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Un conseiller en éducation du gouvernement albertain critiqué pour ses prises de position

Des étudiants dans les corridors d'école.

Un des conseillers engagés pour travailler sur la refonte des programmes scolaires albertains est critiqué pour ses préjugés à l'encontre des Premières Nations.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Chris Champion, choisi pour siéger au conseil consultatif sur la refonte des programmes scolaires albertains, a derrière lui des écrits controversés sur les pensionnats autochtones.

La semaine dernière, le gouvernement de Jason Kenney a révélé les noms des conseillers chargés de réviser les programmes scolaires allant de la maternelle à la 12e année devant être testés à la rentrée 2021.

Neuf personnes figuraient sur cette liste exclusivement masculine et dont la plupart sont des professeurs.

Parmi eux, un nom a particulièrement retenu l’attention des critiques, celui de C. P. (Chris) Champion, responsable du programme d’études sociales de la maternelle à la 4e année.

Auteur et chercheur invité à l'Université Queen's, en Ontario, Chris Champion a également fondé, et en est toujours le rédacteur en chef, la publication d'histoire The Dorchester Review.

Un article non signé publié dans le premier numéro, et republié en ligne en 2020, critique les programmes d’histoire créés par les gouvernements de gauche.

Remise en question

L’article critique notamment le programme d’histoire australien pour être léger sur les faits et lourd sur la culpabilité liée aux personnes aborigènes et à l’immigration.

L’article affirme aussi qu'au Canada la préoccupation à l'égard de la victimisation s'est principalement concentrée sur les Canadiens d'origine japonaise et les “survivants” des pensionnats autochtones .

Selon le secrétaire de presse de la ministre de l'Éducation, Adriana LaGrange, Colin Aitchison, l’article en question n’a pas été écrit par Chris Champion.

Un ancien membre du groupe de conseillers et actuel professeur assistant à l’Université de la Colombie-Britannique, Lindsay Gibson, dénonce ces propos. Comme il utilise les guillemets pour le mot survivant, est-ce que cela veut dire qu’il doute qu’il s’agisse de survivants ou que les pensionnats autochtones ont été vraiment terribles, interroge-t-il.

Dans un autre article publié l’année dernière et signé par Chris Champion, ce dernier traite de mode le fait de mentionner les points de vue des Premières Nations dans les programmes scolaires.

La tradition scientifique veut que la vérité soit découverte et authentifiée, écrit-il dans le numéro printemps/été de la revue Dorchester. En revanche, la "vérité' des aînés autochtones contredit parfois les preuves, affirme-t-il.

Rebecca Sockbeson, professeure associée d'études sur les politiques éducatives à l'Université de l'Alberta, affirme que la perspective de Champion ne correspond pas aux nouvelles normes de qualité de l'enseignement qui sont devenues des exigences l'année dernière.

Les enseignants de l'Alberta doivent comprendre et enseigner l'histoire des pensionnats autochtones, des traités et des relations des gouvernements avec les Métis. Elle trouve insouciant le fait d’engager une personne qui remet en doute ce qu'ont vécu les victimes des pensionnats autochtones.

Le gouvernement défend son choix

Alors qu'Adriana LaGrange avait affirmé au début du mois que les programmes scolaires devaient être enseignés sans préjugés politiques, des voix s’élèvent pour affirmer que la présence de M. Champion dans le groupe ne respecte pas cette volonté.

Alors que la ministre de l’Éducation fait référence à des préjugés dans le programme scolaire, il s’agit là d’une preuve évidente de préjugé, estime Jason Schilling, le président de l’Association des enseignants de l’Alberta (ATA), faisant référence à l’article signé de la plume de M. Champion.

Colin Aitchison a déclaré que les conseillers se contenteraient de fournir des recommandations aux rédacteurs de programmes, mais qu’ils ne rédigeaient pas les programmes en eux-mêmes.

Le gouvernement affirme pour sa part que M. Champion est un universitaire reconnu qui fournira des conseils impartiaux basés sur son expertise.

En plus de Chris Champion, sept nouveaux conseillers s'ajoutent aux 358 enseignants et experts qui siègent déjà dans huit groupes de travail sur les programmes d'études constitués par l'ancien gouvernement néo-démocrate.

Chris Champion n’a pas répondu aux demandes d’entrevues de la part de CBC/Radio-Canada.

Avec les informations de Janet French

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