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4000 femmes recherchées pour améliorer le dépistage du cancer du sein

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une médecin tient une mammographie devant un écran lumineux.

Le reportage de Nicole Germain

Photo : iStock

Érik Chouinard

Une équipe du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Québec souhaite recruter 4000 femmes de 40 à 69 ans pour une étude clinique sur le cancer du sein. L’étude vise à déterminer le niveau de risque pour chaque femme selon plusieurs facteurs.

En ayant une meilleure connaissance du risque de chacune des femmes, les approches de dépistage peuvent ensuite être plus personnalisées. L'idée est d'offrir un plan d'action qui permettrait ensuite d'améliorer le programme de dépistage fait par mammographie pour le cancer du sein, indique le professeur Jacques Simard, chercheur au Centre de recherche et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en oncogénétique à la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Actuellement, le dépistage est principalement basé sur l’âge, et les recommandations sont sensiblement les mêmes pour toutes les femmes. Avec cette étude, les femmes déterminées comme plus à risque pourraient ainsi obtenir un suivi plus rapidement et plus fréquemment.

Plus un cancer est dépisté à un stade précoce, plus les chances de survie sont améliorées. Donc, de cibler les femmes qui sont plus à risque et de leur offrir un suivi personnalisé en fonction de leur niveau de risque devrait améliorer le dépistage précoce et aussi les approches de prévention.

Jacques Simard, chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en oncogénétique à la Faculté de médecine de l’Université Laval

Dans cette étude, les chercheurs mettent aussi à profit leurs découvertes pour aller plus loin sur le plan génomique. Au cours des dernières années, on a pu mettre en évidence plusieurs centaines de marqueurs — près de 300 — qui nous permettent de déterminer ce qu'on appelle une signature génomique, explique Jacques Simard.

Cette signature [le profil génomique] permet de mieux connaître les risques de développer un cancer du sein chez une femme en particulier.

Certains des marqueurs observés augmentent le risque de 10 ou 20 %, d’autres ne l’augmentent que légèrement et d’autres peuvent carrément avoir des effets protecteurs. Grâce à un algorithme, les chercheurs combinent tous les résultats, ce qui permet d'obtenir un portrait plus global. Ça prend quand même une approche mathématique rigoureuse pour établir ce profil génomique. C’est ça la grande nouveauté pour le cancer du sein, précise le professeur.

Pour participer à l'étude : etudeperspective.ca (Nouvelle fenêtre)

Logiciel de prédiction

L’étude ne s’arrête pas là, elle intègre aussi ce qui a déjà été découvert. Une fois le profil génomique déterminé grâce à un test de salive, il est combiné aux autres risques de facteurs connus, comme les antécédents familiaux, les facteurs hormonaux et les habitudes de vie ainsi que la densité mammaire évaluée par mammographie.

Jacques Simard en veston.

Pour l’instant, le programme est financé jusqu'en 2023, mais Jacques Simard souhaite aussi être en mesure d’évaluer les résultats à plus long terme.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Toute l’information est intégrée dans un nouveau modèle de prédiction de risque, donc un logiciel. En couplant la signature génomique à l'information sur les facteurs de risque reconnus, on est capable d'identifier et de déterminer un risque pour chaque femme, révèle Jacques Simard.

Le chercheur insiste, l’étude ne vise pas à remplacer un test de dépistage. Ce n'est pas pour supplanter la mammographie et ça ne permet pas de savoir si la femme va développer un cancer du sein ou pas au cours de sa vie. C'est plutôt pour évaluer si elle a un risque individuel plus — ou moins — élevé que la population en général de développer un cancer du sein, souligne-t-il.

Le professeur espère que les résultats de l’étude permettront de mieux cibler les femmes à risque et, ainsi, mieux orienter les interventions de dépistage.

Au Québec et en Ontario

L’étude sera entièrement réalisée en ligne sur une plateforme web sécurisée. Le recrutement a commencé le 22 juin et vise des femmes de la région de la Capitale-Nationale et de Lanaudière. On doit avoir accès à certaines informations, par exemple les rapports de mammographie, donc les femmes doivent avoir déjà eu une mammographie, précise le professeur.

Il n’exclut pas la possibilité d’étendre la portée de l’étude à d’autres régions. D'ailleurs, un volet qui nécessitera le recrutement de 4000 femmes a également lieu en Ontario.

Les femmes qui sont intéressées peuvent remplir le questionnaire sur le site web de l’étude Perspective.

Des études similaires sont en cours aux États-Unis et en Europe, basées elles aussi sur le profil génomique proposé par l’équipe du CHU. Le Dr Simard explique que le même genre de méthode est aussi mis à l’essai pour d’autres types de cancer ou de maladie ailleurs dans le monde.

Avec la collaboration de Louis Gagné

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