu copie, les renseignements militaires américains ont requis des officiers de la police militaire, assignés à la prison Abou Ghraib, de modifier les « procédures » de façon à rendre les détenus plus coopératifs pendant les interrogatoires. Le rapport écrit par le général Antonio Taguba donne, selon l'AFP, un aperçu des brutalités qui ont été commises dans la prison.

Un témoignage embarrassant pour le renseignement militaire

Sabrina Harman, une autre soldate accusée de sévices sur les prisonniers irakiens, a déclaré qu'elle avait agi sous les ordres directs du renseignement militaire qui voulait que les prisonniers soient déstabilisés avant les interrogatoires, rapporte le Washington Post dans son édition de samedi.

Selon le journal, cette officière de la police militaire, affectée à la prison d'Abou Ghraib, a affirmé que son unité prenait ses ordres des officiers du renseignement militaire dirigeant la prison et de civils qui menaient les interrogatoires, sans toutefois révéler leur identité.

Sabrina Harman figure sur une photo largement diffusée dans la presse montrant des Irakiens nus empilés en pyramide.

Un réserviste à l'origine de la révélation du scandale

C'est un soldat américain de 24 ans qui a déclenché le scandale des prisonniers irakiens. Horrifié par ce qu'il voyait dans la prison d'Abou Ghraib, Joseph Darby, un réserviste de la 372e compagnie de la police militaire, aurait glissé sous la porte de son supérieur un message anonyme. Il aurait ensuite fait une déclaration sous serment.

Sa conduite «honorable» a été soulignée vendredi par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, lors de sa comparution devant la Commission des forces armées du Sénat. Il l'a félicité pour avoir agi « selon sa conscience ».

Outre les cas connus de sévices infligés aux détenus et le décès d'au moins 25 prisonniers, l'armée enquête également sur 42 cas possibles de mauvais traitements de civils irakiens qui auraient eu lieu en dehors des prisons en Irak, en Afghanistan et dans les pays voisins.

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