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La maison d’Élyse sauvée de la démolition… pour le moment

Le gîte La Maison d'Élyse vu de face, l'été, le jour

Le gîte La Maison d'Élyse

Photo : crédits: GIRAM / Gaston Cadrin

Érik Chouinard

Le bâtiment de Beauceville abritant le gîte La Maison d’Élyse fait l’objet d’une demande de classement et le ministère de la Culture procède actuellement à son évaluation patrimoniale. La maison qui devait être détruite le 20 août échappe pour l’instant à sa démolition.

En raison de la crue printanière de 2019, le ministère de la Sécurité publique a délivré des allocations de départ pour les citoyens qui acceptent de faire démolir leur résidence en zone inondable pour s’installer ailleurs. Dans le cadre de ce programme, 600 résidences, dont la Maison d’Élyse, ont déjà été détruites ou seront détruites prochainement.

Différents groupes tentent toutefois de protéger le bâtiment qui abrite le gîte, aussi connu sous le nom de la maison Fortier. C’est entre autres le cas de la municipalité de Beauceville et du Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM). Se joignent à eux la Fédération histoire Québec, la Société du patrimoine des Beaucerons et certains membres de la famille Bernard, qui a déjà habité la maison.

L'un d'eux, Pierre Bernard, est directeur artistique et producteur dans la région de Montréal. Sa sœur, Anne Bernard, est une ancienne fonctionnaire. Ils s’intéressent au sort de la maison depuis le mois de mai.

Ça a commencé avec un élan du cœur, c’était à la base l’attachement pour la maison, ensuite pour la Beauce et le Québec. J’ai trouvé inconcevable qu’on rase toutes ces maisons, c’est notre mémoire qu’on saccage alors que notre devise est : "Je me souviens", souligne Pierre Bernard.

La maison Fortier en 1970.

Vers 1968, la maison passe aux mains de Léandre Bernard, propriétaire de l’hôtel Veilleux, et du Motel Royal à Beauceville. Il l’habitera jusqu’en 1981.

Photo : Crédits: Facebook/Patrimoine Beauceville et environs

Protégée durant le processus

Au cours de la dernière semaine, la Fédération Histoire Québec et Anne Bernard ont fait des demandes de classement auprès du ministère de la Culture et des Communications. Geneviève Gouin, l’attachée de presse du cabinet de la ministre Nathalie Roy, confirme par courriel que le ministère a agi suite à la réception des demandes.

Elle précise que lors du processus d'évaluation, le ministère devra établir si le bâtiment a une valeur patrimoniale qui présente un intérêt public suffisant. La ministre de la Culture pourra ensuite procéder au classement en signant un avis d’intention et en le remettant aux divers intervenants concernés par exemple, les propriétaires.

À partir du moment où l'avis d'intention de classement est signé, le bien doit être traité comme s’il était déjà classé.

Une citation de :Geneviève Gouin, attachée de presse du cabinet de la ministre Nathalie Roy

Mardi, Anne et Pierre Bernard ont également fait une démarche supplémentaire en adressant une demande de citation patrimoniale au niveau la municipalité de Beauceville.

Le maire et le directeur des communications de la municipalité sont en vacances et n’ont pas pu répondre aux questions sur le cas de la Maison d’Élyse.

Le défi du nombre d'intervenants impliqués

Le dossier de cette maison est particulièrement complexe puisqu’il implique plusieurs intervenants, dont les propriétaires, la municipalité et les deux ministères, la Culture et la Sécurité publique.

C’est comme si la main droite essaie de démolir alors que la main gauche essaie de préserver, souligne Anne Bernard.

Lundi, il n’a pas été possible de savoir jusqu’à quand la démolition a été reportée. Rien n’indique qu’elle sera détruite bientôt, affirme, tout de même au téléphone, Geneviève Gouin du cabinet de la ministre de la Culture.

Entre temps, les deux membres de la famille Bernard souhaitent que le patrimoine en Beauce ne soit pas abandonné. C’est le patrimoine de toute la Beauce qui est en danger, précise Mme Bernard.

Il faudra que le gouvernement prenne ses responsabilités, parce que c’est notre mémoire qui est détruite, poursuit son frère.

La maison Fortier, de style néo-Queen Anne, a été habitée par le notaire Félix-Georges Fortier de 1898 à 1934. Celui-ci a également été maire de Beauceville de 1908 à 1910 et de 1916 à 1920.

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