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Marché immobilier au Yukon : comment s’en sortir en tant qu’acheteur?

Plusieurs affiches indiquant des maisons vendues dans un quartier résidentiel.

Les acheteurs potentiels au Yukon font face à plusieurs obstacles dans le marché ces jours-ci.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Le marché immobilier du Yukon laisse présentement peu de place aux acheteurs potentiels pour profiter d'une aubaine. Avec des prix à la hausse et une industrie qui favorise les vendeurs, les personnes qui souhaitent acquérir un logement doivent faire preuve de créativité.

L’avocat spécialisé en immobilier au Yukon Serge Lamarche est aux premières loges des nouvelles tendances de l’industrie au territoire.

Après avoir observé l’augmentation continue et importante des prix depuis plus d’une décennie, il remarque de nouvelles approches créatives de certains acheteurs potentiels avides de s'emparer d’une résidence.

Pour les premiers acheteurs, les jeunes vont acheter la maison avec l’aide de leurs parents, soit comme cosignataires sur l’hypothèque, soit les parents qui vont faire un don financier pour la mise de fonds, explique-t-il.

Entre janvier et mars 2020, une maison unifamiliale à Whitehorse se vendait 508 800 $, selon les plus récentes données du Bureau des statistiques du Yukon.

Au pays, la mise de fonds nécessaire pour une maison d’une telle valeur est de 5 % pour la première tranche de 500 000 $ et de 10 % pour le montant au-delà de cette barre jusqu’à concurrence d’un prix de 1 million de dollars.

Serge Lamarche souligne qu'en raison du marché il a souvent vu des amis, des membres d'une même famille ou même deux couples combiner leurs ressources pour acheter ensemble une propriété.

On voit des choses qu’on ne voyait pas dans le passé. [...] S’il y a une rupture dans la [relation de] copropriété, il y a des dangers.

Serge Lamarche, avocat spécialisé en immobilier

Patience

La règle d’or pour les acheteurs à l’heure actuelle est la patience, soulignent de nombreux experts.

Barry Lebow, qui a 53 ans d'expérience dans l’industrie immobilière, reconnaît ces jours-ci des signes annonciateurs d’un ralentissement à venir. En ce moment, il conseille à ses clients d’attendre avant d'acheter.

Je ne veux pas me faire oiseau de malheur, mais peut-être, juste peut-être, avec tout ce qui se passe dans ce marché “chaud”, qu'il s’agit d’une bulle qui ne durera pas.

Barry Lebow, expert en immobilier

Serge Lamarche, qui a vu les hauts et les bas du marché en fonction des saisons au territoire, suggère également aux acheteurs potentiels de patienter, d’autant qu’il croit que très prochainement un plafond des prix sera atteint.

N’achetez pas nécessairement à l’été, attendez à l’hiver quand les choses sont plus lentes, quand il y a plus d’inventaire et ne paniquez pas, leur conseille le Yukonnais de longue date. Souvent, les gens se disent qu'ils doivent acheter à tout prix, mais c'est bien de prendre du recul et d'y repenser parce qu’on ne veut pas s’endetter plus qu’il le faut. Les taux ne seront pas toujours ce qu’ils sont.

Maison en vente sur une rue de quartier.

Le nombre de propriétés mises en vente au Yukon par des agents immobiliers oscille entre 50 et 60 depuis quelques semaines.

Photo : Radio-Canada / Steve Silva

Serge Lamarche souligne par ailleurs l’importance dans un tel marché de réajuster ses attentes, par exemple en achetant une maison qui a des réparations à faire. La maison de rêve de ces acheteurs viendra peut-être plus tard dans la vie, dit-il.

Le président de l’association immobilière du Yukon, Marc Perreault, est du même avis. Ce qui arrive, c’est que le coût d’achat de la maison est influencé par le fait que [les acheteurs] l'aiment beaucoup et ont peur de ne pas avoir cette maison-là, explique-t-il.

Préapprobation et emplacement

Georges Gaucher, gestionnaire d’une agence immobilière de la région de Montréal, est d’avis que la toute première étape demeure celle d’obtenir de sa banque une préapprobation hypothécaire en bonne et due forme.

Selon lui, une préapprobation permet de visiter des maisons et de savoir ce qu'il est possible d'acheter sans rencontrer d'obstacles financiers.

Ça vous donne confiance et ça donne confiance au vendeur.

Georges Gaucher, directeur général de Royal LePage Village

Le spécialiste, rappelle que, comme ailleurs au pays, une solution à envisager est de s’éloigner du centre pour profiter de prix plus abordables.

En ce qui a trait à un ralentissement économique à venir, l’agent n’y voit pas de danger à moins de vouloir acheter pour la revente à court terme.

Normalement, les gens achètent pour se loger. Donc, ils vont être là pour 7 ou 10 ans ou plus. Donc, si vous payez 20 000 $ de plus [à l’achat] et que vous y restez 20 ans, c’est 1000 dollars de plus par année, ce qui n'est pas énorme, conclut-il.

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