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Des organismes franco-ontariens lancent un cri du coeur afin de se relever de la pandémie

Plusieurs mains de différentes couleurs tiennent des coeurs dessinés.

20 % des organismes à but non lucratif franco-ontariens sont dans une situation critique, selon un sondage.

Photo : iStock

Thalia D’Aragon-Giguère

La COVID-19 n’a pas épargné le secteur à but non lucratif dans la province. La majorité des organismes franco-ontariens doivent aujourd’hui composer avec un important manque à gagner.

Près de cinq mois après le début de la pandémie, l’aide financière gouvernementale se fait toujours attendre dans plusieurs organismes.

Bien que différents programmes d’aide d’urgence aient vu le jour au provincial et au fédéral, la lourdeur des procédures administratives ainsi que les critères d’admissibilité représentent des obstacles à l’accès au financement.

Le fardeau repose sur les organismes, soutient Alina Sklar, présidente de La Maison, seul refuge pour femmes francophones à Toronto.

Une dizaine de femmes de l'organisme La Maison pose derrière un gâteau afin de célébrer les 10 ans du centre d'hébergement.

L'équipe de La Maison a célébré sa 10e année d'existence en avril 2019.

Photo : Gracieuseté de La Maison

Nous essayons d’aller chercher des fonds partout, mais les critères sont très compliqués, affirme-t-elle. Ça prend du temps.

Le message est : ''Survis et quand tu auras survécu, nous allons t’aider à te relever''.

Alina Sklar, présidente de La Maison

Les besoins immédiats des organismes à but non lucratif ne peuvent cependant plus attendre. C’est difficile sur le plan émotionnel et financièrement, souligne Mme Sklar.

Un sondage mené auprès du secteur à but non lucratif de l’Ontario a révélé qu’un organisme franco-ontarien sur cinq risque de fermer ses portes à cause des conséquences de la pandémie.

Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de fermer [notre centre d'hébergement], fait valoir Mme Sklar qui assure que La Maison ne compte en aucun cas cesser ses activités. Ce serait catastrophique pour la société.

Un rôle essentiel dans la communauté

Malgré les pertes de revenus et les mises à pied temporaires dans le milieu communautaire, les organismes à but non lucratif ont fait preuve de résilience afin de répondre aux besoins de leur collectivité en temps de pandémie.

Le confinement, c’est faire de son mieux avec moins de ressources, mentionne Sylvia Bernard, directrice générale de l’organisme La Clé d'la Baie, situé dans le comté de Simcoe. C’est investir de l’argent qu’on n’a pas pour s’assurer de la sécurité de nos clients et de notre personnel.

Sylvia Bernard pose dans la rue près de boutiques.

Sylvia Bernard, directrice générale de l’organisme La Clé d'la Baie

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lamoureux

Mme Bernard espère ainsi que le cri du coeur des organismes à but non lucratif sera entendu et qu’une main sera tendue afin de les aider à se relever, après la pandémie.

Elle demande aux gouvernements canadien et ontarien de faire équipe [avec les organismes à but non lucratif] afin de mettre sur pied un comité consultatif et de créer rapidement un fonds de stabilisation pour les appuyer dans la prestation de leurs services.

Aidez-nous à pouvoir continuer d’être là pour nos communautés francophones. Aidez-nous à passer à travers. Aidez-nous tout simplement.

Sylvia Bernard, directrice générale de La Clé d'la Baie

Les organismes à but non lucratif franco-ontariens sont en effet au coeur du tissu communautaire de la province.

Les francophones de l’Ontario ont mis 400 ans à bâtir un réseau d’institutions d’environ 300 organismes à but non lucratif, souligne Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario. Perdre ces organisations conduirait inévitablement à une perte d’offre de services en français.

Carol Jolin pose dans la rue.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

M. Jolin croit que les différents ordres de gouvernements seraient perdants de la fermeture éventuelle d’organismes à but non lucratif puisque plusieurs d’entre eux offrent des services essentiels en leur nom.

Depuis mars, nous avons constaté que les organismes font plus avec moins, mentionne M. Jolin. Les demandes auprès d’eux n’ont pas diminué, au contraire, dans plusieurs cas, ça a même augmenté.

Selon lui, le secteur à but non lucratif représente un partenaire de premier ordre dans la relance économique de la province. Il estime que les prochains mois seront en ce sens déterminants pour la pérennité des organismes à but non lucratif en Ontario.

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