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Consensus à Québec contre l’application de notification de la COVID-19

Même si, selon un sondage, 76 % des Québécois croient à l’utilité de cet outil contre la pandémie.

Écran de cellulaire affichant l'application Alerte COVID.

L'application fédérale Alerte COVID est disponible en Ontario depuis le 31 juillet.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Même s’il est encouragé par les résultats d’une consultation auprès des Québécois, le gouvernement Legault devra justifier sa décision s’il décide de recourir à une application de suivi de contacts pour l’aider à lutter contre la COVID-19.

Le rapport de la commission parlementaire chargée d’étudier la question est implacable : les risques et les inconvénients liés à cette technologie semblent surpasser les bénéfices.

Tous les députés ayant participé à l’exercice, même ceux du gouvernement, reconnaissent les enjeux importants que l’application soulève. Puisque le rapport énumère des constats défavorables, il devient de plus en plus difficile pour le ministre responsable de la Transformation numérique, Éric Caire, d’aller de l’avant.

Les experts étaient tellement unanimes en commission parlementaire que les députés de la Coalition avenir Québec n'ont pas eu le choix de reconnaître que c'est ça qui s'est passé en commission, a souligné le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, mardi. Je n'ai jamais vu dans une commission parlementaire un consensus aussi fort qui se dégage.

Six observations en défaveur de l’application

Le rapport, dont Radio-Canada a obtenu copie, ne formule pas de recommandations. Cependant, il contient six observations qui ne font aucun doute sur le consensus de la commission contre ce type d’application.

Rappelons que les députés de tous les partis se prononcent sur ces observations dans une séance de travail. Elles sont rédigées à la suite d’une unanimité de ses membres.

À l’ouverture des travaux, la semaine dernière, la députée caquiste Joëlle Boutin a énuméré les principes qui encadreraient l’application au Québec, même si la décision du gouvernement n’était pas encore prise. Il ne devait n’y avoir aucune géolocalisation, biométrie ou collecte de données personnelles.

D’abord, les membres de la Commission des institutions observent que le cadre juridique du Québec est inadéquat quant à la protection des données et des renseignements personnels et l’accès à l’information, le consentement éclairé et la lutte contre la discrimination.

Au total, 18 experts ont témoigné dans le cadre des auditions la semaine dernière et 16 mémoires ont été déposés. Les parlementaires reconnaissent que la quasi-totalité a émis des réserves importantes sur l’efficacité et la fiabilité de ces technologies.

De plus, il n’y a pas d’opinion majoritaire sur l’utilité des applications de notification de contact pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

Enfin, les populations les plus vulnérables au virus sont celles qui auraient le moins accès aux applications.

Alerte COVID, la solution?

Le gouvernement semble intéressé par la technologie Bluetooth, qu’il considère comme moins intrusive. Or, la Commission rappelle que presque tous les experts sont d’avis qu’elle souffre de vulnérabilités qui représentent des risques réels d’attaques informatiques.

De plus, les parlementaires rappellent que le succès de ce type d'application dépend de la confiance des citoyens et de leur adhésion.

L’application Alerte COVID, lancée par le gouvernement fédéral, n’est pas encore en fonction au Québec. Le ministre Éric Caire avait indiqué à Radio-Canada la semaine dernière que la décision de son gouvernement serait annoncée dans les prochains jours.

Il affirmait également que le sondage en ligne révélait que 76 % des Québécois croyaient à l’utilité d’une application comme outil supplémentaire pour lutter contre la COVID-19.

Il y a des points de vue qui divergent, mais moi je pense qu'il est important de voir, dans les prochaines semaines et les prochains mois, si ça peut faire partie de nos outils lorsqu'on a une crise de cette ampleur-là, estime le ministre de la Santé, Christian Dubé. Je pense qu'on a encore besoin d'un petit peu de temps. Moi, j'ai demandé à la santé publique de s'y pencher.

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