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Analyse

Facebook supprime une vidéo conspirationniste avant même sa diffusion

La site qui l'a diffusée en premier est toujours banni, mais il est possible de partager la vidéo elle-même.

Le message dit que la vidéo enfreint les normes de la communauté de Facebook.

Capture d'écran du message d'erreur qui apparaît lorsqu'on tente de partager la vidéo sur Facebook.

Photo :  Capture d’écran - Facebook

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Promue depuis plus d'une semaine sur les réseaux sociaux et censée être diffusée en grande première mardi midi, la suite d'une vidéo conspirationniste ayant causé une controverse en mai a été supprimée par Facebook avant même que les internautes n'aient pu la visionner au complet.

La vidéo publiée en mai mettait en vedette une biologiste qui se présentait comme une lanceuse d'alerte et faisait une panoplie d'affirmations selon lesquelles la pandémie de COVID-19 était une mise en scène. Les Décrypteurs avaient démenti plusieurs de ces affirmations.

Cette vidéo d'une vingtaine de minutes avait été partagée des millions de fois sur les réseaux sociaux en quelques heures. Les grandes plateformes de réseaux sociaux avaient mis des heures, voire des jours, avant de la supprimer, une lenteur de réaction qui leur avait valu de vives critiques.

Depuis quelques jours, les concepteurs de cette vidéo faisaient la promotion d'une suite devant être diffusée mardi, à midi. Une publication contenant une bande-annonce de celle-ci avait été partagée près de 12 000 fois sur Facebook avant sa diffusion. Le titre du documentaire avait aussi généré près de 800 000 interactions (J'aime, commentaires et partages) en une semaine, selon l'outil d'analyse des réseaux sociaux CrowdTangle.

Or, quelque 30 minutes après le début de la diffusion du documentaire, qui dure près de 90 minutes, Facebook a décidé de bannir la vidéo, ainsi que tout lien provenant du site qui l'hébergeait. Au moment d'écrire ces lignes, toute personne qui tentait de la partager recevait un message d'erreur indiquant qu'elle enfreint les normes de la communauté de Facebook.

Mise à jour (19 août) : Facebook empêche toujours ses utilisateurs de partager la vidéo sur le site qui l'hébergeait originalement, mais leur permet de partager la vidéo elle-même. Ceux qui la partagent voient désormais un avertissement sur le fait qu'elle contient des informations qui ont été démenties.

Un revirement pour Facebook

C'est la première fois que Facebook agit aussi rapidement. Habituellement, Facebook attend que les médias partenaires de son programme de vérification des faits (dont les Décrypteurs font partie) vérifient une publication avant d'y apposer un avertissement et de ralentir sa portée.

Depuis janvier, Facebook retire des publications contenant de la désinformation à propos de la pandémie qui pourraient causer du tort aux gens qui les croient. Des publications contenant de faux remèdes contre le coronavirus, par exemple, ont été supprimées. Le 5 août, Facebook a retiré une vidéo dans laquelle le président américain, Donald Trump, affirmait que les enfants étaient presque immunisés contre la COVID-19.

Dans tous ces cas, ce sont les partenaires de vérification de Facebook qui ont déterminé que ces publications contenaient des faussetés. Dans le cas de la vidéo diffusée mardi, par contre, Facebook a agi avant même que ces partenaires aient pu visionner la vidéo au complet.

Joint par courriel, un représentant de Facebook a expliqué que cette vidéo contenait de fausses informations qui ont été déjà démenties maintes fois par les médias partenaires de son programme de vérification. Puisque le documentaire précédant a enfreint nos politiques en matière de désinformation à propos de la COVID-19, nous avons bloqué l'accès au site web qui l'a hébergé, a-t-il ajouté.

C'est un revirement majeur pour Facebook, qui a souvent été critiqué pour son inaction face à la prolifération de la désinformation sur sa plateforme, et qui a toujours cherché à se soustraire à la prise de décisions éditoriales. C'est d'ailleurs pourquoi Facebook a décidé de faire appel à des médias de vérification, et d'éviter ainsi d'avoir à démêler le vrai du faux.

Il sera intéressant de voir si cette nouvelle tactique de Facebook ralentira la course de la vidéo. Déjà, elle a recueilli beaucoup moins de partages sur les réseaux sociaux que celle qui l'a précédée. Dans un courriel envoyé à ses abonnés, Brian Rose, un des propriétaires du site qui l'a diffusée, a affirmé qu'elle a été écoutée en direct par près de 1,2 million de personnes. Il est impossible de vérifier cette statistique.

Même si on ne peut pas partager la vidéo sur Facebook, il est toujours possible de partager des images qui contiennent un lien pour la visionner. Plusieurs dizaines de publications du genre circulent toujours et ont été partagées des milliers de fois. Une d'entre elles, partagée deux heures après que Facebook eut banni la vidéo, a été partagée plus de 1300 fois.

Quant à son contenu, il s'agissait en grande partie de fausses informations ayant déjà été démenties par les Décrypteurs et d'autres médias de vérification, par exemple que le coronavirus serait le fruit d'une manipulation humaine ou que le philanthrope Bill Gates aurait prédit la pandémie actuelle.

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